La famille du lycéen dont la main a été arrachée par une grenade policière en marge de manifestations devant son lycée se constitue partie civile, pour obtenir "une enquête sereine impartiale" et "connaître la vérité", a indiqué un de ses avocats mercredi.
Me Bertrand Wattez a annoncé avoir déposé une nouvelle plainte, cette fois avec constitution de partie civile, pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente afin d'obtenir qu'un juge d'instruction soit saisi, avec l'espoir d'un procès devant les assises ou une cour criminelle.
Evan, 15 ans, élève en seconde professionnelle qui voulait devenir menuisier, a selon sa défense démenti avoir ramassé la grenade qui a arraché sa main gauche et nié toute participation à des violences.
Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, avait rapporté vendredi que "l'ensemble des témoignages, (...) à l'exception d'un seul, convergent" sur le fait que la grenade tirée à longue distance a "atterri au sol", avant que l'un des manifestants "ne s'en empare jusqu'à ce qu'elle explose".
Evan "était à proximité de la grenade mais n'avait pas du tout l'intention de la saisir", a martelé Me Wattez lors d'une conférence de presse, ajoutant : "nous avons été choqués de voir le parquet prendre fait et cause pour la version des policiers".
Il a souligné qu'Evan est droitier alors que c'est sa main gauche qui a été arrachée. L'adolescent, qui est toujours hospitalisé, a également été partiellement amputé de la main droite.
"Nous souhaitons savoir pourquoi un gamin plein de projets voit ses rêves s'effondrer", a-t-il ajouté, déplorant que la position du parquet laisse entendre que "cet enfant (...) est à l'origine de sa propre amputation".
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a ordonné la semaine dernière la suspension de l'usage des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne.
AFP / Lille (AFP) / © 2026 AFP
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