Depuis la mort du Guide suprême, Ali Khamenei, samedi lors des premiers bombardements américano-israéliens, l’Iran doit retrouver un leader. Parmi les nombreux noms qui circulent pour reprendre la suite de celui qui régnait sur l’Iran depuis 37 ans, Hassan Khomeini semble cocher de nombreuses cases.
Petit-fils du père fondateur de la République islamique
Âgé de 53 ans, Hassan Khomeini jouit d’une cote appréciable en Iran qui pourrait faire de lui le futur Guide suprême. Dans l’ancienne Perse, cet originaire de Qom n’est pas n’importe qui, puisqu’il est le petit-fils de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, leader de la révolution islamique de 1979. Il est également le fils d’Ahmad Khomeini qui fut le bras droit de son père. De par ce lien de sang avec les pères fondateurs de la République islamique, Hassan Khomeini se place de manière légitime en première ligne pour la succession.
Un intellectuel ouvert au dialogue
Bien qu’en Iran, religion et politique soient étroitement liées, c’est d’abord dans des études théologiques qu’il commence sa carrière. Il devient clerc en 1993, quatre ans après avoir commencé son cursus. Il est reconnu pour son érudition et enseigne même au séminaire de Qom. Contrairement à certains de ses pairs plus conservateurs, il est souvent décrit comme un intellectuel ouvert au dialogue, s'intéressant à la philosophie moderne et aux enjeux contemporains.
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Un positionnement plus modéré
Preuve de cette différence idéologique, il est décrit comme ayant "exprimé sa frustration face à certaines politiques d’un régime dominé par des fondamentalistes" au sujet de Mahmoud Ahmadinejad, ancien président d’Iran. Dans d’autres situations, Hassan Khomeini s’est aussi illustré en plaidant pour une interprétation plus démocratique et moins rigide des principes révolutionnaires, mettant avant tout l’accent sur la légitimité populaire. Durant les récentes manifestations qui ont touché le régime, il a multiplié les appels à écouter les revendications de la jeunesse. Toutefois, le petit-fils de l’Ayatollah n’a jamais rejeté le système de République islamique.
Ce système politique, il va finalement tenter d’y entrer. Mais certaines de ses positions lui ont valu des frictions avec les franges les plus dures du régime. En effet, en décembre 2015, il annonce se présenter à l’Assemblée des experts lors des élections de 2016. Mais Hassan Khomeini va connaître sa première désillusion politique lorsque sa nomination sera rejetée par le Conseil des Gardiens en février 2016, officiellement pour des raisons de compétences religieuses, mais beaucoup y ont vu une manœuvre politique.
Plutôt en coulisses que dans les urnes
En 2021, il est pressenti pour porter les couleurs des réformistes lors de l'élection présidentielle, mais renonce après une rencontre avec le Guide suprême qui lui déconseille de se présenter afin de préserver la stabilité du pays. Alors cette carrière politique, de par ces deux échecs, est pour le moins atypique. Elle se déroule davantage dans les coulisses du pouvoir et sur le terrain symbolique que dans les urnes.
L'espoir d'une évolution interne
Homme d’influence, Hassan Khomeini est régulièrement cité pour reprendre le poste de Guide suprême. Son profil représente un compromis entre le clergé traditionnel et les factions les plus modérées. À l’heure où la place de Guide suprême laisse un siège vacant, Hassan Khomeini représente une sorte de "pont générationnel". Pour certains, il est l'espoir d'une évolution interne du système vers plus de modération ; pour d'autres, il reste un membre de l'élite religieuse dont la marge de manœuvre est strictement limitée par la structure même du pouvoir en Iran.