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Carburant : 17 millions de Français pris à la gorge, 1 sur 2 obligé de réduire l'utilisation de sa voiture

GROS PLAN SUD RADIO - Une enquête révèle une aggravation de la précarité mobilité en France : 17 millions de personnes sont désormais touchées. Coût des déplacements, dépendance à la voiture, renoncements aux soins ou à l’emploi… Le phénomène devient un facteur majeur d’inégalités sociales et territoriales, accentué par la flambée du prix des carburants.

La mobilité n’est plus seulement un moyen de se déplacer : elle est devenue un marqueur social, un révélateur d’inégalités et, pour des millions de Français, un facteur direct de précarité. C’est le constat sans appel du Baromètre des mobilités du quotidien, réalisé par Ipsos bva pour Wimoov auprès de 13 400 personnes. Selon l’étude, « 17 millions des Français sont désormais en situation de précarité mobilité » . Un chiffre en hausse de deux millions en un an, principalement en raison de la flambée du prix du carburant depuis l'ouverture du conflit au Moyen-Orient, fin février.

Un coût devenu insoutenable pour les ménages modestes

Le budget mobilité pèse lourd, trop lourd. Le baromètre chiffre les dépenses mensuelles à 225 € en moyenne, hors achat du véhicule. Pour les ménages vivant sous le seuil de pauvreté, la mobilité représente 25 % du budget total, contre seulement 10 % pour les foyers aisés. Face à la hausse des carburants, les arbitrages deviennent dramatiques : « 15 % des Français ont dû réduire leurs dépenses de nourriture pour financer leurs mobilités » .

Et la fragilité est telle que 54 % des automobilistes envisagent de réduire l’usage de leur voiture si le prix du carburant augmentait de 30 centimes ! Ce qui risque d'être le cas, puisque la crise actuelle du carburant devrait s'inscrire dans la durée...

Les soins, l'emploi et la formation touchés

La mobilité conditionne désormais l’accès à des droits fondamentaux. Le baromètre révèle que « 12 % des Français ont renoncé à des soins de santé pour pouvoir continuer à financer leurs trajets du quotidien ». À l’inverse, 14 % ont dû annuler un rendez-vous médical faute de solution de transport.

Les conséquences sur l’emploi sont tout aussi préoccupantes : « 10 % des Français ont renoncé à un emploi, une formation ou à y postuler », un chiffre qui grimpe à 26 % chez les demandeurs d’emploi .

Les jeunes, premières victimes de la précarité mobilité

Malgré une satisfaction affichée (88 %), les jeunes sont les plus touchés. Le baromètre indique que « 36 % des 18-24 ans ne détiennent pas le permis de conduire – principalement pour des raisons de coût » . Résultat : 74 % ont déjà renoncé à un déplacement du quotidien, et 22 % à un trajet lié à un emploi.

La voiture reste le mode de transport principal de 72 % des Français, et même 87 % en zone rurale. Mais derrière cette domination se cache une contrainte : « 55 % des automobilistes estiment ne pas pouvoir réellement choisir leurs modes de déplacements » . L’absence d’alternatives est criante : 37 % des Français n’ont pas de transports en commun à proximité, un chiffre qui grimpe à 79 % en zone rurale.

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