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Un prêtre français à Beyrouth : "C’est carrément la Troisième Guerre mondiale !"

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Ordre a été donné par Israël d'évacuer le sud Beyrouth au Liban. Installé dans cette zone, le Père Guillaume Bruté de Rémur décrit la panique et le chaos qui se sont emparés de la ville.

Beyrouth après les bombardements israéliens
Beyrouth après les bombardements israéliens (AFP)

C’est la panique au Liban et dans la capitale Beyrouth. Une partie de la population a reçu l'ordre de quitter la ville de la part d'Israël, qui cherche à éradiquer le Hezbollah. Installé depuis vingt-cinq ans au Liban, le Père Guillaume Bruté de Rémur, habitant de Beyrouth-Sud, décrit la panique qui s’est emparée de la ville après les ordres d'évacuation, au micro de Sud Radio.

"La zone est habitée par la population chiite : c'est le théâtre des opérations que fait l'armée israélienne contre le Hezbollah"

"Je vais bien, j'ai passé une assez bonne nuit, grâce à Dieu. Je suis encore dans la zone qui a été signalée comme devant être évacuée. En fait, c'est une zone qui est extrêmement étendue, qui couvre pratiquement cinq communes de la périphérie de Beyrouth, raconte le Père Guillaume Bruté de Rémur. Mais bon, c'est la ville en fait, parce qu'il y a plein de différences entre Beyrouth et ses périphéries. Et 90% de cette zone est habitée par la population chiite : c'est le théâtre des opérations que fait l'armée israélienne contre le Hezbollah. Nous, nous habitons dans une partie à l'Est, qui est en fait totalement chrétienne, et qui n'a jamais été bombardée. Ni il y a un an et demi, ni ces derniers jours. On a reçu cette carte, mais les zones indiquées ne sont pas claires. On évalue pour voir si on doit partir mais c’est vraiment la panique, là. J’ai 17 personnes chez moi. Si on part, où va où ? C’est carrément la troisième guerre mondiale mais les gens ne se rendent pas comptent !”

"Il y a des chances que la zone chrétienne ne soit pas touchée"

Mais dans ces conditions et malgré les alertes, pourquoi chercher à rester ? "Il y a plusieurs aspects, poursuit le prêtre catholique. D'abord, on a des petits signes qui nous disent que le fait que ce soit la zone chrétienne la plus à l'aise, qui n'ait jamais été touchée, il y a des chances qu'elle ne le soit toujours pas. Un de ces signes, c'est, par exemple, que, juste en dessous de chez nous, il y a une école qui a été réquisitionnée pour les déplacer, dans laquelle ont été logés des déplacés, des familles de l'armée libanaise. Et ils sont encore là. L'armée libanaise tient et protège cet endroit. Donc ça nous laisse penser que si vraiment il y avait un risque très très grand, l'armée libanaise n'aurait pas laissé des familles de ces soldats et ne serait pas là en train de les garder dans ce lieu de refuge."

"L'armée israélienne affirme qu'il y a de nombreux dépôts d'armes qui pourraient provoquer des explosions secondaires"

"Un autre aspect, c'est que tous les hôpitaux de la zone chiite signalé, ont été évacués. Ceux qui sont dans la zone chrétienne, donc à la limite de cette zone signalée, n'ont pas été évacués. Ensuite, il y a un autre message qui est arrivé hier soir, mais on ne sait pas trop si ça émane de personnes qui interprètent les faits ou si c'est des signalisations de l'État, mais en tout cas, on dit que la zone a été élargie parce que l'armée israélienne affirme qu'il y a de nombreux dépôts d'armes qui pourraient provoquer des explosions secondaires."

"Hier soir, c'était un peu apocalyptique"

Quelle est l’ambiance à Beyrouth ? "Hier soir, c'était un peu apocalyptique, résume le Père Guillaume Bruté de Rémur, habitant de Beyrouth-Sud, sur l'antenne de Sud Radio. Le quartier a été bloqué durant des heures. Là, les rues sont presque vides. Nous avons fait le choix de rester. Il y a de grandes tensions dans le pays, une exaspération contre le Hezbollah. L’armée a tiré. Dans certains endroits, les restaurants sont ouverts. L’université a rouvert hier, pour refermer aujourd’hui. On sent l’angoisse."

"La politique américaine n’a jamais été profitable au pays"

Le Liban est-il encore une fois un dommage collatéral des guerres de ses voisins ? "Il y a cet aspect. La politique américaine n’a jamais été profitable au pays. Des rancœurs remontent à des décennies. Ensuite, personne ne s’attendait à ce que le Hezbollah réplique. Des politiciens ont appelé à lui faire la guerre."

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