Quel bilan tirer de la campagne présidentielle américaine ?

Gérald Olivier, journaliste franco-américain, chercheur associé à l’IPS, auteur du livre Sur la route de la Maison Blanche : le dictionnaire des élections présidentielles américaines (éditions Jean Picollec, 2020), était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 3 novembre. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le président américain Donald Trump lors d'un meeting dans le Mississippi le 1er Novembre 2019.

À quelques heures de la fin du vote aux États Unis, les sondages donnent une légère avance à Joe Biden.

 

150 millions de suffrages attendus

"L’élection est largement commencée, rappelle Gérald Olivier, journaliste franco-américain. Il est possible de voter en avance dans pratiquement tous les états, et de voter par courrier, par correspondance. On sait que 90 millions d’Américains ont déjà voté. On s’attend à une participation forte. En 2016, il y avait eu à peu près 135 millions de suffrages exprimés. Là, on s’attend à dépasser les 150 millions. Cela signifie qu’il y a une incertitude totale sur les résultats."

"Les sondages donnent une légère avance à Joe Biden, cela dépend des États, précise l’auteur du livre Sur la route de la Maison Blanche : le dictionnaire des élections présidentielles américaines (éditions Jean Picollec, 2020). Il y a quatre ans, les mêmes sondages donnaient Hillary Clinton gagnante, et on a vu le résultat."

 

Des craintes de réactions violentes

"Je pense que l’élection va rester entièrement ouverte du fait des votes par correspondance, estime Gérald Olivier. Il n’y aura pas de résultats tout de suite, cela risque de créer des incertitudes, peut être des contestations. Le climat a été tendu toute l’année, il risque d’y avoir des moments difficiles dans les jours qui viennent. On craint des débordements des deux côtés."

"Quand les commerces de New York ou Los Angeles mettent des planches pour se protéger, ce n’est pas contre les électeurs de Trump. Ce sont des lieux majoritairement démocrates, rappelle-t-il. On craint deux choses. Si Biden l’emporte de façon très nette, on craint des réactions violentes de la part de certains électeurs de Trump. S’il est réélu, on craint surtout l’inverse, des manifestations de la gauche radicale. Celle qui était dans les rues au printemps et a manifesté au-delà du nécessaire dans certaines villes suite à la mort de George Floyd. Cela a fait que des manifestations anti racistes ont dégénéré en émeutes et en pillages. On craint un peu que cela se renouvelle."

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