Les commerçants se préparent à une nouvelle journée sous tension. Après les pillages et les dégradations survenus le 17 octobre, certains établissements cherchent à renforcer leur sécurité avant ce samedi 24 octobre. Plusieurs solutions sont envisagées, du recours à des agents de sécurité privée à l’achat de matériel d’autodéfense.
Dans un courrier adressé aux maires des arrondissements parisiens, le préfet de police, Patrice Faure, a lui-même invité les commerçants à prendre des mesures, puisque l’État « ne peut garantir à lui seul la protection de chaque établissement », comme l’a révélé franceinfo. Il a donc recommandé de faire appel à « des agents de sécurité privée » et de vérifier les « systèmes d’alarme et de vidéoprotection ». Le préfet a évidemment expliqué que, dans le même temps, un « dispositif de maintien de l’ordre renforcé sera déployé ».
« Une demande très forte » pour les agents de sécurité privée
Sur le terrain, les entreprises spécialisées constatent un intérêt accru pour leurs prestations. Laurent Pichon, directeur général de Fiducial Sécurité, confirme cette hausse. « Tout type de client est en train de demander des renforts. La manière dont ça va se matérialiser, le plus souvent, ça va être un agent, deux agents », dévoile-t-il au micro de Sud Radio.
« On a une demande très forte également pour des agents cynophiles, donc des maîtres-chiens, considérant qu’il y a une dimension dissuasive qui est encore accrue dans l’esprit de certains lorsqu’on a recours à ce type de prestations », détaille Laurent Pichon.
Une « injustice » envers les commerçants les plus modestes
Le problème, c’est que la sécurité privée représente un coût pour les commerçants. La recommandation de Patrice Faure a donc suscité de nombreuses critiques politiques. Le député de gauche François Ruffin a dénoncé une « faillite de plus » face à un « État impuissant à garantir la “sûreté” des citoyens ». Olivier Faure évoque même, ironiquement, une « fake news ».
David Lisnard, candidat à l’élection présidentielle de 2027 et président de l’Association des maires de France, conteste également cette recommandation. « Toujours la même injustice : les premières victimes seront les plus modestes, qui ne peuvent se payer ces protections », a-t-il déclaré. Il a jugé « inacceptable » que les commerçants doivent financer eux-mêmes une protection supplémentaire, alors qu’ils paient déjà des impôts pour que l’État assure leur sécurité.
« Des mesures de précaution et de dissuasion »
Face à la polémique, Patrice Faure a estimé avoir eu une communication « peut-être maladroite ». Il a donc ajusté son propos : « nous ne nous déroberons pas de nos responsabilités (…), les mesures de précaution et dissuasion recommandées aux commerçants viennent en complément de cette action, sans s’y substituer ».