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Maël, 16 ans, sorti de l'hôpital après des violences policières à Tours

Près de deux semaines après avoir été éborgné lors du blocage de son lycée à Tours, Maël, 16 ans, est sorti de l'hôpital et un policier a été mis en examen pour "violences aggravées" et placé sous contrôle judiciaire.

Logo de l'IGPN, Inspection Générale de la Police Nationale.
FRANCOIS GUILLOT - AFP/Archives

Près de deux semaines après avoir été éborgné lors du blocage de son lycée à Tours, Maël, 16 ans, est sorti de l'hôpital et un policier a été mis en examen pour "violences aggravées" et placé sous contrôle judiciaire.

Un autre policier est placé sous le statut de témoin assisté, a annoncé mardi soir la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard.

Le 30 septembre, Maël, un lycéen de 16 ans, a été éborgné après des incidents survenus lors du blocage du lycée Balzac au centre de Tours. La famille avait annoncé porter plainte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique".

Mme Sorita-Minard avait indiqué qu'à la suite des examens médico-légaux, les lésions à l’œil de l'adolescent étaient "compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD", lanceur de balle de défense.

"L'incapacité totale de travail est évaluée à 30 jours, sous réserve de complication ultérieures", a-t-elle précisé mardi.

Le jeune homme "est sorti de l'hôpital ce week-end", a déclaré mercredi à l'AFP son avocat Me Colin Verguet. "Un suivi médical reste nécessaire, mais il est désormais de retour au domicile familial. C'est une première satisfaction".

Pour l'avocate du policier mis en examen, Me Pauline Ragot, "il n’est pas établi à ce stade des investigations que les blessures du jeune homme aient été occasionnées par un tir de LBD".

De même, l'avocat du policier placé sous statut de témoin assisté, Me Jonathan Proust, estime auprès de l'AFP "très péremptoire de dire que c’est forcément un tir de LBD" et juge la communication du parquet "incisive et précoce".

"Je ne pense pas qu’on peut l’affirmer à l’aune de quelques actes d’enquête", dit-il ajoutant que "ce qui est présenté comme une évidence ne l’est pas".

Après avoir écarté scientifiquement "les rumeurs" selon lesquelles Maël aurait pu se blesser sur un mur ou un horodateur, l'enquête de l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, a révélé que "deux tirs de LBD ont été réalisés à une minute d'intervalle par deux policiers", a détaillé la procureure.

- Fonctionnaire expérimenté -

Les actes d'enquête "mettent en évidence la concomitance du premier tir de LBD et la blessure occasionnée à l’œil" et "révèlent également des interrogations persistantes sur le respect des conditions imposées par la loi d'absolue nécessité et de stricte proportion pour faire usage de LBD", selon le communiqué.

Quatre fonctionnaires de police ont été entendus en garde à vue mardi.

"Il est nécessaire à l'issue de ces auditions et de ces actes d'enquête, compte tenu de la complexité de ce type d'intervention de police, de continuer à travailler à éclaircir les circonstances" de ces tirs, ajoute la procureure qui a ouvert une information judiciaire.

Les deux policiers ayant fait usage de LBD ont été présentés aux juges d'instruction en vue d'une mise en examen pour "violences aggravées". L'un a été mis en examen et a également l'interdiction de porter et posséder un LBD, l'autre placé sous statut de témoin assisté.

"Mon client fonctionnaire expérimenté et reconnu comme tel par l’institution policière, a fait face à une scène de violences urbaines particulièrement intense", défend auprès de l'AFP Me Ragot, "face à un tir de projectile imminent en sa direction et celle de la colonne d’intervention, émanant d’un individu qu’il avait parfaitement identifié et qui n’est pas le jeune homme blessé à l’œil, il a fait usage de son LBD", dit-elle.

"Il a indiqué avoir clairement vu l’impact de sa balle sur le flanc de l’individu menaçant qu’il avait visé, lequel s’est ensuite relevé et a pris la fuite", ajoute-t-elle précisant que "les vidéos issues des caméras piétons des fonctionnaires corroborent ce point".

La famille de Maël avait réfuté dans un communiqué toute implication militante ou politique du lycéen. "Il s'agit simplement d'un adolescent qui s'est retrouvé pris dans les événements, et qui l'ont tragiquement frappé dans son intégrité physique", avait-elle déploré.

Trente-six enquêtes ont été ouvertes à ce stade par l'IGPN pour des violences présumées depuis le début du mouvement lycéen, dont quatre concernent "des blessures mutilantes", a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Par Tom MASSON et Katell PRIGENT / Rennes (France) (AFP) / © 2026 AFP

#France #PoliceViolence #Maël #Justice #Tours

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