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100 jours de guerre : le détroit d'Ormuz reste sous tension malgré la reprise timide du trafic

Par Elliott Léonard

100 jours de conflits se sont écoulés au Moyen-Orient et les combats entre Israël et l'Iran sont à nouveau au premier plan. Mais une question centrale a été mise de côté : le détroit d'Ormuz. Est-il toujours bloqué ou la circulation est-elle redevenue libre ?

détroit
Le Détroit d'Ormuz

Après 100 jours de conflit au Moyen-Orient, le détroit d'Ormuz reste l'un des principaux foyers de tensions entre les États-Unis et l'Iran. Si la fermeture totale du passage semble désormais écartée, les dernières données montrent qu'un retour à la normale est encore loin d'être acquis. Entre reprise partielle du trafic, navigation clandestine et risque militaire permanent, le détroit fonctionne aujourd'hui selon un équilibre extrêmement fragile.

Avec la reprise des combats entre Israël et les Gardiens de la Révolution ce dimanche, les négociations entre Washington et Téhéran sont au point mort malgré les déclarations de Donald Trump ce lundi 8 juin : « Les deux côtés, Israël et l'Iran, recherchent un cessez-le-feu immédiat ! » En conséquence, la question du détroit d'Ormuz reste entière : le transit est plus qu'au ralenti.

Une « reprise partielle du trafic » qui reste très limitée

Or, le détroit n'est plus totalement paralysé. Selon IFP Énergies, une « reprise partielle du trafic » a permis au Brent de repasser sous les 95 dollars le baril. Le Grand Continent a partagé une étude montrant que le trafic dans le détroit d'Ormuz reste néanmoins très limité : en baisse de 97 % par rapport à la période précédant le conflit. Plus révélateur encore, près des deux tiers des pétroliers ayant quitté le Golfe en mai ont navigué avec leur balise éteinte afin d'échapper à la surveillance iranienne. « Une pratique surtout caractéristique des flottes fantômes russe et iranienne », révèle l'analyse du Grand Continent.

Une production diminuée de moitié depuis le début du conflit

Depuis le début du conflit, près d'un milliard de barils de pétrole n'ont pas été acheminés vers les marchés. La production des États du Golfe est passée d'environ 24,2 à 12,4 millions de barils par jour, soit une baisse de près de moitié. Pourtant, les prix sont restés relativement contenus grâce à plusieurs facteurs : les exportations record des États-Unis, le ralentissement inattendu de la demande chinoise, la mobilisation des réserves stratégiques des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et le recours à des itinéraires alternatifs.

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