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Manifestation à Orléans : commerçants inquiets avant le congrès du RN

À la veille du congrès du Rassemblement national et d'une importante manifestation d'opposants, de nombreux commerçants d'Orléans abordent avec inquiétude le week-end, craignant violences et dégradations, dans une ville peu habituée aux mobilisations de cette ampleur.

Marine Le Pen lors d'une conférence, à l'approche du congrès du Rassemblement national
NICOLAS TUCAT - AFP/Archives

À la veille du congrès du Rassemblement national et d'une importante manifestation d'opposants, de nombreux commerçants d'Orléans abordent avec inquiétude le week-end, craignant violences et dégradations, dans une ville peu habituée aux mobilisations de cette ampleur.

Dans plusieurs rues commerçantes du centre historique, des plaques de contreplaqué recouvrent déjà certaines devantures, tandis que d'autres boutiques ont retiré les articles les plus précieux de leurs vitrines.

"On prévoit de défendre notre commerce. Mais, là, au lieu de vendre, je range mes articles. Je travaille pour me protéger. C'est ça qui fait mal", confie Christine, qui n'a pas souhaité donner son nom et qui tient une boutique de stylos.

Elle s'affaire à vider une partie de ses vitrines, qui devraient être toutes vides. "Il y a une inquiétude immense. Vous ne savez pas ce qui va vous arriver", dit-elle à l'AFP, les larmes aux yeux et la gorge nouée.

Ces craintes s'inscrivent dans un contexte inédit pour Orléans.

Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5.000 participants samedi puis jusqu'à 10.000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

En parallèle, une manifestation d'opposants pourrait rassembler entre 20.000 et 30.000 personnes, dont 2.000 à 3.000 militants radicaux selon les autorités, une semaine après les scènes de pillages et de violences qui ont émaillé le samedi 17 octobre dans plusieurs villes de France.

- "Plus tranquille" -

"On a choisi de fermer samedi et de vider tout le magasin pour éviter les tentations et surtout les problèmes d'assurance et de casse", dit Christophe Guermont-Prez, à la tête d'un magasin spécialisé de matériel photographique, situé sur le parcours que devait initialement emprunter le cortège, à proximité de la cathédrale. L'itinéraire a été modifié vendredi pour éviter le centre-ville et sera cantonné dans le nord d'Orléans.

La décision de fermer sa boutique lui coûte mais il la juge nécessaire. "On préfère perdre une journée de chiffre d'affaires et pouvoir la semaine prochaine repartir un petit peu plus tranquille", poursuit-il, assurant n'avoir jamais connu une telle situation en "43 ans".

Président de l'association Les Vitrines d'Orléans, qui fédère les commerçants du centre-ville, Éric Benchetrit évoque des dizaines d'appels reçus ces derniers jours. "Tout le monde ne parle que de ça", résume-t-il.

Les commerçants interrogés par l'AFP ont tous dit appréhender le week-end, certains refusant d'être cités par crainte d'être visés.

- "Très inquiets" -

"On est très inquiets pour nos commerces, pour nos boutiques, pour notre chiffre d'affaires", confie-t-il. "On est déjà dans une période qui est compliquée au niveau commerce. On a l'impression qu'on n'arrive pas à sortir la tête de l'eau".

L'inquiétude est alimentée par les violences survenues lors de manifestations précédentes.

"Ça fait 20 ans que je suis commerçant. C'est ce qui me fait gagner ma vie. Donc je n'ai pas envie qu'en une seule journée, tout ce que j'ai construit en 20 ans soit complètement anéanti", insiste Éric Benchetrit.

S'il "veut croire" au dispositif de sécurité annoncé par la préfecture, qui prévoit le déploiement de près de 3.000 forces de l'ordre à Orléans, il estime toutefois que beaucoup d'habitants décideront d'éviter le centre-ville par précaution.

La municipalité a pourtant fait le choix de maintenir les commerces ouverts, à condition que bars et restaurants plient leurs terrasses.

"Mon objectif, c'est de protéger Orléans. Ça ne sera pas la pagaille ici, ça ne doit pas l’être", assure le maire de la ville Serge Grouard, disant essayer d'"anticiper tout ce que l'on peut anticiper".

M. Grouard a lui-même évoqué publiquement les risques de violences et de dégradations, dans une ville rarement confrontée à un dispositif sécuritaire de cette ampleur.

Dans sa boutique presque vidée, Christine redoute malgré tout les conséquences d'un week-end noir.

"Nous, ça fait un an qu'on a repris la boutique. Et si demain il arrive une catastrophe, on ne sait pas si on pourra se relever", craint-elle.

Par Tom MASSON / Orléans (France) (AFP) / © 2026 AFP

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