"Il faut la vaccination obligatoire" pour Carole Delga

Vaccination, immigration, politique... Carole Delga répond aux questions de Patrick Roger.

carole delga
Carole Delga, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 25 novembre 2021, dans "le petit déjeuner politique". 

La cinquième vague pandémique de Covid-19 frappe la France : le gouvernement va faire des annonces jeudi 25 novembre 2021 mais selon Carole Delga, il faudrait que la vaccination soit rendue obligatoire pour tous les Français. Elle était l'invitée du “petit déjeuner politique” le 25 novembre 2021 sur Sud.

Immigration : Certains politiques sont "dans la caricature"

Dans la Manche, 27 migrants sont morts en tentant de la traverser pour se rendre au Royaume-Uni. Les passeurs sont pointés du doigt mais "il y a d’autres responsabilités politiques" selon Carole Delga. En particulier, "quand on veut être dans la caricature de l’immigration" et qu’on oublie "ce qui pousse des femmes, des hommes, des enfants à quitter leur pays". Parmi ces raisons, il y a la misère, l’instabilité politique, le réchauffement climatique : "il faut que l’Europe ait une vraie politique, et que la France y prennent toute sa part, sur l’aide aux pays en développement".

Il faut aussi "savoir accueillir" les migrants, quand il y en a, juge la présidente de la région Occitanie qui rappelle l’aide de sa région à l’ONG SOS Méditerranée et aux "associations d’intégration". "Parce que quand il y a l’immigration en France, il doit y avoir bien sûr l’acceptation de la République", concède-t-elle.

Carole Delga : "On n’incite pas les gens à quitter leur pays"

Pour certains politiques, l’accueil des migrants est une incitation à l’immigration. "On n’incite pas les gens à quitter leur pays", juge la présidente de Régions de France. "Les gens quittent leur pays par désespoir, par misère, par peur de la guerre." Cela nécessite une aide en amont, pour éviter les situations. Mais lorsque la migration a lieu, "il faut savoir les accueillir avec humanité" tout en ne laissant pas l’acceptation de la République comme étant "une option". "Arrêtons les caricatures sur l’immigration", demande Carole Delga qui rappelle que "parmi les premiers de corvée, il y a beaucoup d’immigrés". "Et donc, on a besoin également d’eux, et de les respecter."

Sur l’immigration, elle juge qu’il faut une "position commune de l’Europe" qui permettra de répondre "aux besoins de sécurité citoyenne, mais aussi à la capacité de rappeler que l’humanisme est indispensable".

 

"Je suis pour la vaccination obligatoire"

Olivier Véran va annoncer de nouvelles mesures face à l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 en France qui ont été plus de 32.000 en 24 heures, le 24 novembre 2021. Parmi les décisions qui devraient être prises : le renforcement du pass sanitaire, la validité des tests réduite à 24 heures ainsi que l’ouverture de la troisième dose de vaccin pour tous. "Moi, je suis pour la vaccination obligatoire", assume Carole Delga car l’épidémie "est récurrente" et "revient régulièrement". "Je pense qu’on n’en a pas fini, encore, pendant de longs mois."

"Il faut la vaccination obligatoire pour permettre les échanges, avoir une vie, si possible, plus normale… et c’est pour ça qu’il faut avoir une mesure ferme", argumente la socialiste.

Les opposants au vaccin mettent en avant une certaine inefficacité du vaccin, surtout sur la durée. "Il faut avoir, quand même, la réalité des faits", souligne la présidente de la région Occitanie. Elle rappelle que "quand vous êtes vacciné, vous développez des formes moins graves de Covid et vous avez des chances d’hospitalisation qui sont divisées par 10". Carole Delga demande donc de ne pas faire "de faux procès à la vaccination" qui est la "meilleure protection".

 

Cinquième vague de Covid-19 : "Il aurait fallu être plus réactifs"

La généralisation de la troisième dose nécessite la réouverture des centres de vaccination, alors que les demandes de rendez-vous explosent sur les plateformes, comme Doctolib. "Nous souhaitons en effet qu’il y ait de nouveau la réouverture de centres de vaccination de façon forte", confie Carole Delga qui annonce une consultation avec le Premier ministre "sur les mesures à prendre" dès jeudi 25 novembre 2021 dans la matinée. "Je proposerai qu’il y ait à nouveau des centres de vaccination."

La présidente de la région Occitanie regrette malgré tout le temps de réaction du gouvernement : "il aurait fallu être plus réactifs parce qu’on voit que chaque jour qui passe est un jour perdu". Elle appelle donc à la mobilisation générale et demande au gouvernement de "faire confiance et aux communes, et aux départements et aux régions" qui ont "la réactivité nécessaire pour apporter une réponse rapide et adaptée, quel que soit le lieu où habitent les Françaises et les Français".

 

Violences conjugales : "Il faut rappeler que les femmes n'ont rien à subir dans leur vie"

Le 25 novembre est la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Le gouvernement vante quatre lois votées pour tenter d'améliorer le sort des femmes victimes de violences. "Il faut permettre à la parole de se libérer, et rappeler que les femmes n'ont rien à subir dans leur vie", estime la présidente de la région Occitanie qui souhaite apprendre aux jeunes filles à être "conquérantes, sûres d'elles, libres et indépendantes dans leurs choix".

Carole Delga apporte son soutien à la tribune "Me Too Politique". "On ne peut pas accepter que des hommes politiques aient des comportements déviants envers des femmes", juge l'élue socialiste qui précise ne pas avoir ressenti ces comportements, à titre personnel. Forte de son caractère, la présidente de région indique "qu'une femme ne doit jamais baisser les yeux, jamais se sentir en situation d'infériorité". Elle refuse que les femmes soient présentées "comme des victimes", mais souhaite "rappeler qu'elles doivent être fières, avoir confiance en elles, dans les autres".

Nicolas Hulot est accusé d'agressions sexuelles par plusieurs femmes, dans un reportage qui sera diffusé, ce jeudi 25 novembre. L'ancien ministre de l'Écologie s'est expliqué, devant BFMTV, se disant "écœuré" et dénonçant un "tribunal médiatique", il a indiqué se retirer "définitivement de la vie publique". "Des suites judiciaires doivent être menées, on ne peut pas continuer à avoir la moindre faiblesse pour ce type d'action et de délit", réagit Carole Delga qui estime "incompatibles" ses fonctions de responsabilité, si ces accusations sont vraies.

 

"Renault ne doit pas oublier tout l'engagement et tous les financements publics"

Le groupe Renault a lâché sa filiale, la fonderie SAM, en liquidation judiciaire. Carole Delga se rendra sur place, lundi prochain dans l'Aveyron. "Nous avions fait une proposition avec l'État pour pouvoir aider le repreneur. Renault n'a pas souhaité s'engager", regrette-t-elle. La présidente de région compte sur la rencontre entre le PDG de Renault et le président de la République, lundi, pour qu'Emmanuel Macron lui rappelle que "l'État français, depuis plus de vingt ans, a toujours été très présent pour Renault, qu'il ne doit pas oublier tout l'engagement et tous les financements publics".

Le travail réalisé jusqu'à présent dans la fonderie en Occitanie, devrait être délocalisé en Espagne ou en Roumanie. Dans ces anciens territoires miniers, de Decazeville, la région a investi 3 millions d'euros en 2020 "pour pouvoir développer la SNAM, sur le recyclage de batteries électriques". Sur la question de la SAM, Carole Delga prévient "ne pas avoir dit mon dernier mot, nous ferons en sorte d'avoir d'autres solutions". "Le message que je tiens à envoyer aux salariés et aux habitants, c'est que nous serons là, nous continuerons à investir, à donner un avenir à ce bassin industriel, nous avons besoin de cette souveraineté industrielle, agricole ou sanitaire".

 

"Anne Hidalgo tiendra !"

En très mauvaise posture dans les intentions de vote, la candidate du Parti socialiste, Anne Hidalgo "tiendra parce qu'elle a un projet, une stature de chef d'État", assure Carole Delga, qui a soutenu la maire de Paris pour l'investiture. Le Parti socialiste pourrait-il s'en remettre en cas de non-remboursement de la campagne ? "Chaque chose en son temps", tempère l'élue.

La présidente de région tient à rappeler que sa candidate "est une des seules à répondre aux questions très concrètes des Français", notamment sur l'éducation ou l'hôpital. Pas d'alliance prévue avec Yannick Jadot, le candidat écologiste. "Il est important de pouvoir échanger, mais aujourd'hui, il y a de nombreuses différences sur le fond", explique Carole Delga qui appelle à "continuer la construction de la gauche républicaine, écologiste et socialiste".

 

"La LGV se réalisera parce qu'elle est indispensable"

La nouvelle ligne de LGV qui doit relier Bordeaux à Toulouse et ainsi atteindre l'Occitanie a du plomb dans l'aile. Après de multiples tours de passe-passe entre les élus d'Aquitaine et d'Occitanie, le département de la Gironde a refusé de participer financièrement à l'ouvrage. De quoi mettre en péril ce vieux projet, réfléchi depuis une trentaine d'années. "Elle se réalisera parce qu'elle est indispensable", assure Carole Delga qui "porte la voix de 60% des Français qui sont à plus de quatre heures de Paris". Une différence de temps de parcours perçue comme "une vraie inégalité républicaine et territoriale", par la présidente socialiste.

 

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