Alors que de nombreux fonctionnaires font grève et comptent battre le pavé ce mardi, la fonction publique hospitalière est particulièrement touchée par la dégradation générale des conditions de travail.

Pour la troisième fois depuis l’élection d’Emmanuel Macron, les fonctionnaires font grève ce mardi et nombre d’entre eux sont attendus dans les rues pour manifester leur grogne face à la dégradation générale de leurs conditions de travail et la future réforme du gouvernement, qui pourrait toucher le statut de fonctionnaire. Placés sous le feu des projecteurs depuis plusieurs mois déjà en raison d’une situation jugée alarmante à l’hôpital public, les praticiens hospitaliers devraient eux aussi faire grève en masse.

Membre du bureau du SN-phare (Syndicat National Des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs) et médecin-anesthésiste au CHU de Bordeaux, Louise Gouyet-Calia dénonce sur Sud Radio un enlisement de la situation. "Aujourd’hui, quand les agents de la fonction publique partent à la retraite, ils ne sont pas remplacés. On travaille dans des conditions dégradées pour soigner les patients alors qu’on est encore très motivés pour faire un travail d’excellence. Ça ne peut pas durer comme ça avec des moyens diminués tous les ans. La ministre a beau dire qu’elle va essayer de réformer ça parce qu’elle est bien consciente de ce problème-là mais pour le moment elle ne bouge pas. Ça fait un an qu’on a ce gouvernement, et rien ne se fait !", regrette-t-elle.

Délégué du SN-Phare au Centre Hospitalier de Pau, le Dr Olivier Tueux déplore de son côté des conditions de travail qui plombent les vocations. "Les directions hospitalières n’ont plus d’autres solutions que de fermer des lits en l’absence de moyens financiers, donc de supprimer des postes médicaux et para-médicaux, ce qui entraîne une forte dégradation des conditions de travail, et donc de l’attractivité. Les gens ne veulent plus venir travailler à l’hôpital, et ceux qui restent le font avec des charges de travail incompatibles avec une bonne qualité de service. À Pau, nous avons la moitié des postes qui sont vacants. Nous sommes 10 alors qu’on devrait être 20 ! Sans mesures d’attractivité plus importantes, il n’y aura plus de médecins à l’hôpital ! C’est un gros problème", s’alarme-t-il.

Propos recueillis par Christophe Bernard

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