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La LDH met fin à sa convention avec la LDH-NC pour divergences

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a décidé de mettre fin à une convention d'affiliation vieille de près de 26 ans avec sa branche calédonienne, au nom de divergences "irréconciliables" sur la défense des libertés dans l'archipel, ont indiqué vendredi à l'AFP les dirigeants des deux associations.

Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l'Homme, s'exprime lors d'une conférence.
Thomas SAMSON - AFP/Archives

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a décidé de mettre fin à une convention d'affiliation vieille de près de 26 ans avec sa branche calédonienne, au nom de divergences "irréconciliables" sur la défense des libertés dans l'archipel, ont indiqué vendredi à l'AFP les dirigeants des deux associations.

La LDH nationale a dénoncé, dans un courrier daté du 4 août 2026, la convention d'affiliation conclue le 29 septembre 2000 avec la Ligue des droits de l'Homme de Nouvelle-Calédonie (LDH-NC), comme l'a révélé Nouvelle-Calédonie La 1ère.

Elle demande à l'association calédonienne de ne plus utiliser le sigle, le nom et l'identité visuelle de la LDH après un délai de préavis d'un mois. La LDH-NC estime toutefois que la rupture ne peut prendre effet qu'à la date anniversaire de la convention, le 29 septembre.

La rupture s'est cristallisée autour de l'avis publié en janvier par la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) sur la gestion par l'État de la crise insurrectionnelle de mai 2024.

Cette crise, marquée par des émeutes, a fait 14 morts et plus de deux milliards d'euros de dégâts. La LDH-NC avait publiquement contesté plusieurs conclusions de cet avis, notamment concernant l'absence d'enquête sur de possibles "milices armées" loyalistes et la place accordée à la culture et aux langues kanak dans l'enseignement.

Nathalie Tehio, présidente de la LDH, reproche également à l'organisation locale d'avoir critiqué les recours de la LDH contre le blocage de TikTok, puis contre la prolongation des interdictions de manifester.

Après plusieurs tentatives de discussion, elle estime que la LDH-NC ne joue plus son rôle de contre-pouvoir, en accordant trop systématiquement crédit aux impératifs de sécurité invoqués par l'État.

Le rôle de la LDH, dit-elle, "c'est de veiller (...) au respect des droits de l'Homme par les autorités": "on ne peut pas supputer qu'elles aient forcément raison".

De son côté, Gérard Sarda, dirigeant de la LDH-NC, estime que la LDH nationale a caricaturé la position calédonienne en la réduisant à la défense de la sécurité et de l'ordre public.

"Je suis prêt à discuter, à voir si on s'est planté à un moment ou à un autre", affirme-t-il, mais "on a eu affaire à un partenaire qui était déterminé dans sa volonté" de rompre.

"On a tout fait pour que cette séparation n'arrive pas", assure-t-il, tout en précisant que l'association, qui compte environ 70 membres, poursuivrait son activité sous une autre appellation.

La crise de 2024 avait déjà provoqué une scission locale: d'anciens membres de la LDH-NC, en désaccord avec sa ligne, ont créé le Collectif pour les droits humains en Kanaky-Nouvelle-Calédonie (CDH-KNC).

AFP / Nouméa (AFP) / © 2026 AFP

#HumanRights #NewCaledonia #LDH #Politics #CivilLiberties

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