À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, une étude Ifop pour INTIMINA met en lumière une réalité encore peu évoquée : parmi les femmes ayant déjà souffert de rapports sexuels douloureux, 61 % déclarent avoir accepté au moins une fois une pénétration vaginale malgré la douleur.
La douleur pendant les rapports est loin d’être marginale. Selon l’enquête, 66 % des femmes disent avoir déjà connu des rapports sexuels douloureux au cours de leur vie. Plus largement, 79 % ont déjà été confrontées à des douleurs intimes, que ce soit pendant un rapport, un examen gynécologique ou lors de l’utilisation d’un tampon ou d’une coupe menstruelle.
Un fort sentiment de pression sociale
Parmi celles ayant déjà souffert de douleurs lors de rapports sexuels, 8 % disent avoir souvent accepté une pénétration malgré la douleur, 28 % parfois et 25 % rarement. Seules 39 % affirment ne l’avoir jamais fait. Ce phénomène concerne toutes les générations : 63 % de la Gen Z, 65 % des Millennials, 62 % de la Gen X et 57 % des Boomers.
Cette situation s’accompagne d’un fort sentiment de pression sociale. 57 % des Françaises interrogées estiment qu’il existe une norme culturelle poussant les femmes à accepter des rapports avec pénétration vaginale malgré la douleur. Ce sentiment est encore plus présent chez les jeunes femmes : 65 % de la Gen Z et 64 % des Millennials le partagent.
Les conséquences peuvent être importantes. 56 % des femmes concernées disent avoir perdu du plaisir sexuel, 50 % évoquent une baisse de leur libido et 46 % ont développé une anxiété à l’idée d’avoir des relations sexuelles. 28 % rapportent également une baisse de leur estime personnelle et 13 % ont déjà mis fin à une relation amoureuse en raison de ces douleurs.
Renforcer l’éducation à la vie intime et sexuelle
Pour Laure Senemaud Carriquiry, sexologue et porte-parole d’INTIMINA en France, le problème tient notamment à une vision encore très centrée sur la pénétration. Selon elle, celle-ci reste souvent considérée comme une étape obligatoire du rapport sexuel, alors que la sexualité peut prendre de nombreuses autres formes. Elle appelle à renforcer l’éducation à la vie intime et sexuelle et à permettre aux femmes de mieux connaître leur corps et d’exprimer leurs limites.
À travers cette étude, INTIMINA souhaite ainsi rendre plus visible une douleur encore trop souvent banalisée et rappeler qu’une relation sexuelle ne devrait jamais se construire autour de l’obligation de supporter la douleur.
Étude Ifop pour INTIMINA réalisée en ligne du 30 avril au 4 mai 2026 auprès de 1 020 femmes représentatives de la population féminine française âgée de 18 ans et plus.