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Camille Le Pomellec : "Avec l'apprentissage, on passe à la caisse plusieurs fois"

Par Jean Baptiste Giraud

Camille Le Pomellec, journaliste-réalisateur, était l'invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 24 avril 2024 dans "Le 10h - midi".

Camille Le Pomellec
Camille Le Pomellec, invité de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Sud Radio Média" sur Sud Radio.

Le jeudi 25 avril 2024 à 23 heures, France 2 diffusera "Complément d’enquête : À qui profitent les milliards de l’apprentissage ?", une enquête de Camille Le Pomellec, Clément Fabre, Bruno Maruani et Jeanne Bureau.

 

Camille Le Pomellec : "C’est vrai que l’apprentissage marche bien, il y a un consensus politique depuis des années"

Comme l'explique Camille Le Pomellec, l'apprentissage est un domaine complexe sur le plan administratif, il relève même de deux ministères. "Il a fallu plusieurs semaines, voire plusieurs mois de compréhension de tous les différents sigles. On parle de formation professionnelle, c'est le ministère du Travail. Et puis c'est aussi le ministère de l'éducation. Il a vraiment fallu plusieurs semaines, plusieurs mois pour rentrer dans tous les rapports qui ont pu être écrits sur le sujet. L'apprentissage, on a tous l'image d'Épinal des métiers manuels, c'est-à-dire quelqu'un qui est un peu décrocheur scolaire. À 14-15 ans, l'école n'est pas faite pour lui. On lui dit : ‘écoute, tu vas apprendre avec un tuteur, et en plus tu vas être payé, un peu moins qu’un salarié normal, mais tu vas apprendre en travaillant’. Et c'est vrai que ça marche bien. Tout le monde est d'accord là-dessus, il y a un consensus politique depuis des années.

 


Et c'est vrai que depuis des années, ça ne décolle pas… alors qu'en Allemagne il y avait deux fois plus d’apprentis. Quand Macron arrive, en 2018 il dit : ‘je vais révolutionner l'apprentissage’, on va vraiment faire exploser. Ça s'appelle l'alternance, mais c'est à peu près la même chose : là, c'est plus des étudiants du supérieur, et voilà, on travaille et on étudie en même temps. Souvent, c'est deux jours par semaine, ça peut être une semaine par mois."

"Le coût réel de l’apprentissage pour les finances publiques est plutôt de 22 milliards d’euros par an"

Qui profite financièrement de l'apprentissage ? "On a du mal à savoir ce que ça veut dire, 22 milliards. L’économiste Bruno Coquet, qui est interrogé dans le reportage, m'a aidé là-dessus La Cour des comptes parle de 17 milliards. Lui dit ’22 milliards’. Parce que, en plus des subventions aux employeurs, en plus des formations payées, il y a toutes les exonérations de charges, il y a tous les impôts sur le revenu qu’ils ne paient pas, il y a toutes les aides des régions… Bref, ça fait 22 milliards. Et 22 milliards, c'est plus que ce qu’on donne par exemple à l'enseignement supérieur. L'université, c'est 17 milliards."

 


"On passe à la caisse plusieurs fois, c’est assez fou. Il y a une première chose : ces formations sont payées, c’est sans plafond. Et puis la deuxième chose, c'est de donner aux entreprises. Avant c'était 8.000 euros pour un majeur et 5.000 euros pour un mineur. Et depuis janvier 2023 c’est 6.000 euros la première année pour chaque jeune employé en apprentissage. Donc, c'est beaucoup d'argent."


Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans “Sud Radio Média” avec Valérie Expert.

Cliquez ici pour retrouver l'intégralité de l’interview média en podcast.

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