Zones agricoles défavorisées : le déclassement de certaines exploitations "est inadmissible"

Zones agricoles défavorisées : le déclassement de certaines exploitations "est inadmissible"

Gilles Resseguier (agriculteur dans le Lot et membre de la FDSEA) était ce vendredi l'invité de Philippe Verdier dans le Grand Matin Sud Radio.

Un certain nombre d'agriculteurs de la région Occitanie viennent d'apprendre que leur exploitation ne serait dorénavant plus classée "zone défavorisée" à compter du mois de mars. Une décision dure à avaler comme nous le confirme Gilles Resseguier, membre de la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles).

"Une perte de 8 000 euros en moyenne pour chaque exploitation"

Joint par téléphone, cet agriculteur - dont la ferme se situe dans le Lot à Sainte-Alauzie - ne décolère pas et nous explique pourquoi cette décision risque de porter préjudice à son travail ainsi qu'à celui de ses collègues de la région, en raison de la suppression des aides qu'ils percevaient jusqu'à présent. "Les conséquences sont simples : aujourd'hui, il y a 26 communes qui sont déclassées, ça représente une perte d'1 100 000 euros pour une moyenne de pertes de 8 000 euros sur chaque exploitation", indique-t-il ainsi. "Étant donné que nous étions classés 'zone défavorisée', cela nous permettait de toucher l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN,) puisque nous sommes sur des zones à petites terres avec plateaux caillouteux, où l'élevage est prépondérant. Sans cet élevage, on ne peut pas faire grand-chose. La perte financière pour nous est énorme et les conséquences sont très très graves pour les exploitations", explique-t-il.

Comment justifier cette décision dans la mesure où l'essentiel du modèle économique des exploitations locales repose sur l'élevage ? Pour l'agriculteur, "Le problème est complexe" mais la situation actuelle découle, selon lui, d'une révision des critères requis pour les aides financières. "En décembre 2016, le ministère de l'Agriculture avait publié une cartographie, en fonction de critères biophysiques calculés par les experts de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique ndlr), qui a ensuite été envoyée à l'Europe", rappelle-t-il, insistant sur le fait que ces critères ont depuis été modifiés. "On a du mal à croire que ces experts se soient trompés et que ces critères aient été remis en cause en décembre 2017", déplore-t-il. "C'est complètement inadmissible et l'incompréhension est totale", peste-t-il encore, précisant que la perte pour son exploitation est estimée à "10 000 euros".

"Je pense que certains exploitants vont arrêter leur production", affirme-t-il par ailleurs, ajoutant qu'il n'y avait eu "aucun signe avant-coureur" d'une telle décision, y compris lors des discussions entre la FDSEA et la directrice de cabinet d'Édouard Philippe, le 15 décembre dernier. "On nous a pris pour des cons", déplore-t-il avant de conclure en prévenant le gouvernement : "Ils vont entendre la colère de la rue s'il n'y a pas de solution ministérielle de trouvée d'ici fin janvier".

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview de Gilles Resseguier, invité du Grand Matin Sud Radio

 

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Benito Fauvel
- Vendredi 5 janvier 2018 à 13:47
Gilles,

Sainte Alauzie est le nom localisé d´une sainte martyre, placée dans un tonneau rempli de bouts de verre, et que l´on roula. Une mort cruelle pour avoir soutenu une cause qui n´est pas la sienne, celle du traitement des chrétiens sous l´empire romain. Une petite prière pour cette sainte serait sûrement bien placée, à en lire l´histoire de l´agriculture française. On est bien encore au moyen-âge, entre dîme et disette. Un mot que j´ aime bien : les tenures, terres données aux paysans. Tenurez-vous bien, sinon !

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