Les caméras des médias pourraient bien être rivés sur deux villes inattendues, ce samedi 24 octobre. Orléans accueillera le congrès du Rassemblement national pour le lancement officiel de la campagne de Marine Le Pen, où plus de 5 000 personnes doivent être réunies ce jour-là. En opposition, près de 30 000 opposants de gauche sont attendus pour manifester contre « le racisme, le fascisme et l’impérialisme », alors que des interdictions de manifester ont été prononcés dans des grandes villes de France comme Marseille, Lyon, Nice ou Montpellier.
A 300 kilomètres de là, une autre commune pourrait s’imposer comme le second épicentre de cette journée de tous les dangers : Clermont-Ferrand, potentiel lieu principal de mobilisation pour l’ultragauche.
« Un village antifasciste » prévu face au congrès du RN
Si cette deuxième mobilisation reste encore incertaine, à Orléans, la manifestation aura bel et bien lieu. Un cortège de 20 000 à 30 000 personnes est attendu à 10 h 30 sur le parvis de la cathédrale de la ville, en opposition au congrès du Rassemblement national.
Sur place, plusieurs figures de la gauche « élargie » sont attendues, d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à Bally Bagayoko (LFI) en passant par Sophie Binet, la dirigeante de la CGT. Avec un popint de chute commun, un « village antifasciste » installé au nord de la ville pour rassembvler tous les opposants au Rassemblement national.
Des « moyens massifs » pour lutter contre « 2 000 à 3 000 éléments radicaux »
Selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh, « 2 000 à 3 000 éléments radicaux » pourraient être au cœur de la manifestation. « Je veux adresser un avertissement sans ambiguïté à ceux qui viendraient avec l’intention de provoquer des affrontements ou de commettre des violences, a-t-il insisté. Les forces de sécurité seront présentes en nombre, bien équipées », ajoutant que « des moyens absolument massifs ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur ». Il parle de « près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires » et d’« une quinzaine d’unités de forces mobiles ».
Pas de manifestation autorisée dimanche
Si la ville a souhaité garantir « l’exercice de cette liberté de manifester » samedi, elle a refusé le regroupement d’organisations « identifiées comme appartenant à la mouvance de l’ultragauche » dimanche. Le 25 octobre représente en effet le jour le plus à risque, puisque 10 000 personnes sont attendues au congrès du RN. Le préfet a donc déclaré qu’il n’y aurait « aucune manifestation déclarée dimanche », parce que « ces rassemblements sont des attroupements, souvent de personnes armées, dont l’objectif est de déstabiliser les institutions de la République ».
Le contrepied Clermont-Ferrand
Orléans devrait donc, selon les dires du préfet, rester protégée malgré l’affluence et la disparité des sensibilités politiques au sein de la ville. Clermont-Ferrand pourrait, en revanche, faire face à une vague de violences, même si rien n’est officiellement prévu.
En effet, des messages sur les réseaux sociaux appellent « tous les manifestants de France à aller à Clermont-Ferrand le 24 octobre », notamment pour déjouer les prévisions « des logiciels d’intelligence artificielle destinés à anticiper les émeutes », Clermont-Ferrand ne faisant sûrement pas partie des villes à risque cochées initialement par le Ministère de l'Intérieur.
Branco : « Saisir les lieux de pouvoir et y instituer une commune révolutionnaire ! »
Galvanisé par ce contre-pied, Juan Branco, candidat d’extrême gauche à l’élection présidentielle de 2027, a repris cet appel à son compte : « Le seul intérêt de se rendre à Clermont-Ferrand samedi serait d’y saisir les lieux de pouvoir et d’y instituer une commune révolutionnaire. Autrement dir, ce serait se contenter de s’éloigner des lieux de pouvoir pour rentrer dans la souricière la plus grossière de l’histoire », a-t-il précisé.
Le seul intérêt de se rendre à Clermont Ferrand samedi serait d’y saisir les lieux de pouvoir et d’y instituer une commune révolutionnaire. Autrement, ce serait se contenter de s’éloigner des lieux de pouvoir pour rentrer dans la souricière la plus grossière de l’histoire.
— Juan Branco ✊ (@anatolium) October 22, 2026
Cet appel est-il crédible ? Pour la ville, il est en tout cas pris au sérieux. La préfecture du Puy-de-Dôme assure avoir pris connaissance de ce qui se passait sur les réseaux sociaux, et la présidente de l’association Cœur de Ville, Karine Gubbiotti, a alerté : « Moi, j’appelle à fermer, parce qu’il circule en ce moment sur X des messages très inquiétants. » Alors, ces deux lieux peuvent-ils devenir des chefs-lieux de cet acte II de la mobilisation ? Réponse dans 24 heures.