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Tennis : la WTA va mettre en place un test de féminité pour valider l’éligibilité des joueuses !

Par Hugo Paillart

ANALYSE SUD RADIO – L’Association Mondial de Tennis féminin (WTA) a décidé de mettre en place des tests pour valider l’éligibilité des joueuses. L’objectif est de dépister le sexe biologique des joueuses et de coller au mieux au futur dispositif des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

Elina Svitolina of Ukraine celebrates with the trophy after winning against Coco Gauff of USA, Women's Singles Final during the Internazionali BNL d'Italia 2026, WTA and ATP Masters 1000 tennis tournament on 16 May 2026 at Foro Italico in Rome, Italy - Photo Domenico Cippitelli / LiveMedia / DPPI (Photo by Domenico Cippitelli / LiveMedia / DPPI via AFP)

Sur le site internet de la WTA, l’association annonce la mise en place prochaine de tests de dépistage du sexe biologique des joueuses. L’objectif, démontrer si oui ou non, l’athlète est une femme ou une personne transgenre. L’agence se défend de toute accusation de mesures « transphobes ». Son objectif affiché est de « préserver l’intégrité du tennis professionnel féminin et de garantir des conditions de compétition équitables pour toutes les joueuses » défend l’agence.

Ces tests de dépistage sont également un moyen de « respecter » les dispositifs mis en place par Donald Trump en vue des Jeux Olympiques de Los Angeles. Si certains observateurs encouragent cette initiative, d’autres trouvent que cela va trop « vite ».

Des tests salivaires et buccaux

Dans le document publié sur son site internet, la WTA annonce que toutes les joueuses devront se plier à des tests salivaires et ou des tests buccaux. Alors qu’avant, les chercheurs devaient surveiller les taux de testostérone. Désormais, la WTA s’intéresse aux niveaux de SRY. Ce gène participe au développement des testicules chez l’homme.

Si le test est négatif, la joueuse est autorisée à participer à toutes les compétitions. Mais si le test révèle des traces du gène SRY, « la joueuse ne sera pas autorisée à participer aux tournois WTA, dans l'attente d'une évaluation médicale complémentaire », poursuit le document. L'athlète aura la possibilité de faire appel et de réaliser des tests complémentaires.

Coller aux demandes des JO de 2028

Suite au décret de Donald Trump en février 2025 d’exclure les femmes transgenres des compétitions féminines. Le Comité International Olympique a donc annoncé s'aligner sur le décret américain pour sa propre politique d'éligibilité des sportives. La WTA a donc mis en place ses propres règles.

Indirectement concernée par cette révolution, l’International Tennis Federation qui régit les Grands Chelems mais pas le circuit WTA, a indiqué prendre acte de la décision avant de se positionner. «Nous sommes attentifs aux conditions d’éligibilité applicables à la catégorie féminine pour les JO de Los Angeles 2028. Nous continuerons à collaborer avec toutes les parties prenantes concernées afin de garantir la mise en place des procédures nécessaires pour assurer le respect des critères d’éligibilité féminins pour l’épreuve de tennis des JO. »

Navratilova heureuse

Si pour le moment, aucune joueuse n’a pris la parole. C’est l’ancienne Numéro 1 mondiale Martina Navratilova qui s’est exprimée. «Je n’ai joué aucun rôle dans cette décision en particulier, mais je suis très heureuse que la WTA affirme clairement que nous sommes une association féminine et que seules les femmes, c’est-à-dire les personnes de sexe féminin, peuvent concourir au plus haut niveau du tennis féminin», a livré sur X l'ancienne gloire américiaine d'origine tchécoslovaque. La championne des années 1980/1990 salue un "geste qui va dans le bon sens" .

Sur la modalité des tests, Navratilova n’y trouve par ailleurs rien à redire : «La WTA soutient toutes les femmes. Au sens biologique (...) Un prélèvement buccal pour vérifier le sexe biologique n’a rien de transphobe (...) Toutes les athlètes féminines, moi y compris, ont passé ce test de vérification du sexe dans les années 70 et 80. Il n’y a aucune raison d’avoir des corps masculins dans le sport féminin.»

Dans une interview accordée à l’Équipe, la présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castéra estime que le CIO et la WTA vont « trop loin, trop vite » .

Des précédents dans l'athlétisme et la boxe

La WTA n’est pas un cas isolé. D’autres fédérations ont pris la décision de faire passer des tests. La fédération d’Athlétisme est l’une des plus intraitable sur ce sujet. En cas de présence de gènes SRY, l’athlète est disqualifiée. Il est devenu de plus en plus difficile pour les femmes transgenres de participer à des compétitions officielles. L’explosion de record au 200 m réalisé par des athlètes comme Halba Diouf ou Aayden Gallagher avait suscité de nombreuses polémiques aux Etats-Unis, lieu où se dérouleront les futurs jeux olympiques.

Dans la boxe, à la suite de la controverse créée par les traits et la musculature de la championne olympique algérienne Imrane Khelif à Paris 2024, la fédération de boxe a serré la vis. Les athlètes doivent passer une batterie de tests dont des tests PCR. La moindre trace de gène masculin lors de ces tests entraîne l’exclusion des athlètes. 

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