Qui contrôle, quoi, où et comment ? En France, en 2026, le radar reste l'outil central du contrôle automatisé de la vitesse. L'État exploitait 4 029 appareils au 1er janvier 2025, selon l'ANTAI, et la Cour des comptes anticipe 1 000 installations supplémentaires par an à partir de 2026. Voici les familles d'appareils, ce que chacune sanctionne, les marges techniques appliquées et le barème des amendes.
Combien de radars roulent sur nos routes en 2026 ?
D'abord, un chiffre officiel. L'Agence nationale de traitement automatisé des infractions recensait 4 029 radars au 1er janvier 2025. Ensuite, le projet annuel de performances du programme 751, annexé au projet de loi de finances, visait 4 160 équipements opérationnels fin 2025. Ce même document évoque un parc technique plus large, compris entre 4 600 et 4 800 appareils. La différence tient aux dispositifs en maintenance ou en attente d'installation.
Par ailleurs, le gouvernement publie une carte officielle. Le portail radars.securite-routiere.gouv.fr localise 3 275 dispositifs fixes en métropole et outre-mer. Toutefois, les voitures-radars n'y figurent pas.
| Type de radar | Nombre au 1er janvier 2025 |
|---|---|
| Radars tourelles (vitesse) | 1 411 |
| Radars fixes classiques | 698 |
| Radars feu rouge | 536 |
| Radars discriminants | 530 |
| Radars autonomes (chantiers) | 396 |
| Radars mobiles et embarqués | 210 |
| Tourelles feu rouge | 108 |
| Radars passage à niveau | 71 |
| Radars tronçon (vitesse moyenne) | 69 |
| Total | 4 029 |
Enfin, la trajectoire monte. Le rapport 2024 de la Cour des comptes sur l'exécution budgétaire anticipe une hausse significative des équipements, soit environ 1 000 radars par an dès 2026. L'argus situe la cible autour de 4 880 dispositifs fin 2026.
Les familles de radars et ce que chacune sanctionne
Radar fixe et radar discriminant
Le radar fixe classique mesure une vitesse instantanée, de face ou de dos. C'est le plus ancien modèle du parc français. Le radar discriminant va plus loin. En effet, il distingue les catégories de véhicules et applique donc la limite propre aux poids lourds. De plus, il identifie le véhicule fautif quand plusieurs circulent côte à côte. Les nouveaux modèles double face photographient l'avant et l'arrière, ce qui permet de verbaliser aussi les deux-roues.
Tourelles et radars urbains
La tourelle domine désormais le parc. Elle utilise un flash infrarouge invisible et surveille plusieurs voies à la fois. Ensuite, elle contrôle la vitesse et, selon la version, le franchissement de feu rouge. Les services de l'État en Haute-Garonne précisent que des armoires leurres accompagnent souvent ces installations. Le conducteur ignore donc quel boîtier verbalise réellement.
Par ailleurs, le radar urbain arrive en nombre. Ce format compact s'intègre au mobilier de ville. L'argus annonce 340 mini-tourelles urbaines d'ici fin 2026, après une cinquantaine d'unités testées dans le Doubs, à Marseille, à Toulouse et dans le Territoire-de-Belfort.
Radars mobiles et voitures-radars privées
Les radars mobiles se répartissent en deux usages. D'abord, l'appareil débarqué, posé sur trépied au bord de la route. Ensuite, l'appareil embarqué, installé dans un véhicule de police ou de gendarmerie. Les forces de l'ordre ont par ailleurs commandé 1 900 appareils laser ProLaser4, selon L'argus.
La voiture-radar à conduite externalisée constitue un cas à part. Un salarié d'un prestataire privé conduit le véhicule, sans agent à bord. L'appareil verbalise en roulant, sans flash visible. Fin 2025, environ 300 voitures circulaient dans 86 départements, hors Île-de-France et Corse. En revanche, seul le centre national de traitement décide de la suite. Notre carte des délits routiers montre où les excès les plus graves se concentrent.
Radar autonome, radar tronçon et radar de franchissement
Le radar autonome protège les chantiers. Monté sur remorque blindée, il fonctionne sur batterie pendant environ cinq jours. Plus de 50 départements en ont reçu depuis janvier 2026, pour un objectif de 700 unités fin 2026.
Le radar tronçon, lui, ne mesure aucune vitesse instantanée. Il calcule une moyenne entre deux points de contrôle distants de plusieurs kilomètres. Freiner devant la borne ne sert donc à rien.
Enfin, les radars de franchissement sanctionnent le passage interdit. Le radar feu rouge déclenche deux photos : une au franchissement de la ligne, une seconde si le véhicule poursuit sa route. S'arrêter après la ligne, sans entrer dans le carrefour, échappe toutefois à la verbalisation. Le radar passage à niveau applique la même logique aux feux clignotants ferroviaires.
Marges techniques : la vitesse retenue n'est pas la vitesse mesurée
Aucun radar n'affiche une précision absolue. Le régulateur déduit donc une marge technique, toujours favorable au conducteur. Cette règle découle de l'arrêté du 4 juin 2009 relatif aux appareils de mesure de la vitesse.
- Appareil fixe ou à l'arrêt : 5 km/h en dessous de 100 km/h, puis 5 % au-delà.
- Appareil mesurant en roulant (voiture-radar) : 10 km/h en dessous de 100 km/h, puis 10 % au-delà.
Un exemple éclaire le mécanisme. Un automobiliste mesuré à 96 km/h sur une route limitée à 90 km/h voit sa vitesse retenue tomber à 91 km/h. Ensuite, c'est cette vitesse retenue qui figure sur l'avis et qui détermine l'amende. Sur autoroute, une voiture-radar ne déclenche donc l'infraction qu'au-delà de 144 km/h mesurés, contre 137 km/h pour un appareil fixe.
Le barème des amendes pour excès de vitesse
L'article R413-14 du code de la route fixe les sanctions. En dessous de 20 km/h, sur une route limitée à plus de 50 km/h, l'infraction reste une contravention de troisième classe. Partout ailleurs, elle passe en quatrième classe. Depuis 2024, un excès inférieur à 5 km/h n'entraîne plus aucun retrait de point.
| Excès retenu | Amende forfaitaire | Points retirés | Peine complémentaire |
|---|---|---|---|
| Moins de 20 km/h (hors agglomération) | 68 € | 1 | Aucune |
| Moins de 20 km/h (limite 50 km/h ou moins) | 135 € | 1 | Aucune |
| De 20 à moins de 30 km/h | 135 € | 2 | Aucune |
| De 30 à moins de 40 km/h | 135 € | 3 | Suspension possible, stage |
| De 40 à moins de 50 km/h | 135 € | 4 | Rétention immédiate du permis |
| 50 km/h et plus | Délit, jusqu'à 3 750 € | 6 | Suspension, confiscation possible |
Pour une contravention de quatrième classe, l'amende minorée tombe à 90 euros sous quinze jours. En revanche, elle grimpe à 375 euros en cas de majoration. Consultez l'article R413-14 sur Légifrance pour le texte exact.
Le très grand excès de vitesse est devenu un délit
Changement majeur depuis le 29 décembre 2025. Un excès égal ou supérieur à 50 km/h constitue désormais un délit dès la première infraction. La loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 et le décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025 organisent ce durcissement. Le conducteur risque donc jusqu'à trois mois de prison, 3 750 euros d'amende et six points. Par ailleurs, le juge peut suspendre le permis pendant trois ans et confisquer le véhicule. La confiscation devient obligatoire en récidive.
Radar sonore : où en est l'homologation ?
Le radar sonore reste au stade expérimental. L'article 92 de la loi d'orientation des mobilités de 2019 a ouvert la voie. Ensuite, le décret n° 2022-1 du 3 janvier 2022 a cadré l'expérimentation.
Bruitparif a développé le capteur Méduse, puis le prototype Hydre. Ce dernier réunit deux Méduse, soit huit microphones, une caméra grand angle et deux lecteurs de plaques. La première phase, sans verbalisation, s'est achevée en septembre 2022. Une réponse ministérielle du 23 octobre 2023 confirmait ensuite une homologation en cours auprès du Laboratoire national de métrologie et d'essais. Bruitparif situe le seuil définitif entre 83 et 90 dB(A), mesurés à 7,6 mètres. La sanction prévue serait une contravention de quatrième classe, soit 135 euros. Toutefois, aucune verbalisation généralisée n'existe à ce jour.
Avertisseurs de radars : ce que dit la loi
Le code de la route interdit les appareils conçus pour déceler ou perturber un radar. Son article R413-15 punit la détention, le transport et l'usage d'un tel équipement. L'infraction relève de la cinquième classe, avec une amende pouvant atteindre 1 500 euros, six points retirés et une confiscation possible du véhicule.
En revanche, les applications communautaires demeurent légales. Depuis 2011, elles ne diffusent plus la position exacte d'un contrôle. Elles signalent des zones de danger plus larges, selon un protocole conclu entre l'État et les éditeurs. Par ailleurs, les forces de l'ordre peuvent exiger l'interruption de ces signalements lors d'opérations particulières. Si vous filmez vos trajets, notre guide sur la dashcam et la loi française précise le cadre applicable.
Vous recevez un avis de contravention : que faire ?
D'abord, vérifiez les mentions. Comparez la vitesse retenue, la vitesse mesurée, la limite indiquée et le type d'appareil. Ensuite, examinez les dates de vérification métrologique, obligatoires chaque année.
Ensuite, choisissez votre voie. Payer sous quinze jours déclenche l'amende minorée, mais vaut reconnaissance de l'infraction. Contester suppose une requête auprès de l'officier du ministère public, dans un délai de 45 jours à compter de l'envoi de l'avis. La démarche s'effectue en ligne sur le site de l'ANTAI. Une consignation peut être demandée. Enfin, un chef d'entreprise doit désigner le conducteur dans les mêmes délais. Notre guide pour contester une amende détaille chaque étape.
Questions fréquentes sur les radars
Un radar tourelle flashe-t-il visiblement ?
Non. La tourelle utilise un flash infrarouge invisible à l'œil nu. Vous ne voyez donc rien au moment du contrôle.
Les voitures-radars privées peuvent-elles verbaliser un stationnement ?
Non. Elles contrôlent la vitesse en roulant. Le stationnement payant relève du forfait post-stationnement, expliqué dans notre article sur le FPS et sa contestation.
Un radar tronçon peut-il flasher deux fois ?
Non. Il compare deux passages, puis retient une vitesse moyenne. Une seule infraction en résulte donc.
Les radars détectent-ils déjà le téléphone au volant ?
Pas encore de façon généralisée. Le projet de radars multi-infractions existe, mais L'argus indiquait en 2026 que ce volet restait à l'arrêt.
Un radar contrôle-t-il la vignette Crit'Air ?
Non. Les contrôles de zones à faibles émissions suivent une logique distincte, détaillée dans notre dossier sur Crit'Air et les ZFE en 2026.
Sources et méthode
Sources : ANTAI, page officielle consacrée aux dispositifs de contrôle automatisé, ventilation du parc au 1er janvier 2025. Projet annuel de performances du programme 751 « Radars », annexé au projet de loi de finances, publié par l'Assemblée nationale. Rapport du Sénat sur le projet de loi de finances pour 2026, mission Sécurités. Portail officiel radars.securite-routiere.gouv.fr pour les 3 275 dispositifs fixes cartographiés. Rapport de la Cour des comptes sur l'exécution budgétaire 2024.
Légifrance, articles R413-14 et R413-15 du code de la route ; loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 et décret n° 2025-1269 du 22 décembre 2025 pour le délit d'excès de vitesse de 50 km/h et plus. Arrêté du 4 juin 2009 relatif aux appareils de mesure de la vitesse. Bruitparif, dossier sur les capteurs Méduse et le prototype Hydre ; décret n° 2022-1 du 3 janvier 2022 ; réponse ministérielle du 23 octobre 2023. Services de l'État en Haute-Garonne pour la description des tourelles. L'argus, articles publiés en 2025 et 2026 sur le plan d'équipement et les voitures-radars.
Source : émission On Parle Auto, Sud Radio. Replay et podcasts sur sudradio.fr.