Le bois de Boulogne. Haut lieu de la prostitution parisienne. Point d’arrivée de nombreuses brésiliennes transgenres. Dont Stella Rocha. Qui revient sur son histoire dans Allée de la Reine Marguerite. Un univers qui mêle humanité, tragédie et souffrance.
Le bois de Boulogne, un univers fascinant et effrayant
"J’ai connu le bois de Boulogne quand j’avais 20 ans. On le traversait avec mes copains et on était fasciné par l’ambiance et par les créatures dignes d’un film. On passait des nuits entières à tourner dans le bois de Boulogne pour assister à ce spectacle extraordinaire. C’est un endroit fascinant et effrayant à la fois. J’ai connu Stella quelques années plus tard. Elle m’a raconté son histoire. J’entrais dans un monde qui me fascinait. D’où ce livre" explique le journaliste Yannis Ezziadi au micro de Sud Radio.
"Je suis née à Belem dans une famille nombreuse. Nous étions 14 enfants et j’étais l’avant dernière. Mon père était policier. Ma mère était lavandière, catholique conservatrice. La famille était très pauvre et je rêvais de gagner tellement d’argent que plus jamais ma mère n’aurait à avoir faim de toute sa vie" explique Stella Rocha au micro de Sud Radio, qui s’est lancée dans la prostitution pour envoyer tous les mois, un salaire à ses parents sur un compte joint qu’elle a ouvert pour eux.
L'origine des travestis brésiliens dans la prostitution française
"Il y a un mythe des Brésiliennes. Dans les années 50, il y avait déjà des grandes figures brésiliennes. Les Brésiliennes travesties au Brésil, étaient dans les cabarets, mais n’avaient pas la même couverture médiatique qu’en France. Elles ont découvert Pigalle et elles ont débarqué. Dans les années 80, on dénombre à peu près 500 travestis brésiliens à Pigalle. La passe était plus chère avec un travesti brésilien qu’avec une vraie femme. Les femmes ont commencé à tirer la gueule. Il y a eu un coup de filet de la police et tout cela s’est reporté au bois de Boulogne" analyse encore le journaliste.
"Je suis arrivé en Guyane française, je suis allé en France pour faire du tourisme. Je n’avais plus d’argent. La prostitution m’est apparue. Je n’avais pas d’autres solutions. J’ai accroché. C’était dur, mais c’était sympa. Je n’ai pas échappé à la violence. J’ai été agressé. Car j’ai fini dans un territoire qui était déjà occupé" conclut Stella Rocha. La guerre.
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