single.php

Comment l’industrie textile continue d’engloutir l'eau potable de la Terre

Par Estelle Solari

GROS PLAN SUD RADIO - Été caniculaire, pénurie d’eau, alors que le monde entier tente d’économiser et trouver le précieux or bleu, l’industrie du textile assèche silencieusement nos ressources.

L'industrie du textile représente 20% de la pollution mondiale des océans.
PIXABAY


5 000 à 9 000 litres pour une paire de jeans ! Presque 2 700 pour un t-shirt ! De nos jours, le circuit de l’habillement est devenu un gouffre d’eau. Avec des chaleurs records en 2026 et une sécheresse sans précédent, les géants du textiles tournent à plein régime. La demande de vêtements n’a jamais été aussi forte. Le problème ? L’eau disparue se trouve sûrement dans notre veste ou nos chaussettes, polluée, teintée et bien souvent, non recyclable.

L'équivalent de 4097 fois la Seine pour habiller les Français

En 2025, l’étude paneuropéenne Epson révèle l’empreinte hydrique de nos garde-robes. Cas concret : il faudra vider 4 097 fois la Seine pour habiller les Français, soit plus de 31 billions de litres d’eau gaspillés pour remplir nos armoires. Pour ses collections saisonnières, la mode s'adapte facilement aux changements météo, mais pour appréhender le manque d’or bleu, l’affaire est toute autre. Le secteur engloutit à lui seul 4 % de l’eau potable sur Terre. Le Forum économique de Davos estime à 93 milliards de mètres cubes la consommation d'eau douce du secteur chaque année dans le monde.

Une industrie tout de polluants vêtue

Si la mode épuise les fonds marins, elle est aussi critiquée pour ses rejets massifs d’eaux polluées. L'utilisation de procédés de teinture toxique est à l'origine de 20 % de la pollution hydrique industrielle mondiale. Dans ce contexte, la stratégie « Textiles durables et circulaires » de l’UE devrait imposer dès 2027, un passeport numérique produit et une conformité stricte sur l’usage de l’eau, avec des échéances en 2030.

La mode traditionnelle, tapie dans l’ombre de l’ultra fast fashion

Dans le viseur des gouvernements : Shein, Temu et autres géants asiatiques. Loin derrière les controverses de concurrence déloyale et travail forcé, la question des ressources émerge à peine dans le débat public. La France tape fort avec l’instauration d’une taxe ultra fast fashion, en vigueur depuis le 1er septembre 2026. Sa pénalité atteindra jusqu’à 12 euros pour une veste en 2026 et 19,50 euros d’ici 2030. Une mesure environnementale inédite, saluée par le cabinet du ministre de la Transition écologique car "il y a urgence à agir rapidement en matière d’ultra fast fashion". Mais le problème de l’eau concerne le secteur de la mode dans son ensemble. Le processus de création de vêtements est l’un des plus "hydrovores" au monde.

L'info en continu
16H
15H
14H
13H
12H
11H
Revenir
au direct

À Suivre
/