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Deux fois plus bombardé que l'Irak en 2003, dans quel état est l'Iran ?

Depuis samedi, les États-Unis et Israël bombardent massivement l’Iran dans le cadre de l’opération « Epic Fury ». Plus de 2 000 cibles ont été frappées. Etat des lieux des sites névralgiques, centres de commandement et autres postes stratégiques détruits afin d'affaiblir le régime.

Téhéran sous le feu des bombardements américano-israélienss
Téhéran sous le feu des bombardements américano-israélienss

En quelques jours, la campagne militaire lancée par les Etats-Unis de Donald Trump et Israël a transformé l’Iran. Plus de 2000 frappes ont été réalisées (soit deux fois plus que sur l'Irak lors de l'offensive américaine de 2003) par les deux armées, sur Téhéran, cœur politique et militaire du pays, mais aussi des centres de commandement, des installations de renseignement et autres infrastructures logistiques ailleurs dans le pays.

Cette nuit encore, l'armée de l'air israélienne, "guidée par les services de renseignement, a achevé une nouvelle vague de frappes visant les centres de commandement du régime terroriste iranien à travers Téhéran et largué des dizaines de munitions sur des centres de commandement de la sécurité intérieure", comme indiqué dans un communiqué. Alors, dans quel été se trouve l'Iran ? Etat des lieux.

Téhéran, cible prioritaire des attaques massives

Parmi les bâtiments visés figurent le siège de la radio-télévision d’État, le tribunal révolutionnaire islamique, des quartiers-généraux des forces de l’ordre ainsi que des sites liés à la présidence iranienne et au Conseil de sécurité nationale. Des frappes qui démontrent une volonté de désorganiser l’appareil décisionnel du régime et d’affaiblir sa capacité militaire.

Selon les données de l’Institute for the Study of War et diffusées par l’AFP, plus de 2 000 cibles auraient été frappées en Iran depuis le début de l’opération. Les autorités américaines indiquent que plus de 1 250 sites ont été touchés au cours des quarante-huit premières heures seulement, dont plus de 1 000 dès le premier jour. Les cibles incluent des centres de commandement et de contrôle, des bases de missiles balistiques, des installations navales, des sous-marins et des sites de missiles antinavires. À noter que le Croissant-Rouge iranien, une organisation humanitaire non gouvernementale, fait état de 787 morts, dans 153 comptés, depuis le début des bombardements, notamment dans le sud et le nord-ouest du pays.

Installations nucléaires et infrastructures navales

Au-delà de la capitale, plusieurs grandes villes ont été ciblées, notamment en raison de leur importance militaire. À Tabriz, dans le nord-ouest du pays, des installations associées à la maintenance et au stockage de missiles ont été visées. Au sud, le port de Chabahar, situé sur le golfe d’Oman, a été frappé en raison de la présence d’infrastructures navales. Selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, la marine iranienne aurait perdu l’ensemble de ses navires stationnés dans le golfe d’Oman en l’espace de quarante-huit heures.

Le site nucléaire de Natanz Nuclear Facility, dans le centre de l’Iran, a été bombardé selon des images satellites montrant la destruction d’au moins trois bâtiments. Un bombardement confirmé par le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a, lui aussi, confirmé que des installations nucléaires majeures avaient été endommagées depuis le début des frappes. À noter que la base Natanz avait déjà été visé lors de la guerre de douze jours en juin 2025.

Des dizaines de lanceurs de missiles hors service

De son côté, l’armée israélienne affirme avoir largué plus de 2 000 bombes lors de centaines de frappes et revendique la supériorité aérienne au-dessus du territoire iranien. C’est-à-dire la capacité d’opérer sans être significativement entravée par les systèmes de défense anti-aérienne adverses. Selon un porte-parole militaire, plusieurs dizaines de lanceurs de missiles auraient été mis hors service, entraînant une baisse du nombre de projectiles tirés vers Israël au cours des dernières vingt-quatre heures. Plusieurs centaines de missiles iraniens avaient été lancés entre samedi et lundi en direction du territoire israélien.

Comme pour les Américains, les cibles privilégiées par les Israéliens incluent les capacités offensives iraniennes, notamment les lanceurs de missiles et de drones, les sites de stockage, les aérodromes militaires et les navires de guerre, mais aussi les infrastructures défensives comme les radars et les systèmes anti-aériens.

Affaiblir le régime pour favoriser un soulèvement populaire

Donald Trump a défini quatre priorités stratégiques pour cette guerre. La première consiste à détruire les capacités de fabrication de missiles de l’Iran. La deuxième vise à anéantir sa marine, en particulier dans le golfe d’Oman. La troisième est d’empêcher définitivement Téhéran d’obtenir l’arme nucléaire. Enfin, la quatrième ambition est d’empêcher le régime iranien de continuer à financer et armer des groupes armés hors de ses frontières.

Au-delà de ces objectifs militaires explicites, la stratégie américaine semble également chercher à affaiblir structurellement le régime dans l’idée qu’un affaiblissement militaire massif pourrait accentuer les tensions internes et favoriser un soulèvement populaire.

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