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Tennis : Les joueuses réagissent aux nouveaux tests de féminité de la WTA

Par Hugo Paillart

Analyse Sud Radio- Suite à la décision de la WTA de réaliser des tests de féminité pour prouver si oui ou non la joueuse n’a pas le gêne SRY. Les réactions des joueuses sont partagées, certaines soutiennent tandis que d’autres crient au malaise.

Les joueuses divisées sur les tests féminin de la WTA
Les joueuses divisées sur les tests féminin de la WTA

Depuis le 21 juillet 2026, toutes les joueuses du circuit WTA doivent se soumettre à un dépistage génétique unique du gène SRY pour pouvoir concourir. Une mesure calquée sur la nouvelle doctrine du Comité international olympique qui divise profondément le monde du tennis féminin, entre joueuses favorables au nom de "l'équité" et voix plus critiques dénonçant une politique intrusive.

Une nouvelle politique d'éligibilité entrée en vigueur cet été

La WTA exige désormais un dépistage génétique unique du gène SRY pour toutes les joueuses souhaitant participer à ses compétitions, une décision qui s'inscrit dans le retour des tests de vérification du sexe dans le sport. Cette réforme suit la politique adoptée en mars 2026 par le Comité international olympique, qui a conditionné la participation aux épreuves féminines des Jeux de Los Angeles 2028 à ce même dépistage.

Concrètement, selon les informations disponibles, le test cible un segment d'ADN généralement présent sur le chromosome Y, qui déclenche le développement sexuel masculin in utero et indique la présence de testicules. La fédération a tenu à encadrer sa communication : elle reconnaît qu'il s'agit d'un sujet sensible et complexe et s'engage à traiter toutes les joueuses avec dignité, en mettant en œuvre cette directive de manière respectueuse et prudente. Les tests, effectués une seule fois dans la carrière d'une joueuse, ont concrètement débuté lors du tournoi de Cincinnati.

Sabalenka et Bencic en soutien assumé

Du côté des joueuses les mieux classées, plusieurs voix se sont exprimées clairement en faveur de la mesure. La numéro un mondiale Aryna Sabalenka a défendu cette décision dès son arrivée à Toronto cet été, insistant sur l'importance de préserver l'équité du circuit et estimant qu'il ne serait pas juste qu'une femme doive affronter un homme en compétition.

La Suissesse Belinda Bencic s'est elle aussi positionnée en faveur du dispositif. Selon la RTS, elle se dit particulièrement favorable aux tests génétiques de féminité annoncés par la WTA cet été.

Coco Gauff pointe la récupération politique du débat

La réaction la plus nuancée est venue de Coco Gauff. Après sa victoire à Toronto début août, l'Américaine, double lauréate en Grand Chelem, a expliqué comprendre la nécessité de préserver l'équité dans le sport féminin, tout en se disant dérangée par la manière dont le sujet est instrumentalisé politiquement. Elle affirme soutenir la communauté trans tout en reconnaissant la nécessité de protéger la différence biologique dans la compétition, plaidant pour une réponse nuancée face à un débat qu'elle juge trop souvent utilisé comme prétexte pour attaquer les personnes trans plutôt que pour véritablement protéger le sport. Elle a par ailleurs regretté un manque de transparence de la fédération, certaines joueuses n'ayant découvert la nouvelle règle qu'au moment de son annonce officielle.

Des critiques plus vives du côté des associations et experts

Au-delà des joueuses elles-mêmes, la mesure suscite une opposition marquée chez les juristes et associations de défense des droits. L'avocate Lily Dong Li Rosengard a ainsi dénoncé une politique qui, selon elle, ne fait pas progresser les droits des femmes et des jeunes filles mais porte atteinte à la sécurité et à la dignité de l'ensemble des membres du circuit, rappelant qu'aucune joueuse transgenre déclarée n'évolue actuellement au niveau professionnel. Jessica Pegula, présidente du conseil des joueuses de la WTA, a confirmé le lancement effectif des tests à Cincinnati.

Des experts en bioéthique et en génétique ont également averti qu'un dépistage limité à la seule présence du gène SRY pourrait constituer une approche trop simpliste, susceptible d'affecter des femmes cisgenres porteuses de certaines variations génétiques sans même qu'elles en aient connaissance.

Une opposition politique affichée en France

En France, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a exprimé de fortes réserves face à ce type de dispositif, évoquant un recul en matière d'inclusion et un caractère intrusif pour les femmes, tout en soulevant la question de l'accompagnement des jeunes athlètes susceptibles de découvrir, sans s'y attendre, qu'elles sont porteuses du gène SRY. Plus largement, le gouvernement français a dénoncé le retour controversé de ces tests de féminité, pointant des difficultés scientifiques, juridiques et bioéthiques.

Le dépistage génétique obligatoire n'est pas propre au tennis : il est déjà en vigueur dans l'athlétisme, le ski et la boxe, où il avait déjà suscité des critiques comparables de la part d'experts en droits humains.

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