Suicide des agriculteurs : "Des mesures ambitieuses et des moyens" annonce Julien Denormandie

"Il y a une surmortalité par suicide dans les exploitations agricoles. C'est un constat qui nous oblige à prendre des mesures beaucoup plus fortes", a affirmé Julien Denormandie, invité du “petit déjeuner politique” le 23 novembre sur Sud Radio.

Agriculteurs
Julien Denormandie, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 23 novembre, dans "le petit déjeuner politique".

Violences en Guadeloupe, plan suicide des agriculteurs, inflation, chasse, grippe aviaire, cohabitation des ours avec les habitants des Pyrénées : Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, répond aux questions de Patrick Roger. 

Suicide des agriculteurs : "Ce constat nous oblige à prendre des mesures beaucoup plus fortes"

Le gouvernement présente le 23 novembre une feuille de route sur l'accompagnement des agriculteurs en situation de détresse, qui conduit parfois à leur suicide. "Le constat est dramatique", confirme Julien Denormandie qui note "une surmortalité par suicide dans les exploitations agricoles". "C'est un constat qui nous oblige à prendre des mesures beaucoup plus fortes pour prévenir ces situations de détresse et accompagner quand détresse il y a", assure le ministre. Des moyens importants y seront dédiés : "une augmentation de 40% des dispositifs financiers existants dès maintenant, des aides d'accompagnement pour les agriculteurs en situation de détresse", annonce-t-il.

"Le deuxième axe est de remettre l'humain au centre de tout", avec "beaucoup plus" d'humanisation dans l'ensemble des démarches, ajoute le ministre. "Quand vous êtes agriculteur et que vous allez mal, vous recevez souvent plein de courriers de remboursement, pour parfois quelques euros. Les agriculteurs n'ouvrent plus ces courriers. On a des engagements pris par la mutualité sociale agricole, les banques et assureurs pour mettre plus d'humain dans les démarches qui se sont automatisées", explique Julien Denormandie.

"Le troisième volet, c'est le 'aller vers'", poursuit-il. Un renforcement du réseau sentinelles, voisins, élus locaux, facteurs, banquiers, "pour être formés à ces signaux faibles et aller vers les agriculteurs".

"Consommer local, c'est le meilleur moyen d'aider notre agriculture"

Les agriculteurs veulent vivre de leur production. "En situation de détresse, deux facteurs reviennent beaucoup, la rémunération et la considération", explique Julien Denormandie. "Chacun d'entre nous a son rôle à jouer. En tant que consommateur : consommer local, c'est le meilleur moyen d'aider notre agriculture". Le ministre souhaite s'appuyer sur une nouvelle loi de régulation. "Si vous, consommateur, vous faites le choix de consommer local, la nouvelle loi s'assure que l'argent que vous avez dépensé ne reste pas dans les poches de la grande distribution ou des industriels mais soit bien rétrocédé à l'agriculteur", explique-t-il.

 

"Le salon de l'Agriculture est pour l'heure confirmé"

Jean Castex a été testé positif à la Covid lundi 22 novembre. "Je ne suis pas cas contact !", rassure Julien Denormandie. Le gouvernement relâche-t-il les gestes barrières ? Pour le ministre, "cela montre surtout que nul n'est à l'abri de ce virus. Il y a parfois un relâchement sur les gestes barrières, parce qu'on en a tous marre, c'est contraignant, on se dit que quand on est vacciné, il n'y a plus de risque mais ce n'est pas la vérité". Il appelle à redoubler de vigilance : "la cinquième vague est là, les contaminations augmentent. Nous devons rester sur nos gardes et continuer les gestes barrières". Le Premier ministre a été mis à l'isolement : "nous avons les moyens techniques pour continuer à travailler", assure Julien Denormandie. Le fonctionnement de l'État n'est en rien impacté".

Le salon de l'Agriculture prévu en février est-il menacé par cette montée de l'épidémie ? "Le salon de l'Agriculture est pour l'heure confirmé", affirme le ministre. Prévu fin février, "nous ferons tout pour qu'il puisse se tenir, nous nous adapterons au fur et à mesure. C'est une grande fête populaire, une grande foire agricole que les Français attendent".

 

Guadeloupe : "La priorité des priorités, c'est le rétablissement de l'ordre républicain"

En pleine crise sociale en Guadeloupe, le Premier ministre a été "très clair", lundi soir, en condamnant les violences. "La priorité des priorités, c'est le rétablissement de l'ordre républicain", affirme le ministre de l'Agriculture. Le chef du gouvernement a pour autant évoqué "la nécessaire concertation sur ce qu'un certain nombre de personnes ressente sur la question de cette vaccination". Si cette revendication n'est pas la seule de la part des manifestants, "il faut qu'on ait tous conscience que notre seule arme efficace contre le virus, c'est cette vaccination", insiste Julien Denormandie.

 

"On a fait une grande réforme qui revoit totalement ce système assurantiel"

L'année 2021 a connu plusieurs intempéries qui ont endommagé les domaines agricoles. Le ministre de l'Agriculture avait annoncé revoir l'assurance-récolte pour les professionnels du secteur. "On a fait une grande réforme qui revoit totalement ce système assurantiel, qui fait jouer la solidarité nationale, et qui donne accès à une assurance qui permet de se couvrir contre le risque climatique", explique Julien Denormandie qui présentera ce projet de loi, mercredi 1er décembre, en Conseil des ministres. Le texte sera examiné au Parlement à partir de mi-janvier.

 

Débat sur l'ours : "Mon rôle est d'avoir une politique publique qui permet cette cohabitation"

Après l'accident entre un chasseur et un ours en Ariège ce week-end, la question de la présence de l'animal dans nos montagnes revient dans le débat. "On a le même sujet avec les ours, les loups et les vautours", rappelle le ministre. "Il faut de la cohabitation, ça ne peut pas être l'un et pas l'autre", affirme-t-il. "Il faut avoir des mesures fortes de gestion de ces populations", recommande Julien Denormandie qui souhaite "une vision en fonction des espèces, quand vous avez des animaux au comportement déviant". "Mon rôle est d'avoir une politique publique qui permet cette cohabitation", insiste le ministre de l'Agriculture.

 

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