Les adeptes des achats en ligne vont devoir s’habituer à de nouvelles règles. Dès ce dimanche 1er novembre, l’Union européenne met en place des frais de traitement de 2 euros sur les marchandises achetées sur Internet et expédiées depuis un pays extérieur à l’UE. Une mesure qui concerne notamment les commandes passées sur des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress.
Comment ces nouveaux frais vont-ils s'appliquer ?
Cette nouvelle redevance ne doit pas être confondue avec les droits de douane de 3 euros, instaurés le 1er juillet dernier sur les « petits colis » d’une valeur inférieure ou égale à 150 euros. Les deux dispositifs se complètent donc pour un total de 5 euros par famille de produits. Contrairement aux droits de douane de 3 euros, ces nouveaux frais ne sont pas réservés aux colis de moins de 150 euros. Il faut préciser qu’il n’y a pas de rétroactivité : si vous n’avez pas été facturé à l’achat, vous ne pouvez pas l’être ultérieurement.
Pour comprendre, rien de mieux qu’un exemple. Si vous achetez deux pantalons, puis une lampe et un kit de couverts, et que votre commande ne dépasse pas les 150 euros, vous paierez les taxes à trois reprises. Une fois pour les pantalons, une fois pour la lampe et une fois pour le kit, donc 15 euros au total. Mais afin, de dissimuler ces frais sans pour autant les enlever, les sites pourraient les inclure au prix des produits directement.
Pourquoi augmenter les taxes sur les produits importés ?
Alors, si officiellement ces frais visent d’abord les plateformes, les vendeurs et les entreprises impliqués dans l’importation des marchandises, les consommateurs seront évidemment concernés.
Derrière cette nouvelle mesure, Bruxelles souhaite répondre à l’explosion du commerce en ligne. Selon le Conseil de l’Union européenne, 5,9 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés dans l’UE en 2025, dont 93 % provenaient de Chine. Le but est donc de mieux détecter les produits dangereux ou non conformes qui entrent dans l’UE. L’idée est également de rétablir des conditions de concurrence plus équitables pour les commerçants européens et de limiter la fraude.
L’importation de « petits colis » en baisse de 40 % en France
La taxe instaurée le 1er juillet semble avoir convaincu les autorités européennes et même françaises. Selon Médiamétrie, la fréquentation mensuelle des sites comme Shein ou Temu a chuté de 42 % et de 36 % en France, respectivement. Et selon le ministère de l’Économie, la baisse des importations de « petits colis » en provenance de Chine s’élève à près de 40 % en France. Reste à voir si les frais de traitement qui seront mis en place dès le 1er novembre auront une incidence aussi conséquente.