Le parquet a requis vendredi une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis contre l'Iranienne Mahdieh Esfandiari, possible monnaie d'échange contre les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, ainsi qu'une interdiction définitive du territoire français.
Contre les quatre autres prévenus dans ce procès pour apologie du terrorisme, le ministère public a réclamé à Paris jusqu'à trois ans de prison ferme, la peine la plus lourde étant demandée pour l'essayiste d'extrême droite multicondamné Alain Soral, absent. Un mandat d'arrêt a été requis contre celui qui cumule 30 mentions à son casier judiciaire.
La procureure a estimé qu'il n'était pas nécessaire de réincarcérer Mahdieh Esfandiari, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire avant d'être libérée sous contrôle judiciaire en octobre dernier.
L'Iranienne de 39 ans est jugée depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie d'un acte de terrorisme commis en ligne, provocation directe en ligne à un acte de terrorisme (des délits passibles de sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende), injure publique en ligne en raison de l'origine, ethnie, nation, race ou religion et association de malfaiteurs.
La justice française la soupçonne d'avoir alimenté en publications les comptes de l'organisation Axe de la Résistance en 2023 et 2024, notamment sur les plateformes Telegram, X, Twitch et YouTube et le site Egalité et Réconciliation d'Alain Soral.
En particulier, le compte Telegram de cette organisation a fait l'apologie de l'attaque sanglante menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, incitant à des actes de terrorisme et injuriant la communauté juive, ce qui a mené le ministère de l'Intérieur à faire un signalement à la justice.
A la barre, la prévenue a reconnu être à l'origine de la chaîne Axe de la Résistance mais contesté être l'autrice des publications.
"Elle se présente devant nous sous un jour parfaitement lisse", mais "elle est au centre du dispositif", a observé la magistrate, qui a appelé le tribunal à prendre en compte le contexte d'"ingérence étrangère" dans ce dossier, bien que cet aspect-là ne soit pas poursuivi.
Contre Maurizio Busson, "animateur de la chaîne", la représentante du parquet a aussi requis quatre ans de prison dont trois avec sursis.
La défense doit plaider dans l'après-midi.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP