Le marché automobile mondial traverse une période de profondes mutations. Entre une Chine en difficulté sur son marché intérieur, des États-Unis qui résistent et une Europe portée par l’électrique, les dynamiques diffèrent fortement d’un continent à l’autre. François Roudier, secrétaire général de l’organisation internationale des constructeurs d’automobiles, fait le point au micro de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau dans «On parle Auto» sur Sud Radio.
En France, l’électrique progresse et le GPL dépasse le diesel
Après plusieurs mois difficiles, le marché automobile français a repris quelques couleurs, avec une hausse des ventes de 7,4 % en août et une forte poussée de l’électrique. Mais François Roudier tempère : « La France, c’est un petit peu le FC Nantes, toujours en relégable. Attention, on est quand même sur un marché très fragile ». Si « les voitures électriques sont bien parties », il rappelle qu’il s’agit « essentiellement de ventes entreprises » et s’inquiète de « la baisse sérieuse des utilitaires légers qui reflètent une crise économique ».
Autre évolution spectaculaire : le GPL représente désormais 4,5 % du marché français contre 3,5 % pour le diesel. « Il y a quinze ans, on me mettait en prison si je disais que le GPL est passé devant le diesel », plaisante François Roudier. Une progression qui « marque la réussite de Dacia », mais aussi celle des « Renault GPL maintenant qui se vendent de plus en plus » explique-t-il.
🚗 Le marché automobile français a-t-il vraiment retrouvé des couleurs ?#OnParleAuto
— Sud Radio (@SudRadio) September 5, 2026
🗣️ François Roudier (Organisation internationale des constructeurs d’automobiles) :
"Les voitures électriques sont bien parties, mais ce sont essentiellement des ventes aux entreprises"
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En Chine, « les particuliers n’achètent plus »
À l’échelle mondiale, la situation est beaucoup plus contrastée. « Je suis incapable de vous dire si le marché mondial va être en progression ou en baisse », reconnaît François Roudier. La Chine connaît notamment « un énorme problème intérieur »,François Roudier évoque une baisse de 20 % des ventes en Chine sur les huit mois écoulés, alors que ses constructeurs restent « très bons en exportation ».
Sur le marché chinois, les ventes seraient désormais « quasiment exclusivement liées aux entreprises ». « Les particuliers n’achètent plus, les particuliers n’achètent plus », insiste François Roudier. Il évoque notamment un marché qui a peut-être été « complètement saturé » auprès d’une partie des consommateurs urbains.
Les constructeurs chinois progressent surtout grâce à l’hybride
En Europe, les marques chinoises continuent de progresser, mais pas forcément là où elles étaient le plus attendues. « Les constructeurs chinois ne sont pas très, très bons sur l’électrique », constate François Roudier. En France, « les deux constructeurs qui se taillent la part du lion, c’est Renault et Tesla », Renault vendant notamment des petites voitures aux particuliers et Tesla davantage aux entreprises.
La force des constructeurs chinois se trouve notamment du côté de l’hybride. « L’hybride a toujours été une grande force chez les Chinois, et au niveau mondial, c’est ce qu’ils vendent le plus », explique François Roudier. Il cite l’exemple de MG, dont les modèles se vendent « beaucoup plus en hybride non rechargeable qu’en électrique ».
Les États-Unis en forme, la production allemande en difficulté
Outre-Atlantique, la dynamique est bien différente. « Le marché américain fonctionne bien, la production fonctionne bien », assure François Roudier, qui table sur « autour de 15 ou un peu plus de 16 millions de véhicules vendus cette année ». Le marché bénéficie aussi de véhicules à forte valeur ajoutée : « On vend du gros SUV, du pick-up, des voitures pour lesquelles une BMW X6 a l’air d’une Twingo là-bas ».
L’Allemagne connaît de son côté une situation presque inverse de la Chine : « En Chine, le marché s’effondre, la production continue. Et en Allemagne, la production s’effondre et le marché a continué à croître ». Difficile donc de prévoir la place des constructeurs chinois dans dix ans, d’autant que « les Chinois commencent un petit peu à voir des barrières se lever partout », notamment en Europe et aux États-Unis.