Rachid Temal : "Accueillir Erdogan avec tapis rouge est une faute politique"

Rachid Temal, coordinateur du PS et sénateur du Val-d'Oise

Le coordinateur du Parti socialiste et sénateur du Val-d'Oise était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est reçu ce vendredi par Emmanuel Macron, à Paris. Une visite diplomatique en grande pompe qui suscite de nombreuses critiques de l'opposition, qui évoque la question des droits de l'Homme en Turquie. Pour Rachid Temal, invité politique du Grand Matin Sud Radio, cet accueil est "une faute politique".

 

 

"La France est un grand pays, qui doit parler et discuter avec le reste du monde, a expliqué le coordinateur du Parti socialiste et sénateur du Val-d'Oise. Pour autant, accueillir avec tapis rouge celui qui bafoue les droits de l'Homme est une faute politique. Il y a plusieurs milliers de personnes en prison, qui ont été radiées de leurs fonctions, notamment dans les universités, qui vont être jugées parce qu'elles ont signé une pétition pour la paix dans le sud-est de la Turquie. Il y a un problème. Sans oublier la question du génocide arménien et des Kurdes."

"Erdogan va continuer sa politique qui est tout sauf les droits de l’Homme dans son pays. La realpolitik ne doit pas se faire contre les droits de l’Homme", a ajouté Rachid Temal.

Il faut faire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Interrogé sur la question de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont l'avenir doit être tranché par le gouvernement d'ici la fin du mois, le coordinateur du PS s'est dit, "à titre personnel, favorable à ce que l'aéroport soit fait, avec toutes les garanties en termes écologiques".

 

"C'est un dossier qui a plus de 40 ans et qui est à chaque fois repoussé, a poursuivi Rachid Temal. Maintenant, il faut avancer et que le gouvernement dise des choses. Il faut que les décisions soient prises. Accroître la capacité de l'aéroport actuel pose un problème en termes de riverains et de santé publique. Il faut faire l'aéroport. Il faut qu'en France, on puisse réaliser ce projet-là. Ça veut dire évacuer des gens, faire en sorte que la loi soit appliquée. Mais ça peut se faire sans violence. À Calais, la comparaison vaut ce qu'elle vaut, on nous avait expliqué que c'était impossible, et ça a été fait avec humanité. Arrêtons d'être binaires."

Écoutez l'interview de Rachid Temal, invité politique du Grand Matin Sud Radio, présenté par Philippe Verdier et Sophie Gaillard

 

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Benito FAUVEL
- Vendredi 5 janvier 2018 à 13:10
Bonjour,

Est-ce que l´opposition voit juste ? Naissons-nous à l´opposé ? ou bien devenons-nous contre ? et si l´on est contre ? est-ce pour toujours, tout le temps et contre tout ? Si oui, on a pas besoin d´opposition, car on est de toute façon à la recherche de la moindre faute du voisin, et on oublie d´où l´on vient. Recevoir une leçon d´une personne qui a été accueillie par la France ne doit pas donner de leçon sur une visite protocolaire. Bon nombre de présidents, rois ou reines ont marché sur le tapis, qui n´a pas plus été rougit à cause des faits historiques majeurs des histoires mondiales. A-t-on refusé l´accès à l´Élysée à la Reine d´Angleterre, même lorsque l´on apprend que l´Angleterre est une nation
d´envahisseurs ? À-t-on refusé la marche sur ce fameux tapis aux présidents américains, même quand on lit dans les livres d´histoires toutes les horreurs contre un le Viet-Nam, l´autre le Japon ?

Monsieur le Président de la République a conscience des faits historiques de la Turquie, mais le passé ne doit jamais être utilisé quand on est en paix. La France est une terre d´accueil, car chrétienne.Certes, les génocides sont de cette contradiction humaine, à en lire les écrits saints. Car ce que l´on voit bien, c'est l´horreur qui transpire des fronts des terroristes- ceux qui font trembler la terre-. De ce que j´entend de la Turquie, c'est que les gens veulent vivre en paix.Si j´étais enfant
d´émigrés, accueillis par un pays, libre, chrétien et prônant les libertés religieuses, de pensées, et que ce pays défend la paix, je ne m´en irai pas briguer des mandats politiques. Tout le monde a le droit à une chance revivre en paix.La Turquie- au regard des changements de noms- entre Istanbul et Constantinople- est une terre qui est entre deux mondes. Je pense-même si son passé est lourd-que la Turquie a le devoir de réfléchir sur son avenir. Comme chrétien, et citoyen de la République, je pense que cela pourrait-être mon devoir d´accueillir un président qui vient d´un pays qui a commit des crimes contre l´humanité.Quelle chance justement de pouvoir écouter, et c'est là que toutes et tous ce trompent. On est honoré d´être celui qui écoute, comme un prêtre pourrait recevoir les confessions. Pas de pitié pour les actes barbares, on doit prier pour le pardon- le prêtre nous donne l´absolution contre dix ou vingt je vous salue Marie, mais c'est mieux de faire table rase, enterrer une hache d´une guerre qui n´est pas la nôtre ou encore de dialoguer pour trouver des solutions d´avenir, ensemble. Nous sommes enfants de criminels, on nous cache le passé.J´ai mon passé. Ce n´est pas mon devoir de creuser des tombes pour chercher les coupables. Le coupable est de fait bien mort. De plus, on ne sait rien des pour-parlés, ou autre débats qui se tiennent dans le bureau du Président. Le socialisme ne doit pas prendre parti. Comme tout autre mouvement politique.
Michel Ange
- Vendredi 5 janvier 2018 à 14:59
Ce député socialiste oublie la politique catastrophique qu'a mené le président Hollande durant son mandat. Il voulait aller bombarder Damas en voulant éliminer Assad. Tourner le dos à monsieur Poutine, son pire ennemi, alors que c'est grâce à lui que Daech a été vaincu.
Sans oublier ce que nous a coûté la non vente de 2 vedettes à la Russie, entre 3 et 4 milliards d'euro. Bien qu'étant un opposant au président Macron j'approuve in extenso sa politique étrangère à ce jour. Recevoir ce président, bien que n'étant pas le parangon de la démocratie, ne veut pas dire approbation de sa politique, bien au contraire. Les socialistes resteront toujours aussi incompétents en politique extérieures et autres, comme à l'instar du président Sarkozy avec la Libye et l'Irak où nous payons fortement ses inaptitudes.

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