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Raphaël Glucksmann entame sa campagne à Amiens malgré les tensions

Raphaël Glucksmann fait vendredi son premier déplacement depuis sa désignation comme candidat de la gauche social-démocrate, assumant "la pondération" de sa campagne, percutée par la crise sociale.

Raphaël Glucksmann s'exprime devant la presse à Amiens.
Kenzo TRIBOUILLARD - AFP

Raphaël Glucksmann fait vendredi son premier déplacement depuis sa désignation comme candidat de la gauche social-démocrate, assumant "la pondération" de sa campagne, percutée par la crise sociale.

En pleine mobilisation notamment de la jeunesse, le patron de Place publique a choisi de se rendre à Amiens (Somme), pour visiter une mission locale, structure destinée à l'insertion professionnelle et sociale des jeunes.

Il a participé la veille à la réunion des partis politique à Matignon, pour la première fois en compagnie du patron du PS Olivier Faure, pour porter ses propositions destinées à désamorcer la crise et en exhortant le gouvernement à "répondre aux revendications".

Mais des voix s'interrogent sur ce premier déplacement tardif, 10 jours après sa victoire sans appel à la primaire.

D'autant que le chef de Place publique connaît une dynamique dans les sondages, dont certains le placent au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon (à 16 %) pour se qualifier au second tour de la présidentielle.

"Je ne comprends pas : il a du carburant politique, il n'en fait rien", s'étonne un proche de Gabriel Attal, alors que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, sont eux, très présents dans cette période de tension.

"Il aurait eu besoin que très vite après la désignation il y ait une campagne qui s'enclenche, mais je ne vois pas ça", souffle aussi une responsable écologiste, balayant l'argument d'un contexte particulier : "Le contexte ne lui sera jamais favorable".

Raphaël Glucksmann avait prévu des déplacements plus tôt, précise son entourage, mais ils ont été reportés après les violences du 17 octobre.

"Tout est décalé, on s'adapte à la réalité de l'agenda politique", dit un proche.

Un socialiste, proche d'Olivier Faure, juge pour sa part, qu'il a raison "de ne pas se précipiter" : "Il vaut mieux prendre son temps que de refaire trois fois son entrée en campagne".

Et l'eurodéputé a une contrainte de taille : en plein mouvement social, il lui est impossible de se rendre dans une manifestation, en raison de l'hostilité d'une partie des manifestants, souvent issus de la gauche radicale.

Juste après sa victoire à la primaire, le candidat a été enfariné. Il avait aussi été invectivé lors d'un rassemblement féministe place Vendôme. Et lundi, alors qu'il était présent à un rassemblement devant l'Hôtel de ville de Paris pour dénoncer les violences du week-end, il a été chahuté.

"Aller dans une manifestation est devenu très compliqué. C'est un vrai sujet démocratique", admet Jérôme Auslender, membre de Place publique.

- "pas de faux-plat" -

Il est "harcelé", confirme un socialiste, précisant que le PS a mis son service d'ordre à la disposition du candidat. Une protection policière a aussi été mise en place par les services de l'Etat, ajoute son entourage.

Il a quand même rencontré des lycéens à plusieurs reprises et va continuer à se déplacer, assure son équipe. "Il a envie de faire une campagne de terrain, il aime le contact avec les gens", insiste un socialiste.

Mais "il faut le temps à la campagne de se mettre en place", défend le même, et d'abord "structurer l'équipe, le programme et la stratégie".

Raphaël Glucksmann a en effet prévu d'intégrer dans son dispositif de campagne les candidats de la primaire. Il a aussi échangé avec François Hollande et Bernard Cazeneuve, pour tenter de les rallier.

"On a désigné notre chef d'équipe, maintenant il faut qu'on constitue l'équipe. Le rassemblement de la famille social-démocrate n'est pas encore fini", abonde Jérôme Auslender.

Mais "il n'y aura pas du tout de vide ou de faux-plat" dans la campagne, assure-t-il, défendant la volonté du candidat "d'imprimer une identité politique forte et de la décliner de manière concrète". "On nous reproche d'être lent et laborieux, mais on ne peut pas dire qu'on vit un moment populiste et ne pas faire attention à ce que nos proposition soient réalistes".

Pour lui, la primaire a montré "qu'il y avait de la place pour de la modération. Il y a une disponibilité des Français pour une voix pondérée, ce qui n'exclut pas une radicalité dans les réponses".

Raphaël Glucksmann a prévu une convention d'investiture en novembre, étape qui doit marquer le grand rassemblement de sa famille politique. caz/sde/tes

Par Cécile AZZARO / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

#RaphaelGlucksmann #Politics #France #SocialDemocracy #Election

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