Depuis l’île Longue, base des sous-marins nucléaires français, Emmanuel Macron a fait des annonces sur la dissuasion française. Le chef de l'Etat a annoncé qu'il allait augmenter le nombre de têtes nucléaires qu’elle possède pour renforcer la dissuasion, c’est-à-dire la capacité de dissuader une attaque contre la France ou ses alliés. Il a également présenté une nouvelle doctrine de « dissuasion avancée » qui intègre un rôle plus fort de la France au sein de la défense européenne. Cela inclut : la possibilité de déployer temporairement des avions français armés de l’arme nucléaire dans d’autres pays européens. La participation d’alliés européens à des exercices liés à la dissuasion (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, etc.). Un renforcement de la coopération avec des partenaires comme l’Allemagne, mais sans partager le pouvoir de décision final sur l’usage de l’arme nucléaire (le président français reste seul à décider).
Que faut-il penser de la nouvelle doctrine nucléaire présentée par le président de la République ? Serons-nous vraiment mieux protéger ou la France est-elle actuellement friable ?
"Notre nombre de têtes nucléaires dans le futur ? C'est un secret bien gardé"
"Il y a plusieurs choses dans les annonces faites par le président de la République, analyse Marc Chassillan, expert en armement, professeur à l’École Militaire, à Paris, au micro de Patrick Roger sur l'antenne de Sud Radio.Il y a un renforcement quantitatif, puisqu’il a dit que nous allions augmenter notre nombre de têtes nucléaires. Elles étaient aux alentours de 300, c’est ce qui a toujours été dit dans la communication officielle. Jusqu’où allons-nous monter ? C’est le secret qui sera bien gardé."
"Développer des missiles balistiques à très longue portée"
"L’autre renforcement qui n’est pas nucléaire, c’est ce que l’on appelle l’épaulement conventionnel. Il s’agit d’augmenter nos capacités de dissuasion conventionnelle, grâce à des systèmes d’armes de frappe dans la profondeur. En partenariat avec nos amis européens, en particulier les Allemands et les Britanniques, nous allons développer des missiles balistiques à très longue portée. Ils auront des têtes conventionnelles. Mais leur précision et leur portée permettront d’infliger des dégâts considérables sans pour autant utiliser l’arme nucléaire. Cela permet de remonter le seuil nucléaire et crédibilise notre dissuasion."
🗣️Marc Chassillan (expert en armement) : "La reconfiguration du monde pousse certains pays sans l'arme nucléaire à se demander s'il ne serait pas dans leur intérêt de la posséder" #Iran #GrandMatin
➡️Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W
☎️Réagissez au 0 826 300 300 pic.twitter.com/JZZzHNxgj5— Sud Radio (@SudRadio) March 3, 2026
"On rejette le doute sur l’ennemi potentiel"
Si Emmanuel Macron a évoqué un nouveau concept de dissuasion avancée, la maîtrise de la décision de frapper sera conservée par le président de la République, et lui seul. "C’est toute la crédibilité de la dissuasion nucléaire qui aurait été remise en jeu, résume Marc Chassillan, expert en armement, sur l'antenne de Sud Radio. Vous ne la diluez pas au sein d’un club d’amis. On rejette le doute sur l’ennemi potentiel. Vous ne dites rien de vos intentions, et c’est à lui d’évaluer son risque."
Macron : « le demi-siècle qui vient sera un âge d’armes nucléaires »
Pour Emmanuel Macron, « le demi-siècle qui vient sera un âge d’armes nucléaires ». "Cela l’a été énormément durant la Guerre froide, quand les arsenaux ont prix une ampleur considérable. Cela le redevient aujourd’hui, du fait de la reconfiguration du monde. Un certain nombre de pays ne possédant pas la bombe se posent la question, on peut citer la Corée du Sud, la Turquie, l’Arabie Saoudite. Compte tenue de la nouvelle donne stratégique et des menaces à leurs frontières, elle peut être utile pour garantir leur existence même."
Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger
Cliquez ici pour écouter “Sud Radio vous explique”Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !