Les frappes israéliennes et américaines pourraient bien avoir raison de la République islamique d’Iran. Ali Khamenei, le guide suprême du pays, a perdu la vie dans les bombardements, tout comme plusieurs hommes forts du régime. Un régime proche de la chute, comme le réclame la grande majorité des Iraniens depuis de nombreuses années et encore en janvier dernier, quand le vent de contestation avait été muselé dans le sang et l'oppression.
70 % des Iraniens opposés
Les données les plus récentes proviennent notamment de l’institut indépendant GAMAAN, basé aux Pays-Bas, qui a interrogé plus de 77 000 Iraniens en 2024. Selon cette enquête, environ 70 % des Iraniens s’opposent à la poursuite de la République islamique, et seuls 20 % souhaitent son maintien. Cette opposition peut même atteindre 81 % dans certains contextes, notamment après la répression des manifestations déclenchées en 2022.
Un autre sondage mené auprès de plus de 158 000 personnes a posé une question directe : « République islamique : oui ou non ? ». Parmi les répondants vivant dans le pays, 81 % ont répondu « non », contre seulement 15 % favorables au maintien du régime. Près de 89 % des Iraniens déclarent préférer un système démocratique.
10 millions de fidèles
Malgré cette opposition largement majoritaire, une minorité continue de soutenir le régime. Selon les différentes enquêtes, entre 15 % et 20 % des Iraniens souhaitent le maintien de la République islamique soit environ 10 millions d'habitants pour une population totale d'environ 88 millions de personnes. Le soutien aux principes fondateurs du régime, notamment l’autorité du guide suprême Ali Khamenei, décédé samedi, et la révolution islamique, est encore plus faible : seulement 11 % des Iraniens y adhéraient en 2024, contre 18 % en 2022. À noter que, selon une analyse publiée par Reuters, la participation aux élections législatives de 2024 n’a atteint que 41 %. Le niveau le plus bas depuis la révolution islamique.
Ce soutien est également inégalement réparti dans la société. Il est plus élevé dans les zones rurales, où il peut atteindre 28 %, soit près du double des niveaux observés dans les grandes villes. Les enquêtes montrent aussi que les catégories les plus âgées, les populations moins diplômées et certains groupes bénéficiant directement du système politique ou économique constituent une part importante de ce socle de soutien.
Une fracture générationnelle, sociale et territoriale
L’opposition au régime est particulièrement forte chez les jeunes, les urbains et les diplômés. Plus de 74 % des universitaires rejettent la République islamique, contre environ 66 % parmi les personnes moins éduquées. Environ 40 % des Iraniens considèrent qu’un changement complet de régime est nécessaire, tandis que 24 % souhaitent une transition structurelle vers un autre système politique.