"La diplomatie française s'est complètement fourvoyée en Syrie"

Régis Le Sommier

Régis Le Sommier, directeur adjoint de Paris Match et auteur du livre "Assad" (éd. La Martinière), était l'invité du Grand Matin Sud Radio.

Près de sept ans après le début de la guerre en Syrie, Bachar al Assad est toujours à la tête du pays. Un personne sulfureux qu'a cherché à décrire le grand reporter Régis Le Sommier à travers son livre "Assad" (éd. La Martinière).

"Beaucoup de gens ont renoncé à comprendre ce qui s'est passé là-bas, a expliqué Régis Le Sommier, invité du Grand Matin Sud Radio. J'ai fait huit voyages en Syrie en quatre ans, c'est un terrain que je connais bien. Assad, je l'ai rencontré deux fois, dont la deuxième fois, en off, pendant trois heures. Je veux expliquer pourquoi ce type, à qui on donnait quelques semaines au début de la guerre, en mars 2011, est toujours là, toujours à la tête du pays."

 

Une analyse qui permet aussi d'éclairer les choix qui ont été faits par la France pendant toute cette période : "J'ai voulu expliquer pourquoi la diplomatie française s'est fourvoyée pendant cette guerre, en souhaitant que le camp rebelle soit un espoir pour la Syrie, alors qu'assez rapidement, il a été gangrené par les islamistes. Il y a une logique historique parce que les opposants traditionnels à Bachar al Assad et à la structure de gouvernement en Syrie, ça a été les islamistes pendant toutes les années 1980. On n'a pas voulu voir ça, on s'est dit que Bachar allait partir, qu'une opposition modérée, pluraliste, respectueuse des minorités, allait s'imposer à Damas, et que tout irait bien. On s'est complètement fourvoyés. Certains par intérêt, sans doute, d'autre par ignorance. On a fait une grave erreur. Je ne dis pas qu'on n'avait pas intérêt à y aller, mais on n'a fait qu'ajouter de la guerre à la guerre."

Tout cela à la différence des Russes, qui "sont arrivés en misant sur le pouvoir en place pour ne pas que les islamistes prennent le pouvoir comme ça a été le cas en Irak ou en Libye", ce qui "fait qu'ils sont en position de force sur toutes les négociations" et qu'ils "ont les cartes en main", à l'inverse des Occidentaux, dont la France et les États-Unis, qui n'ont "aucune stratégie en Syrie" et se retrouvent relégués au second plan.

Écoutez l'interview de Régis Le Sommier, invité du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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guy eychenne
- Lundi 12 février 2018 à 09:46
Bien evidemment ,nosENARC...,qui n'ont jamais quitté leurs bureaux dorés n'ont rien compris aux resultats de l'eviction de Sadam Husein ni à celle de
Khadafi.dans des pays morcelés en tribus,sectes religieuses,haines variées,le seul capable de faire regner l'ordre est un dictateur?n4en deplaise à nos crétins dipmomés nous sommes tombés de charibde en scylla à la puissance dix.
Le djihadisme est le fils monstrueux né de ces évictions...BRAVO

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