Jean-Pierre Pernaut : "Beaucoup de gens se sont moqués de moi à Paris"

Jean-Pierre Pernaut

Emblématique présentateur du journal de 13h sur TF1, Jean-Pierre Pernaut était l’invité du 10h-12h de Sud Radio ce mercredi. L’occasion de revenir sur sa carrière et les raisons de sa longévité dans le PAF.

Aux commandes du journal de 13h de TF1 depuis 1988, Jean-Pierre Pernaut va bientôt souffler ses 30 bougies de présence dans les salons des Français à l’heure du déjeuner. Qualifiant son travail d'"aventure extraordinaire", le journaliste est revenu lors de l’émission Le 10h-12h de Sud Radio sur les raisons du succès populaire de ce journal, véritable clé de sa longévité. "Il y a une forte fidélité de la part de ce public du journal de 13h, mais on a baissé comme tout le monde il y a quelques années avec l’arrivée des chaînes de la TNT. Il y a une passion des journalistes – et ça se sent – et il y a une ligne éditoriale que les gens connaissent, une ligne basée sur la proximité avec beaucoup d’actualité en région (ce qui ne nous empêche pas d’être en pointe sur l’actualité internationale). On a un peu devancé les autres il y a 30 ans en étant précurseurs dans ce domaine. Aucune chaîne nationale n’avait de correspondants en région. La région, c’était France 3 avec des journalistes qui étaient chargés d’alimenter les journaux régionaux de la chaîne. Nous, on a créé un réseau de correspondants pour que des journalistes de région travaillent pour un journal national. C’était une première en France. Ça permet de voir quelles sont les évolutions de la société ailleurs qu’à Paris", assure-t-il.

"L’actualité, ce n’est pas ce que dicte le gouvernement"

Le natif d’Amiens tient particulièrement à cet ancrage dans l’actualité locale, malgré les critiques. "Beaucoup de gens se sont moqués de moi à Paris. Il y a eu des périodes où les gens ne comprenaient pas pourquoi j’avais 6 ou 7 millions de téléspectateurs alors qu’eux en avaient 200 000. Je les comprends, parfois. (…) L’actualité chaude, c’est ce que ressentent les gens. C’est l’actualité vécue par les gens dans les régions, ce n’est pas l’actualité que nous dicte l’agenda du gouvernement. Ses décisions sont importantes mais on ira d’abord voir des gens qui sont directement concernés par ces décisions. C’est peut-être ça qui ne plaisait pas, que j’aille voir directement les gens... Je n’ai jamais décrété que la société s’intéressait à ça, mais grâce à nos correspondants on va vers les gens et on essaie de voir ce qui les préoccupe. C’est donc un journal d’actualité pure", explique-t-il.

S’il fait figure de monstre sacré de l’audiovisuel français aujourd’hui, Jean-Pierre Pernaut n’a pas toujours été incontournable, lui qui a dû succéder au célèbre Yves Mourousi en 1988. "Le premier papier sur moi dans la presse, c’était dans le Figaro. Le titre était «Jean-Pierre qui ?». Yves Mourousi avait inventé une télé moderne en 1975. J’ai eu la chance de travailler avec lui, qui était quelqu’un de formidable qui a inventé les grands directs à l’extérieur avec les grands de ce monde, alors qu’avant lui personne n’avait bougé d’un studio", raconte-t-il avant d’évoquer son départ, alors que ses confrères Patrick Poivre d’Arvor et David Pujadas se sont vus montrer la porte de sortie par leur direction.

"Je ne suis pas comme les autres, j’ai déjà été viré"

"Mon patron décidera un jour s’il a envie de changer. Je suis employé de cette chaîne et fier de l’être. Je ne suis pas comme les autres parce que j’ai déjà été viré une fois. Je travaillais avec Mourousi, j’étais co-présentateur du journal avant Marie-Laure Augry, et Mourousi est arrivé un beau matin en disant : "Écoute Jean-Pierre, je présente tout seul à partir d’aujourd’hui, donc tu vas faire autre chose". J’ai été présentateur pendant cinq ans et je me suis retrouvé reporter. J’étais très heureux d’être reporter mais ça fait un petit choc. En étant viré, j’ai vu des gens qui étaient gentils avec moi et me saluaient quand j’étais présentateur qui ne me disaient plus bonjour ensuite… Je ne suis pas maître de mon départ, ça viendra des téléspectateurs et un peu de ma santé. Pour l’instant j’ai la pêche, mon patron me fait confiance, donc tout va bien", annonce-t-il tout en envoyant un message à la concurrence : "Je ne sais pas si quelqu’un veut ma place, mais moi je ne veux pas celle des autres !".

Réécoutez en podcast l’intégralité de l’interview de Jean-Pierre Pernaut dans Le 10h-12h

 

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