single.php

Guerre au Moyen-Orient : vers une flambée des prix du plastique et des risques de pénurie ?

Par Tania Robieu

Les tensions au Moyen-Orient, avec l’Iran au cœur de la crise dans le détroit d’Ormuz, font flamber les prix des matières plastiques, jusqu’à +50 % en deux semaines. De quoi faire craindre pénuries et hausses sur de nombreux produits du quotidien.

plastique Moyen-Orient
Dans l’Ain, la “Plastics Valley” subit déjà la hausse des prix des matières premières liées au pétrole

Conséquence directe du conflit au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran et des tensions autour du détroit d’Ormuz, les matières plastiques voient elles aussi leurs prix s’envoler depuis plusieurs semaines. Produites en grande partie à partir de pétrole et de gaz, elles subissent actuellement de plein fouet les perturbations d’approvisionnement. En Europe, les industriels s’inquiètent d’un risque de pénurie et d’un impact économique majeur.

Jusqu'à + 50% !

Après les carburants, les engrais ou encore le blé, une nouvelle filière est donc touchée par les répercussions du conflit : celle du plastique. En seulement deux semaines, certaines matières premières ont vu leurs prix bondir de 40 à 50 %.

En cause : les tensions dans le Golfe et les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport de pétrole. Or, le plastique dépend directement de ces ressources fossiles. Aujourd’hui, la grande majorité des plastiques dans le monde est issue du pétrole ou du gaz. Sur les centaines de millions de tonnes produites chaque année, seule une petite part provient du recyclage. Les plastiques biosourcés restent, eux, très marginaux.

Yaourt, bouteilles, tuyaux, avions... : des produits omniprésents

Le plastique est partout dans notre quotidien. Emballages alimentaires, bouteilles, tuyaux, voitures, électroménager ou encore aéronautique : l’économie dépend de ces matériaux. Leur fabrication repose sur plusieurs dérivés du pétrole, comme le naphta, l’éthylène ou le propylène. Le naphta, en particulier, est une matière clé : son prix est passé d’environ 500 dollars la tonne en janvier à 800 dollars en mars, signe de tensions très fortes sur le marché.

Cette hausse se répercute déjà sur toute la chaîne de production, avec un impact potentiel sur les prix des produits de consommation, comme les bouteilles d’eau.

10 000 emplois menacés dans l'Ain

Les premières mesures d’adaptation apparaissent déjà. Plusieurs groupes pétrochimiques ont déjà réduit leur production. Dans le même temps, des hausses de prix sont annoncées, notamment sur le PVC. Un matériau largement utilisé dans de nombreux produits du quotidien, comme les bouteilles, les emballages alimentaires, les sacs plastiques ou encore les tuyaux. Certaines entreprises évoquent même un risque de pénurie si la situation perdure. En France, dans l’Ain, au cœur de la “vallée du plastique”, plus de 10 000 emplois pourraient être fragilisés.

L'info en continu
14H
12H
11H
09H
Revenir
au direct

À Suivre
/