Délinquance dans le BTP : "Vol, détérioration des installations et chantages à l'embauche"

La police et les acteurs du BTP sont main dans la main pour lutter contre la délinquance qui gangrène les chantiers. Vols, rackets, chantages à l’embauche : les actes de malveillance coûtent chaque année 1 milliard d’euros au secteur du bâtiment. Dans les Bouches-du-Rhône, la police et les professionnels du secteur travaillent conjointement pour tenter d’endiguer le phénomène.

BTP
Les actes de malveillance coutent chaque année 1 milliard d’euros au secteur du bâtiment. © AFP

Reportage de Lionel Maillet pour Sud Radio

 

BTP : "Ils expliquent qu'ils veulent de l'argent puis ils nous intimident"

Phillipe Deveau, dont l'entreprise de BTP intervenait dans les quartiers nord de Marseille, a déjà été victime de deux tentatives de racket. "3-4 personnes arrivent sur le chantier, viennent voir soit mon conducteur de travaux, soit mon chef de chantier, raconte-t-il. Très rapidement, ils expliquent qu'ils veulent de l'argent puis ils nous intimident avec des menaces. 'Vos baraques de chantier vont brûler, votre grue ne pourra plus tourner'".

La  délinquance coûte chaque année un milliard d’euros au secteur du BTP, et c’est dans la région PACA que se concentrent la moitié des pertes. "Le plus souvent c'est le vol, et la détérioration de nos installations, explique Isabelle Lonchampt, présidente de la fédération du bâtiment des Bouches-du-Rhône. Nous avons aussi des chantages à l'embauche : 'si vous voulez que votre chantier puisse continuer, il faut m'embaucher'. Ou encore 'si vous voulez que votre chantier soit en sécurité, il faut faire travailler telle entreprise de sécurité'", rapporte-t-elle.

"Ce sont des faits délictueux qui doivent être signalés à la justice et pour ça, il faut porter plainte"

"Certains chantiers se déroulent dans des zones compliquées, avec des faits de délinquance, explique Frédérique Camilleri, la Préfète de police du département. Des vols, parfois des menaces, des intimidations, des tentatives de racket et des chantages à l'embauche, confirme-t-elle. Ce sont des faits délictueux qui doivent être signalés à la justice et pour ça, il faut porter plainte. Lorsque nous sommes saisis dans les services de police ou de gendarmerie de ces plaintes, on peut mettre en place les actions nécessaires".

 

 

"Pour aider les entrepreneurs et les inciter à dénoncer ces faits, les forces de l’ordre et la fédération du BTP viennent de reconduire un partenariat. On facilite les dépôts de plaintes avec un système de rendez-vous. Derrière, la confiance revient, assure-t-elle. Tous ceux qui nous signalent des problèmes de sécurité dans leurs chantiers voient qu'il y a des rondes de police. Un contact personnalisé est pris avec eux".

Un dispositif qui semble porter ses fruits puisque la délinquance a baissé cette année de 7,5%.

 

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