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Eric Ciotti, le Niçois de l’ombre trouve sa revanche grâce au RN

Le duel fratricide est terminé: Eric Ciotti a remporté dimanche l'élection municipale à Nice, mettant fin à 18 ans de pouvoir sans partage de son rival Christian Estrosi et offrant la cinquième ville de France à l'extrême droite, selon les premières estimations.

Valery HACHE - AFP

Le duel fratricide est terminé: Eric Ciotti a remporté dimanche l'élection municipale à Nice, mettant fin à 18 ans de pouvoir sans partage de son rival Christian Estrosi et offrant la cinquième ville de France à l'extrême droite, selon les premières estimations.

Le député UDR, allié au RN, est crédité de 45% des voix, devant le maire sortant Horizons (39,5% des voix) et la tête de liste PS-PCF-écologistes Juliette Chesnel-Le Roux (15,5% des voix), selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio.

Les appels vibrants de M. Estrosi, qui avait été réélu avec près de 60% des voix en 2020, à faire barrage à l'extrême droite n'ont pas suffi, d'autant que Mme Chesnel-Le Roux a refusé de se retirer, estimant que son passif ne lui permettait plus de s'ériger en rempart comme lors des régionales de 2015 ou 2021.

Pendant des mois d'une campagne qui s'est progressivement durcie, virant parfois au rocambolesque, Eric Ciotti a martelé qu'après 18 ans d'un règne sans partage, Nice avait besoin d'un nouvel élan.

Dans une ville de 355.000 habitants, dont plus d'un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté malgré l'image de carte postale qui attire les touristes en masse, le député UDR a mis en sourdine les enjeux nationaux et les sujets marqués RN comme l'immigration.

Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), salue des partisans à son arrivée au QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), salue des partisans à son arrivée au QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Valery HACHE - AFP

Il a présenté une liste éclectique, officiellement sans étiquette, où les candidats RN étaient bien présents mais très discrets, et tiré à boulets rouges sur la gestion des finances, l'augmentation de près de 20% de la taxe foncière en 2024 ou les nombreuses enquêtes judiciaires tournant autour du sortant...

Lui qui tient déjà le conseil départemental depuis 2008 va désormais prendre les rênes de Nice et de son agglomération, fort aussi de la percée de ses alliés: après avoir remporté la mairie de Cagnes-sur-mer, 4e ville du département, le RN était en ballotage favorable à Menton et des proches de M. Ciotti l'ont emporté à Cap d'Ail ou Vence.

- Frères ennemis -

Mais le duel entre les frères ennemis niçois dépasse les frontières du département dans la mesure où il incarne le déchirement de la droite traditionnelle, dont ils ont été des piliers avant de virer l'un vers le macronisme, l'autre vers l'extrême droite.

Des partisans d'Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), rassemblés devant le QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Des partisans d'Éric Ciotti, président du groupe parlementaire UDR et candidat à la mairie de Nice pour l'Union de la droite et le Rassemblement national (RN), rassemblés devant le QG de campagne à l'issue du 2e tour des municipales à Nice, le 22 mars 2026 dans les Alpes-Maritimes

Valery HACHE - AFP

A un an de l'élection présidentielle, Jordan Bardella, président du RN, avait déclaré à Menton la semaine dernière que les Alpes-Maritimes illustraient "la recomposition de la vie politique française".

Nombre d'élus locaux ayant gardé à la fois leur carte LR et leur proximité avec M. Ciotti pourraient sauter le pas rapidement. Et au niveau national, plusieurs ténors LR, à commencer par le patron du parti Bruno Retailleau, ont refusé de soutenir explicitement M. Estrosi.

Les appels désespérés du maire sortant en direction de la gauche, des écologistes, des LGBT ou encore des musulmans ces dernières semaines, et tout particulièrement dans l'entre-deux-tours, n'ont pas aidé.

La campagne aura été particulièrement rude pour M. Estrosi, qui à 70 ans n'avait jusqu'à présent perdu sur son nom qu'une élection cantonale en 1994: accusations, petites phrases, "bilan noir" de l'adversaire, transfuges d'une équipe à l'autre, vidéos désobligeantes, tweets assassins et débats télévisés cannibalisés par les invectives...

La fin de campagne a carrément viré au scénario de mauvais film quand M. Estrosi a retrouvé une tête de porc devant chez lui et que l'enquête a montré que plusieurs des personnes mises en cause, dont trois sont actuellement en détention provisoire, gravitaient autour de ses propres équipes.

Il avait beaucoup fait campagne sur son bilan à la tête d'une ville qui s'est développée et embellie en 18 ans. Cette semaine, il a reconnu avoir ressenti son échec au premier tour "comme une forme d'ingratitude".

AFP / Nice (AFP) / © 2026 AFP

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