Vague caniculaire, changement climatique, écologie pragmatique, financement des politiques publiques, éoliennes, aide au développement, immigration, présidentielle, fin de vie et congé climatique. Au micro de Sud Radio, Sébastien Chenu a répondu aux questions de Patrick Roger.
"Le changement climatique est une réalité"
Patrick Roger pour Sud Radio : Est-ce qu’au sein du Rassemblement national, la vague caniculaire et le changement climatique suscitent une inquiétude particulière ?
Sébastien Chenu : “Nous avons acté qu’il y a un changement climatique. On peut discuter sur la part de l’homme dans ce changement climatique, mais c’est une réalité de voir que les records de chaleur sont battus et qu’il y a une hausse des températures année après année. Je ne remets pas en cause ce que dit le GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, je pense que c’est une base de travail. La question est de savoir quelles conséquences on en tire : une écologie punitive ou une écologie pragmatique.”
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Que proposeriez-vous face aux vagues de chaleur, notamment dans les services publics ?
“Dans le programme présidentiel de 2022, nous proposions déjà un grand plan de climatisation de l’ensemble des services publics. Cela concerne les hôpitaux, les EHPAD, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, mais aussi tous les lieux qui accueillent du public. Nous le financerions par exemple en supprimant les ARS, les agences régionales de santé, dont le coût de gestion est important. C’est une réponse pragmatique aux conséquences des hausses de chaleur que nous connaissons de plus en plus tôt dans l’année.”
"Stocker l’eau qui tombe du ciel est un enjeu majeur"
Vous insistez sur les conséquences, mais que faire sur les causes et sur le modèle écologique à défendre ?
“Notre rapport à l’écologie, c’est qu’elle ne doit pas être punitive et qu’elle doit permettre la croissance. Il faut permettre aux agriculteurs d’avoir des capacités de rétention de l’eau. Nous travaillons actuellement sur la loi agricole, et nous considérons que le stockage de l’eau est un enjeu principal. On peut ensuite regarder la façon dont cette eau est utilisée, mais stocker l’eau qui tombe du ciel est un enjeu majeur.”
Comment financer un plan d’adaptation au changement climatique alors que les finances publiques sont sous tension ?
“Il y a des choix à faire. Nous ne voulons pas redresser et réformer le pays à périmètre constant, alors que le gouvernement ne veut toucher à rien. Il ne veut pas toucher à la contribution européenne, à l’immigration, aux agences d’État ou encore aux subventions à l’éolien et au solaire. Ces subventions représentent selon moi plusieurs milliards d’euros par an, pour des énergies intermittentes qui coûtent cher et ne fonctionnent pas tout le temps.”
Êtes-vous opposé aux éoliennes ou seulement à leur développement massif ?
“Je suis contre le fait de couvrir nos paysages d’éoliennes. Pour des raisons esthétiques d’abord, parce qu’elles défigurent les paysages, et aussi parce que l’éolien en mer fait selon moi des dégâts importants. Nous demandons un moratoire : on arrête de subventionner l’éolien et, lorsque les installations arrivent en fin de vie, elles doivent être démontées par ceux qui les ont posées. Nous considérons qu’il faut développer le nucléaire, et c’est une ligne que nous avons en commun avec certaines forces de gauche, même si les écologistes ne sont pas d’accord avec les communistes.”
"Qu’Éléonore Caroit me dise en quoi l’argent des Français doit être utilisé pour développer la Chine !"
La ministre déléguée aux partenariats internationaux Éléonore Caroit dénonce vos propos sur l’aide au développement, qu’elle juge cyniques et dangereux. Que lui répondez-vous ?
“Nous considérons qu’il y a des pays qui n’ont pas besoin qu’on les aide. Est-ce qu’on a besoin d’aider la Chine, par exemple ? On doit pouvoir poser la question du sens de nos coopérations avec certains pays et en tirer des conséquences. J’aimerais qu’elle me dise en quoi l’argent des Français doit être utilisé pour développer la Chine.”
📢La ministre @CaroitEleonore dénonce les "propos cyniques" du RN pour l'aide au développement
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Vous iriez jusqu’à couper l’aide au développement dans certains cas ?
“Dans certains pays, oui. Avec l’Algérie, par exemple, nous avons des partenariats de coopération qui coûtent cher et qui pourraient aussi être un outil de rapport de force. Je parle du régime algérien, pas du peuple algérien. Ces leviers pourraient servir à obtenir la libération de Christophe Gleizes ou à faire reprendre des délinquants étrangers.”
"Nous n’avons pas besoin d’immigration sur les métiers en tension"
Face aux propositions de plusieurs responsables politiques sur l’immigration de travail ou les moratoires, que propose le Rassemblement national ?
“Ces responsables sont des hypocrites, parce qu’ils ont fait l’inverse de ce qu’ils proposent aujourd’hui aux Français. Ils ont été ou sont encore aux responsabilités. Sur le droit d’asile, nous voulons que les demandes soient faites dans les pays d’origine, et non une fois les personnes arrivées sur le territoire français. Sinon, même quand elles sont déboutées, personne ne repart jamais.”
Certains secteurs, comme le bâtiment, la restauration ou les boulangeries, disent manquer de main-d’œuvre. Comment répondez-vous à cet argument ?
“Je ne dis pas qu’il n’y a pas aujourd’hui des travailleurs immigrés dans ces secteurs, je dis qu’il ne faut pas organiser cela comme solution. Cela fait trente ans qu’on nous dit que ces métiers sont en tension, et cela fait trente ans qu’on ouvre les vannes de l’immigration sans régler le problème. Le vrai sujet est salarial, mais aussi lié aux transports et au logement. Il faut rendre ces métiers attractifs au lieu de faire venir des gens qui acceptent d’être payés peu, parfois au noir, et de vivre dans de mauvaises conditions.”
L’immigration zéro est-elle possible ?
“Je parle d’un moratoire sur l’immigration. On arrête les entrées, on arrête le flux, notamment sur les regroupements familiaux, les réunifications familiales, le droit d’asile et les étudiants étrangers. Les personnes présentes illégalement ont vocation à repartir chez elles immédiatement. Cela doit se faire aux frais des pays qui doivent les reprendre, et la révision des accords de 1968 avec l’Algérie est pour nous une priorité.”
"Darmanin, Philippe et Attal sont des hypocrites"
Vous accusez plusieurs responsables politiques de changer de discours sur l’immigration à l’approche de la présidentielle. Pourquoi ?
“Parce qu’ils ont été aux manettes et qu’ils n’ont pas fait ce qu’ils disent vouloir faire maintenant. Lorsqu’ils parlent de moratoire, de contrôle ou de limitation, ils oublient leur propre bilan. Nous voulons constitutionnaliser le droit des étrangers, c’est-à-dire définir combien de temps quelqu’un peut entrer, sous quelles conditions il peut se maintenir dans notre pays, et le faire par référendum. Darmanin, Philippe et Attal sont des hypocrites.”
La campagne présidentielle risque-t-elle d’être particulièrement violente ?
“Je ne le souhaite pas, mais certains cherchent à tout conflictualiser. Jean-Luc Mélenchon conflictualise tout ce qu’il peut, c’est sa boussole. Quand des députés disent que le canon français est une menace pour la France, il faut atterrir. Les vraies menaces que vivent les Français, ce sont l’insécurité, la montée du chômage et l’immigration.”
"Raphaël Glucksmann est un poète. Il commence ses phrases le lundi et les termine le vendredi"
Comment jugez-vous la place prise par Raphaël Glucksmann dans le débat politique ?
“Je ne comprends pas cette tocade parisienne autour de lui. Dans ma circonscription, je n’entends jamais parler de lui. Raphaël Glucksmann est un poète, quelqu’un qui commence une phrase le lundi et la termine le vendredi. Quand il parle d’un nouveau contrat patriotique, je ne comprends pas ce que cela veut dire, c’est du blabla.”
🗣️@sebchenu (RN) : "Qui est @rglucks1 ? C'est un poète qui plaît à quelques intellos parisiens… Il commence ses phrases le lundi et les termine le vendredi !" #GrandMatin
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Y a-t-il aujourd’hui deux lignes au sein du Rassemblement national, notamment sur l’économie et les retraites ?
“Non, il n’y a pas deux lignes. Lors des dernières élections, il n’y avait qu’un programme, défendu par les responsables du mouvement. Il y a une candidate, et un président de parti qui prendrait la relève si elle était privée d’élection par la justice, avec le même programme. Le mot libéral me paraît maladapté, parce que nous gardons en tête la justice sociale et la situation des Français qui travaillent, qui ont travaillé ou qui veulent travailler.”
"Marine Tondelier devrait se mettre en congé politique !"
Sur la fin de vie, certaines organisations demandent une audition d’urgence plus large et dénoncent un manque de garde-fous. Quelle est votre position ?
“À titre personnel, j’ai considéré qu’il fallait une loi sur la fin de vie. Il faut encadrer des pratiques parfois douloureuses, qui conduisent certaines personnes à quitter leur pays pour aller mourir à l’étranger. J’ai voté cette loi parce que je pense que les garde-fous existent. S’ils étaient démontés lors d’un prochain débat, alors je reverrais ma position.”
Marine Tondelier propose un congé climatique. Y êtes-vous favorable ?
“Je pense que Marine Tondelier devrait se mettre en congé politique. Elle demande un congé climatique, mais je lui réponds qu’elle devrait prendre un congé politique. Pour moi, ce n’est pas la bonne réponse aux difficultés que vivent les Français. Sur Sud Radio, je préfère parler de mesures concrètes face au changement climatique, à l’immigration et aux choix budgétaires.”
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