"Les Républicains ne seront pas une force d'appoint, un supplétif" prévient Annie Genevard

Annie Genevard, députée LR du Doubs, vice-présidente des Républicains et vice-présidente de l'Assemblée nationale, était l'invitée du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

Les Républicains
Annie Genevard, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 21 juin, dans "le petit déjeuner politique".

Quel rôle pour les Républicains à l'Assemblée nationale ? Une grande coalition est-elle possible ? Annie Genevard, députée réélue, a répondu aux questions de Patrick Roger.

Les Républicains : "Nous ne serons pas une force d'appoint, un supplétif"

Le grand basculement à l'Assemblée nationale conduit Emmanuel Macron à chercher une parade. Il reçoit les chefs de partis à l'Élysée. "Par cette réunion, le président de la République prend acte du fait qu'il n'a pas la majorité absolue qui lui permet de gouverner explique Annie Genevard. En ayant voulu exploser le paysage politique traditionnel sans rien reconstruire derrière, il se heurte aujourd'hui à une impasse. C'est une situation politique difficile pour lui mais nous ne serons pas une force d'appoint, un supplétif" prévient-elle.

"Le grand projet d'Emmanuel Macron est de dissoudre notre famille politique assure Annie Genevard. Mais l'idée n'est pas de se fondre dans la majorité, nous perdrions le respect de nos électeurs ! Beaucoup nous ont élus contre un élu de la majorité présidentielle. Ce serait une forme de trahison des électeurs. Ce qu'il ne faut pas trahir, c'est l'intérêt supérieur de la France et des Français. Ça implique que sur chaque texte de loi nous puissions poser les conditions d'un vote de la loi".

 

Annie Genevard : un PM de droite "serait une cohabitation, pas une coalition"

Certains LR comme Jean-François Copé se verraient bien dans un gouvernement avec une coalition. Annie Genevard ne croit pas au "débauche individuel". "Dès lors qu'on entre dans ce gouvernement à titre personnel, on n'est pas là pour représenter sa famille politique, les idées et propositions de sa famille politique. Edouard Philippe a été recruté à Matignon pour faire la politique d'Emmanuel Macron et pas celle du parti auquel il appartenait" rappelle la députée.

"Si l'un des nôtres était proposé pour Matignon pour composer son propre gouvernement de droite, pour y appliquer la politique que nous espérons, c'est une cohabitation et plus une coalition." "Mais je ne crois pas que Macron soit homme à partager et à se voir imposer les choses !" " Philippe Juvin à la Santé serait une bonne idée, mais dans un gouvernement de droite dirigé par les Républicains ! La politique ce sont des choix clairs, c'est toute la difficulté du Macronisme."

 

"On risque d'avoir une Assemblée nationale un peu chaudron"

La situation sera-t-elle ingérable, ingouvernable ? "On verra à l'usage ! répond Annie Genevard. Pour ce qui concerne notre groupe, nous n'avons jamais été dans l'outrance, le blocage des institutions. Les LR auront un rôle essentiel puisqu'Emmanuel Macron n'a pas la majorité absolue et sera obligé de trouver des majorités de circonstances. Nous profiterons de ce rôle pivot pour faire avancer nos idées et nos propositions."

La députée "ne souhaite pas le désordre à l'Assemblée nationale. Du désordre ne naissent jamais de bonnes choses. On risque d'avoir une Assemblée nationale un peu chaudron. Il faudra garder notre sang froid. Nous serons sous le regard des Français et nous devrons être à la hauteur de ce qu'ils attendent. On travaillera dans l'intérêt et pour l'adoption de bons textes pour les Français." Sera-t-elle candidate à la présidence de l'Assemblée nationale ? "J'y réfléchis, il est possible que je me présente !"

 

 

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