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Bertrand Venteau (Coordination Rurale) : "Si Annie Genevard avait vacciné tous les bovins, on n'en serait pas là"

ENTRETIEN SUD RADIO - Bertrand Venteau, Président de la Coordination Rurale, est revenu sur la baisse d’affluence au Salon de l’Agriculture cette année, notamment liée à l’absence des bovins, à cause de la dermatose nodulaire contagieuse.

Bertrand Venteau (Coordination Rurale) agricole
(Photo by Daniel Perron / Hans Lucas via AFP)

La Salon de l’Agriculture observe moins de visiteurs cette année. Pourquoi selon-vous ?

Déjà, avec le fait qu'il n'y ait pas les bovins, c'est sûr que les Parisiens viennent moins au salon. C’est certain. Après, si Annie Genevard avait voulu vacciner tous les bovins depuis l'automne, on n'en serait pas là. Donc ça, c'est déjà une première erreur. Et puis effectivement, il y a un contexte lourd autour de l'agriculture.

"Que les grandes surfaces soient là, c'est inacceptable"

On a eu deux mois de manifestations quasiment ininterrompues. Il y a encore les traces de 2024. Et c'est surtout la non-réponse gouvernementale et des politiques à une crise depuis deux ans qui fait, qu'à mon avis, il n'y a pas un engouement terrible et il n'y a pas une envie de festoyer comme d'habitude.

Il y a aussi un autre sujet, c'est que le salon est de moins en moins agricole. Il est temps que son président, Jérôme Despey, rectifie le tir, nous invite au conseil d'administration du Salon. Parce qu'il faut remettre la ruralité, l'agriculture et les agriculteurs à parler aux Parisiens et pas faire un salon pour Lidl ou d'autres organismes qui nous entourent. Que les grandes surfaces soient là, pour moi c'est inacceptable. 

"La Salon de l'Agriculture n'est pas assez rural"

Que voulez dire par un « Salon de moins en moins agricole » ?

Il n'est pas assez agricole, il n'est pas assez rural et on ne laisse pas assez les agriculteurs, les producteurs aller au contact du public, à expliquer le métier qu'on fait avec nos contraintes mais aussi nos atouts. Et je pense qu'aujourd'hui si le Salon est un peu boudé, c'est parce que la population est solidaire de ce qui s'est passé avec la DNC.

"L'agriculture n'est pas le sujet de Macron"

Vous n'avez pas souhaité, comme beaucoup de syndicats, rencontrer Emmanuel Macron samedi. Pourquoi ? 

Je vais être très clair, on ne voulait pas couper le ruban avec Emmanuel Macron. Après on l'a quand même rencontré et c'est pour ça qu'on va avoir des réunions qui vont se passer à l’Elysée. Malgré tout, il est à un an de la fin de la présidentielle. Le sujet agricole, ce n'est pas son sujet. Les agriculteurs globalement ne l'aiment pas.

Et oui, il est très loin de la problématique agricole. Ce n'est pas toute sa faute. Mais en dix ans de mandat, regardez la balance commerciale agricole où elle en est. Donc oui, la politique agricole française n'est pas bonne. 

"Au moins, Mélenchon n'est pas hypocrite"

Vous vous projetez déjà sur la présidentielle de 2027. Est-ce que certains candidats ou vous semblent mieux parler aux agriculteurs que Emmanuel Macron ? 

Il faut être honnête. Il y a une partie de l'échiquier à droite et centre droit qui est encore un peu attentive aux questions agricoles. De l'autre côté, pour relancer la production agricole et pour sauver des agriculteurs, ce n'est pas l'aile gauche et l'extrême gauche qui ont des propositions qui peuvent redresser l'agriculture et sauver les paysans. C'est certain. 

Jean-Luc Mélenchon n'est pas venu aux Salon de l'agriculture depuis 2013. Qu’est ce que cela vous inspire ?

Jean-Luc Mélenchon, il fait ce qu'il veut. Mais au moins, il a l'avantage de ne pas être hypocrite à combattre l'agriculture et venir serrer les paluches des paysans. Il est comme il est. Mais au moins, sur ça, il est courageux.

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