singlesud.php

« On sent une haine bien plus présente chez les anciens ! » : le témoignage choc d'un policier après les violences du 17 octobre

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Mobilisé samedi dernier pour la journée de mobilisation du 17 octobre, ce policier de Bordeaux a terminé son service vers 3 heures du matin. Placé avec une dizaine de collègues dans les petites rues du centre ville, il raconte un dispositif sous-dimensionné face à une foule bien plus importante que prévue et une journée qu’il a « très mal vécue ».

Comment s’est déroulée votre journée de samedi dernier ?

J’ai commencé à midi pour la manif qui démarrait vers 13h30. On a pris le matos, les grenades, les boucliers, les casques. On a terminé à 3 heures du matin.

Comment avez-vous vécu ces débordements ?

Je l’ai très mal vécu. On s’est fait déborder. L’info qu’on avait, c’était 500 à 600 personnes. Résultat, il y en avait plus de 10 000. Le dispositif, c’était 77 policiers de Bordeaux pour ces chiffres-là. Au bout d’une demi-heure, ça a commencé. On était une dizaine face à au moins 300. Heureusement que la rue était petite. C’était des rideaux de 20 à 30 qui nous caillassaient, avec 200 derrière. On s’est fait attaquer, on s’est fait poursuivre.

"C’était un vrai mouvement de foule contre la police. J’ai senti la haine'

Vous avez ressenti majoritairement de la haine ?

Pour moi, ce n’est pas une minorité. 90 % du cortège nous en veulent, du plus ancien au plus jeune, et parfois on sent une haine virale bien plus présente chez les anciens, plutôt que chez les plus jeunes, et ça c’est réellement surprenant. C’était un vrai mouvement de foule contre la police. J’ai senti la haine. Les seuls messages de soutien, c’était le soir, très discrètement : “Merci pour ce que vous faites, bon courage.” Et ils passaient vite. Mais pour ce week-end, on reste encore sur le qui-vive, car tout peut se passer, nous sommes dans une situation où on doit explorer toutes les possibilités pour se préparer au mieux.

"On n’est pas policiers pour se foutre sur la gueule avec des manifestants"

Comment vivez-vous ce rejet ?

Si ça nous fait autant mal, c’est que ça nous prend aux tripes. On est français, on porte l’uniforme français, on est fiers de le porter. Mais aujourd’hui, la question c’est plutôt : à quoi on sert ? Quelle est la suite de notre carrière ? Celui qui veut devenir policier, il faut qu’il y aille avec de vraies convictions. On n’est pas policiers pour se foutre sur la gueule avec des manifestants. On est là pour arrêter les méchants, pour les gens qui en ont besoin. Ce n’est pas ça notre vocation.

L'info en continu
15H
14H
13H
12H
11H
Revenir
au direct

À Suivre
/