Le conflit déclenché par l'offensive israélo-américaine contre l'Iran continue de s'étendre à l'ensemble du Moyen-Orient. Dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 mars, l'armée israélienne a mené de nouvelles frappes au Liban, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Alors que les tensions régionales s'intensifient, le Liban apparaît désormais comme l'un des principaux fronts de la guerre.
Des images de l'Agence France Presse ont montré tôt jeudi un panache de fumée s'élever au-dessus de Beyrouth après une frappe sur le sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement islamiste Hezbollah soutenu par l'Iran. L'armée israélienne a déclaré sur Telegram avoir "commencé à frapper l’infrastructure du Hezbollah à Beyrouth".
Nouvelles victimes à Beyrouth
Les autorités libanaises ont annoncé la mort de trois personnes supplémentaires dans des frappes ayant touché deux voitures sur l’autoroute menant à l’aéroport de Beyrouth. Depuis le début des bombardements lundi, le bilan s’élève à au moins 72 morts et plus de 83 000 déplacés, selon les autorités.
Le Liban en première ligne
Le Liban, déjà fragilisé par des années de crise politique et économique, se retrouve désormais en première ligne d'un conflit qui dépasse largement ses frontières. Le Hezbollah, principal allié de Téhéran dans la région, multiplie les tirs de roquettes et d'obus vers le nord d’Israël, tandis que l'armée israélienne affirme vouloir neutraliser ses capacités militaires.
Cette extension du conflit fait craindre une nouvelle guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, près de vingt ans après le conflit de 2006. Sur le terrain, les affrontements se concentrent pour l'instant dans le sud du Liban et dans les zones considérées comme des bastions du mouvement chiite.
L'Iran affirme avoir visé des groupes kurdes en Irak
L'Iran a annoncé avoir frappé par missile les bases de forces kurdes situées dans le nord de l’Irak, rapporte l'agence officielle Irna. Selon un communiqué militaire publié sur Telegram, trois missiles ont touché les sites de groupes kurdes considérés comme hostiles au régime. Cette opération survient alors que la région autonome du Kurdistan, abritant des troupes américaines, connaît plusieurs attaques de drones liées à la montée des tensions avec Téhéran, la plupart neutralisées par la défense aérienne locale.
Inquiétudes internationales
L'embrasement régional suscite une vive inquiétude sur la scène internationale. Plusieurs capitales occidentales et arabes appellent à la désescalade, redoutant une guerre généralisée impliquant davantage d’acteurs régionaux.
Dans les monarchies du Golfe, les autorités ont renforcé leurs dispositifs de défense après les attaques iraniennes visant des bases américaines et certaines infrastructures stratégiques. Les tensions autour du détroit d'Ormuz, passage clé pour le commerce mondial de pétrole, alimentent également les inquiétudes sur les marchés énergétiques.
Pour l’heure, aucune médiation internationale n’a permis d’enrayer l’escalade. Entre les frappes israéliennes, la riposte iranienne et l’implication croissante de leurs alliés respectifs, le conflit continue de s’étendre, faisant peser la menace d’une guerre régionale aux conséquences incertaines.