20 % des dépenses des Français concernent l'alimentation, selon l'Insee. Ce n'est pas négligeable, d'autant qu'avec l'inflation croissante, un panier de courses qui coûtait 100 euros en 2000 en vaut aujourd'hui 148. Alors, pour limiter ses dépenses, faut-il faire confiance aux marques repères qui ont de plus en plus la cote auprès des Français ?
À en croire les enquêtes menées ces dernières années par l'UFC-Que Choisir et 60 Millions de Consommateurs, la réponse semble être oui. Consommer des marques repères pourrait être une véritable solution économique sans pour autant nuire à votre santé.
Un écart de prix parfois du simple au double !
Si les Marques Repères des grandes enseignes attirent de plus en plus de clients, c'est d'abord et avant tout en raison du prix et de leurs écarts notables avec les marques nationales. Pour certains aliments, les prix peuvent varier du simple au double. Alors évidemment, se dit-on, les produits doivent être de moins bonne qualité… Eh bien non !
Dans un premier temps, vous l'aurez remarqué, les Marques Repères mettent moins de budget dans le packaging. Cela se répercute sur le tarif final. Mais, en se penchant sur des études telles que celle réalisée par l'UFC-Que Choisir en mai dernier, on constate que les aliments sont les mêmes que dans les marques nationales. Les lasagnes, par exemple : il y a celles vendues sous la marque Lidl et celles de la marque Marie, et toutes deux sortiraient de la même usine, avec la même recette et les mêmes valeurs nutritionnelles. Pourtant, la version Marie coûte environ... 60 % plus cher !
Des produits fabriqués dans les mêmes usines
Ce qui rend ces comparaisons possibles, c'est un détail que peu savent lire : le code emballeur, imprimé sur l'emballage, commençant par « FR XX… ». Il identifie l'usine exacte où le produit a été fabriqué.
Récemment, des recoupements effectués par 60 Millions de Consommateurs et l'UFC-Que Choisir via OpenFoodFacts ont montré que le groupe laitier Lactalis fournissait à la fois ses propres yaourts et plusieurs marques de distributeur à partir des mêmes sites. Et c'est loin d'être un cas isolé : entre 25 % et 30 % des produits à marque de distributeur en France seraient fabriqués par des industriels qui produisent également pour les grandes marques nationales. Près d'un produit sur trois dans le caddie « premier prix » aurait donc un jumeau plus cher en rayon.
Il peut cependant y avoir de légères différences : c'est pour cette raison qu'il demeure nécessaire de regarder la composition des produits et de la comparer si besoin.
Le cadmium plus présent dans les grandes marques
Le cas le plus troublant reste sans doute celui du cadmium dans les pâtes, révélé par 60 Millions de Consommateurs fin août dernier. Sur 36 références testées (18 paquets de penne et 18 de spaghetti, toutes marques et gammes confondues), seules deux étaient totalement épargnées par ce métal lourd : les penne sans gluten Marque Repère, l'enseigne de Leclerc, et les penne U.
À l'inverse, ce sont des références Barilla au blé complet qui affichaient les pires résultats du comparatif, avec jusqu'à 0,071 mg/kg de cadmium pour les spaghettis.