Ness : "Le journalisme partisan est dangereux"

L'animatrice de télévision Ness était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 19 mai 2022 dans "Le 10h - midi".

Ness
Ness, invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Ness publie un livre, "Ma vérité : des mots et des maux" aux Éditions Casa.

 

Ness : "Il y a des gens qui ont perdu la vie pour qu’on puisse vivre en France comme on est"

"On m’avait demandé plusieurs fois d’écrire un livre sur le fait que j’ai été la première femme arabe à piloter des primes sur des chaînes majeures occidentales. Mais je ne me sentais pas légitime pour l’écrire : je ne suis pas Einstein, je n’ai pas une histoire extraordinaire… Je sais que j’ai ouvert des portes, mais je n’ai pas suffisamment conscientisé les choses. Et quand j’ai vu la tournure qu’a pris le monde il y a un an, je me suis dit : non, je crois qu’on a tous quelque chose à faire dans le monde. Et même si je suis un grain de sable dans cette machine, c’est un peu un sens des responsabilités de rappeler ce qu’est la France, de rappeler ce que je lui dois. Je la connais, je la porte aux tripes parce que mes parents m’ont appris à la porter aux tripes. (...) Il y a des gens qui ont perdu la vie pour qu’on puisse vivre en France comme on est, il y a des gens qui sont prêts à mourir pour venir en France… Et quand on voit la France bafouer ses valeurs, ses fondamentaux, il faut dire 'stop, arrêtez les gars !'".

 


 

"Le journalisme n’a pas vocation à créer la division ou la haine. Le journalisme partisan est dangereux. J’ai vu la machine s’accélérer : ça a commencé quelques heures après le 11 septembre. Et, petit à petit, sournoisement, s’est installé quelque chose qui est l’opposé de ce qui est la France. Or, c’est la France qui m’a permis d’exister. Lorsque j’arrive à France 2 à l’âge de 22 ans, j’arrive avec une carte de séjour et mon passeport marocain. On ne m’a pas demandé mes papiers, on ne m’a pas demandé de me défriser les cheveux. J’avais un talent, j’arrivais du jeu vidéo, et point", a déclaré Ness.

"On doit préparer nos enfants à ne plus reproduire ces schémas-là"

"Il y a une misogynie. Elle peut être extrêmement violente. Je crois qu’on doit préparer nos enfants à ne plus reproduire ces schémas-là. On ne peut pas attendre autre chose de ce mal, qui est un peu comme les violences conjugales, un cancer un peu universel lié à une société patriarcale. La misogynie féminine existe aussi d’ailleurs", a confié Ness.

 


 

La télévision des années 1980-2000, en quoi était-elle différente ? "C’était plus naturel, plus spontané. J’ai eu beaucoup de chance de connaître cette période-là de la télé. La création aujourd’hui n’existe pas. On achète des formats, qu’on adapte, on ne prend pas de risques. On ne développe plus de marques d’animateurs comme on en a connu. Aujourd’hui, les marques sont celles qui ont fonctionné il y a presque 30 ans : des Thierry Ardisson, des Drucker… Mais des marques récentes, voire des femmes, il n’y en a quasiment pas", a poursuivi Ness.

 

 

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