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Service national : jeunes engagés à Évreux s'initient à la discipline

Des pas encore hésitants et une discipline à acquérir : une centaine de jeunes engagés au nouveau service national, dont un tiers de femmes, vivent leurs premiers jours sur la base aérienne d'Evreux (Eure).

Des jeunes engagés au Service national à Évreux apprennent la discipline militaire.
Alain JOCARD - AFP

Des pas encore hésitants et une discipline à acquérir : une centaine de jeunes engagés au nouveau service national, dont un tiers de femmes, vivent leurs premiers jours sur la base aérienne d'Evreux (Eure).

Au moment où l'Europe est confrontée à un conflit à ses portes avec la Russie, le nouveau dispositif voulu par le président Emmanuel Macron est présenté comme un moyen de renforcer le lien entre la nation et les armées, mais aussi comme une réponse aux besoins des armées face aux menaces.

Pas question pour autant d'envoyer les jeunes recrues, âgées de 20 ans en moyenne, sur des zones de conflit. Leurs missions concerneront uniquement le territoire national.

Dès cette rentrée, l'armée de l'Air et de l'Espace accueille au total 600 appelés qui ont choisi de vivre une expérience formatrice de dix mois sur une base aérienne.

"Les premiers jours, il y a des passages imposés : démarches administratives, coiffeur et visite médicale, avant de commencer la formation à proprement parler", qui débute tout juste, résume la capitaine Marion Perrin.

Au programme ce matin : montage et démontage de fusils d'assaut, cours de sport à proximité de la piste où s'entraînent les militaires d'active.

Tout n'est pas encore au point.

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennent à démonter et remonter une arme à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennent à démonter et remonter une arme à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Alain JOCARD - AFP

"Marcher au pas, écouter les ordres, tout est nouveau pour eux. Mais, ils commencent à s'habituer, on voit beaucoup de progrès et ils sont pour la plupart très motivés", se félicite le major Allain.

Pour des raisons de sécurité, seuls les prénoms des participants sont communiqués aux journalistes.

"C'est un changement, on apprend au rythme des jours. Il y a encore quelques défauts, mais ça va se régler très vite", promet Jérémy, 21 ans, venu de Nancy.

Des approximations qui ne douchent en rien l'enthousiasme des engagés, à l'image de Yohan, 21 ans lui aussi, originaire de Lille. "Il y a beaucoup d'entraide et de cohésion, on a déjà noué des liens très forts", poursuit-il.

- "Très fier" -

Contrairement à l'ancien service militaire, interrompu en 1996, le nouveau dispositif n'a aucun caractère obligatoire. Il est proposé à de jeunes Français, âgés de 18 à 25 ans, qui percevront une rémunération d'environ 800 euros par mois s'ils sont sélectionnés.

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennentd es techniques de combat rapproché à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennentd es techniques de combat rapproché à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Alain JOCARD - AFP

Pour l'ensemble des armées, ils seront 3.000 à endosser l'uniforme cet automne. Le plan prévoit une montée progressive pour atteindre 10.000 volontaires par an en 2030, puis 50.000 à l'horizon 2035.

"La formation est la même pour tout le monde, femmes ou hommes", affirme la sergent-chef Alizée. "Au début, ils se demandent +mais où est-ce qu'on est tombés+, mais très vite ils se prennent au jeu", ajoute-t-elle.

A la fin de ce premier mois de formation, ils seront répartis sur des bases du territoire métropolitain, de Nouvelle-Calédonie, de Guyane ou de La Réunion, pour un renfort de neuf mois, durant lequel ils pourraient par exemple participer aux patrouilles de l'opération Sentinelle destinée à sécuriser des lieux publics.

"Ensuite, certains auront peut-être envie de retourner dans le civil, reprendre des études" tandis que d'autres "auront envie de s'investir pour la France", prédit le lieutenant Mathieu, officier chargé de projet au service national.

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennentd es techniques de combat rapproché à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Des jeunes engagés au nouveau service national apprennentd es techniques de combat rapproché à la base aérienne d'Évreux-Fauville, à Évreux, le 4 septembre 2026 dans l'Eure

Alain JOCARD - AFP

Le contexte géopolitique tendu, avec la guerre en Ukraine et le conflit au Proche-Orient, n'effraie pas ces jeunes volontaires qui ont au contraire "pu y voir une autre source de motivation pour eux", estime la sergent-chef Alizée.

Chez Isaac, 18 ans, c'est même un moteur de sa vocation. "Dans ce contexte, on se sent encore plus importants, je suis très fier. Ca augmente notre responsabilité d'être là", insiste le jeune homme, venu aussi "retrouver un cadre". "C'était exactement ce qu'il me fallait à cette période de ma vie", explique-t-il.

Par Tom MASSON / Évreux (AFP) / © 2026 AFP

#France #MilitaryService #Youth #Evreux #NationalService

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