12 % du gaz que vous utilisez quand vous allumez votre gazinière provient de Russie. Cela représente 286 milliards d’euros d’achats d’hydrocarbures russes selon Moscou et 197 milliards selon l’Union européenne, depuis le début de la guerre en Ukraine. En 2022, la dépendance s’élevait à 40 %.
197 milliards d’euros qui auraient pu atteindre 475 sans les sanctions
« Malgré les restrictions liées aux sanctions, nous continuons à fournir des ressources énergétiques dans certains domaines pour lesquels des dérogations ont été accordées. » C’est ce qu’a déclaré lundi 12 octobre le vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie, Alexandre Novak, à la télévision russe.
Alors, si la Commission européenne conteste les chiffres, elle ne conteste pas les achats conséquents d’hydrocarbures russes. Cependant, sans les nombreuses sanctions contre Moscou, cette somme aurait atteint 475 milliards d’euros, selon l’exécutif européen.
La France comme principale consommatrice
La France continue notamment de recevoir du gaz naturel liquéfié (GNL) russe. Selon des données de l’ONG allemande Urgewald, près des trois quarts des volumes de GNL russe livrés dans l’Union européenne en septembre auraient été réceptionnés dans des ports français, faisant ainsi de l’Hexagone le pays le plus dépendant.
D’autres États membres restent, évidemment, dépendants du pétrole russe. La Hongrie et la Slovaquie, notamment, bénéficient de dérogations concernant certaines importations de pétrole acheminé par l’oléoduc Druzhba.
Vers la fin du gaz russe en Europe ?
Alors, l’Union européenne achète en effet des hydrocarbures aux Russes, mais on parle de 12 % de GNL ce mercredi 14 octobre, contre plus de 40 % avant la guerre. La baisse est donc conséquente et, selon la feuille de route de la Commission européenne adoptée le 18 mai 2022, le programme REPowerEU permettrait, à l’automne 2027, de se passer totalement des énergies fossiles russes.
À ce jour, afin de compenser les approvisionnements russes d’avant 2022, l’Europe s’est retranchée sur le gaz norvégien et américain en priorité. 31 % du GNL européen est importé de Norvège et 26 % des États-Unis. Le reste vient à environ 10 % d’Afrique du Nord et d’autres pays.
Un financement supérieur à celui des aides pour l’Ukraine
Lundi dernier, lors d’une réunion avec ses homologues de l’Union européenne à Luxembourg, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a dénoncé un paradoxe : les pays européens auraient dépensé davantage pour acheter des produits russes qu’ils n’ont apporté d’aide à l’Ukraine. En juillet, les derniers relevés du Conseil de l’UE et du Conseil européen dévoilaient une aide totale à l’Ukraine de 216,3 milliards d’euros, soit 70 milliards d’euros de moins que les achats à la Russie, selon les chiffres de Moscou.
Les avoirs russes gelés, représentant plus de 200 milliards d’euros, ont donc été évoqués par la ministre suédoise afin de renforcer le soutien à l’Ukraine. « Si nous utilisions les avoirs gelés, nous doublerions presque le montant total du soutien que nous avons apporté à l’Ukraine » depuis 2022, a-t-elle déclaré.