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Incendie de la mairie de Limoges : un second suspect interpellé

L'enquête sur l'incendie criminel de la mairie de Limoges le 17 octobre s'est accélérée jeudi avec l'interpellation dans la Creuse d'un deuxième suspect, après un premier homme arrêté mardi en Haute-Vienne et soupçonné désormais de tentative de meurtre sur des policiers.

Incendie de la mairie de Limoges avec de la fumée s'échappant du bâtiment.
Melaine PAYZAL - AFP/Archives

L'enquête sur l'incendie criminel de la mairie de Limoges le 17 octobre s'est accélérée jeudi avec l'interpellation dans la Creuse d'un deuxième suspect, après un premier homme arrêté mardi en Haute-Vienne et soupçonné désormais de tentative de meurtre sur des policiers.

Inauguré en 1883 et classé, l'hôtel de ville a été en grande partie détruit par les flammes lors de la mobilisation samedi qui a donné lieu, à Limoges et ailleurs, à de violents affrontements avec les forces de l'ordre et à des pillages de commerces.

Le premier homme, âgé de 34 ans et arrêté mardi à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), a été mis en cause pour "tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique" et sa garde à vue a été prolongée de 48 heures, a annoncé la procureure de la République à Limoges, Émilie Abrantes, dans un communiqué de presse.

Selon le parquet, "l'analyse détaillée des éléments de cartographie et de chronologie des faits, l'exploitation des images provenant du drone utilisé par la police nationale et les auditions des 13 policiers municipaux présents au sein de la mairie de Limoges au moment des faits" ont conduit à étendre l'enquête à cette qualification.

Jusqu'à présent, elle était ouverte pour "dégradation d'un bien en bande organisée par un moyen dangereux pour les personnes" et "menaces de mort" sur les personnes présentes dans la mairie.

Le second suspect, âgé de 66 ans et arrêté avec l'appui de l'antenne du RAID de Bordeaux, est en garde à vue à ce stade pour l'incendie, a précisé la magistrate.

- Plateau de Millevaches -

Environ 5.000 personnes, dont 700 individus "radicalisés et extrêmement violents" selon les autorités, ont participé à la manifestation de samedi à Limoges, où de premiers heurts ont opposé ces derniers aux forces de l'ordre aux abords de l'autoroute A20.

Dans l'après-midi, la police étant à court de grenades de désencerclement selon le maire de la ville, Guillaume Guérin (LR), le cortège s'est disloqué et ses éléments les plus radicaux ont attaqué la mairie, brisant des vitres et enfonçant la porte pour pénétrer à l'intérieur et mettre le feu, comme le montrent des vidéos diffusées jeudi par le journal Le Populaire du Centre.

"Lorsqu'ils sont rentrés dans la mairie, ils ont dit aux gardiens de la loge, qui gagnent 1.500 euros par mois: +on va te crever+. Ils ont dit aux élus qui étaient présents: +on va tous vous tuer+", avait relaté l'élu dimanche matin devant la presse.

"On ne détruit pas un bâtiment de deux siècles par les flammes avec une boîte d'allumettes et un briquet", a-t-il ajouté mardi après l'interpellation du premier suspect, "probablement le cerveau de cette opération" selon lui, en pointant "l'ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau des Millevaches" voisin.

Situé entre Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, ces terres rurales d'environ 10.000 habitants abritent une population alternative dont la proximité supposées avec l'ultra gauche radicale nourrit méfiances et tensions autour des communes où elle serait implantée.

- Père et fils -

Dans la région, des actions ont été revendiquées par cette mouvance, comme l'incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis celui d'une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021.

En avril dernier, la justice a condamné pour ces faits, à une peine de prison avec sursis, un septuagénaire arrêté à l'époque, déjà, à Bussière-Boffy (Haute-Vienne). Le trentenaire arrêté mardi l'a été dans ce même village.

Intérimaire dans le bâtiment et engagé dans la défense de l'environnement selon des connaissances, fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et connu pour des violences sur un policier, il est le fils du septuagénaire condamné en avril, un homme connu lui-même "pour ses liens avec le milieu anarchiste" et comme autonomiste basque dans les années 1980, d'après le journal Le Monde.

"On ne peut pas reprocher à quelqu'un sa filiation", a déclaré à l'AFP mercredi l'avocat du trentenaire, Me Henri Braun, qui n'avait pas encore eu accès au dossier.

L'affaire des voitures Enedis et de l'antenne-relais avait également conduit à des interpellations à Gentioux-Pigerolles (Creuse). C'est dans ce village, connu pour son rare monument aux morts d'inspiration pacifiste, que le deuxième suspect aurait été arrêté jeudi dans l'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges, ont indiqué des élus locaux à des correspondants de l'AFP, sans confirmation à ce stade.

AFP / Bordeaux (AFP) / © 2026 AFP

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