Un homme soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration a tué une personne et fait cinq blessées vendredi dans les Yvelines après voir tiré en rafale depuis une voiture, un "attentat à connotation raciste, probablement islamophobe", selon le maire de Trappes.
Une personne a été tuée et cinq grièvement blessées à Trappes et à La Verrière, deux villes de la banlieue parisienne, selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui s'est rendu sur place. Parmi les blessés, figure une enfant de 12 ans, grièvement atteinte. Le suspect a été interpellé et placé en garde à vue.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s'est rapidement saisi des faits. Il a annoncé avoir ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".
Après s'être entretenu avec le ministre de l'Intérieur, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a estimé que la tuerie était "objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe".
"C'est probablement l'un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste", a déclaré l'édile, appelant à la "concorde républicaine".
En déplacement dans cette ville de banlieue populaire au sud-ouest de Paris, Laurent Nuñez, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un "crime terroriste" et "un acte extrêmement grave", se félicitant de ce que le "périple meurtrier" ait été interrompu.
- "Cauchemar" -
Après avoir tiré en rafale depuis une voiture, le suspect a été interpellé à Coignières (Yvelines), selon une source policière, indiquant que les faits s'étaient produits vers 10H30.
Selon une autre source policière, le suspect est âgé de 39 ans et est domicilié à Plaisir, à quelques kilomètres des lieux de la fusillade.
Des pompiers interviennent sur une station-service après des tirs, à Trappes (Yvelines), le 23 octobre 2026
Dimitar DILKOFF - AFP
Il a été interpellé en possession d'un pistolet mitrailleur, de grenades de gaz lacrymogène et est inscrit dans le fichier du Traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial, selon cette source.
Il a été placé en garde à vue, a précisé le Pnat.
Nicolas Dainville, maire de La Verrière, a indiqué à l'AFP qu'une fille de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle, mais que son état était désormais "stabilisé".
Il a ajouté que deux hommes de ménage, "de type africain", avaient été blessés alors qu'ils nettoyaient une école par le suspect, qui serait "sorti de son véhicule pour tirer".
"C'est l'effroi, le traumatisme, un cauchemar", a-t-il déclaré à l'AFP.
Selon Ali Rabeh, qui s'exprimait sur BFMTV, parmi les victimes, "la personne décédée est d'origine africaine et la personne en urgence absolue est d'origine maghrébine".
Sur X, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé que "la Nation" se tenait "aux côtés" des victimes et des habitants des villes concernées par cette "terrible épreuve". Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a qualifié les faits de "très graves".
- "Carnage" -
Samy, un habitant de Trappes, a vu un corps allongé au sol depuis sa fenêtre.
Sa mère, a-t-il témoigné auprès de l'AFP, était dans la rue et a vu une voiture Clio grise "passer à toute allure" et a entendu "des détonations".
Le préfet des Yvelines, Brice Blondel, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, et le minstre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, en déplacement à Trappes (Yvelines) après des tirs meutriers, le 23 octobre 2026
Dimitar DILKOFF - AFP
"Clairement, là, j'ai le coeur brisé et ce qui m'anime, c'est la peur", a témoigné un autre résident, Adel, 50 ans. "Tout simplement parce que le profil des victimes, de ce qu'on en sait (...), ce sont des profils de personnes qui sont racisées. Et moi-même, je suis d'origine maghrébine et (...) ça fait peur pour toutes les personnes qui ont ce même profil dans la ville et Dieu sait qu'on en a beaucoup."
"C'est un miracle qu'on n'ait pas davantage de victimes", a estimé Ali Rabeh sur BFMTV, faisant état de "nombreux tirs à travers différents quartiers" de Trappes.
Il a évoqué un tireur qui, "manifestement, tirait au hasard et avait envie de faire un carnage".
Une cellule d'aide psychologique a été mise en place.
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Par Daniel HOFFMAN, avec Claire GOUNON et Sabine COLPART / Trappes (France) (AFP) / © 2026 AFP
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