Après la découverte du corps Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin près de Fleurance (Gers), l'affaire a conduit le garde des Sceaux Gérald Darmanin à reconnaître de « graves dysfonctionnements » au sein de la justice. Lors d'une conférence de presse organisée à Fleurance ce mardi 9 juin, François Roujou de Boubée, avocat des parents de la fillette, a estimé que « ce drame aurait pu être évité » avec davantage de moyens pour la justice.
« Monsieur le Président, c'est le vrai cœur du problème », a-t-il déclaré, estimant que les responsabilités devaient être recherchées « dans les moyens qu'on accorde à la justice et leur efficacité ».
Une justice « à bout de souffle »
L'avocat a décrit une institution judiciaire confrontée à des difficultés structurelles. « J'ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter », a-t-il affirmé, évoquant également des rapports d'expertise rendus plusieurs mois après leur demande et des procédures qui s'étendent sur plusieurs années faute de magistrats en nombre suffisant.
« J'ai vu des magistrats désespérés car ils n'avaient plus les moyens de faire leur office dans de bonnes conditions », a-t-il ajouté, dénonçant une justice « déjà à bout de souffle ».
« Attribuer la responsabilité à l'institution judiciaire serait un non-sens »
L'avocat a toutefois refusé de mettre en cause les magistrats et les enquêteurs ayant travaillé sur le dossier Lyhanna. « Attribuer la responsabilité de ce drame à l'institution judiciaire serait un non-sens absolu et cela serait se tromper de responsable », a-t-il déclaré.
Il a salué « la qualité de l'enquête » et la mobilisation de la gendarmerie du Gers sous l'autorité du parquet d'Auch, rappelant que la découverte du corps de la fillette avait été rendue possible grâce au travail des enquêteurs.
« Je le dis en toute franchise, si la justice avait eu plus de moyens, ce drame et tous les autres auraient pu être évités », a-t-il affirmé.
Tout en assurant que la famille avait « confiance en la justice », il a indiqué qu'elle ne demandait « ni loi, ni réforme, ni récupération », mais « juste des moyens et l'efficacité de ces moyens ».