Travail le 1er mai, pression des syndicats et de la gauche sur le gouvernement, aide sur le carburant, simplification administrative, zones à faibles émissions (ZFE), retraites, Parti de la Liberté, présidentielle de 2027. Au micro de Sud Radio, Guillaume Kasbarian a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
"Pour moi, la liberté, c’est aussi celle de pouvoir exercer son activité quand on en a envie"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Pas touche au travail le 1er mai, pas de commission mixte paritaire : pour vous, le Premier ministre a cédé ?
Guillaume Kasbarian : “Je trouve ça lamentable. On a une loi aujourd’hui dans notre pays qui empêche des gens qui veulent bosser librement le 1er mai de le faire dans certaines professions. On avait là un texte qui permettait de libérer les gens. Et tout ça parce que la gauche et les syndicats tiennent le gouvernement par les couilles.”
🔴Le gouvernement renonce à légiférer sur le travail le 1er-Mai
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Pourquoi êtes-vous aussi sévère contre l’exécutif sur ce dossier ?
“Parce qu’au bout du compte, il renonce sur un sujet pourtant simple. On voit bien qu’il agit sous pression et qu’il n’assume pas d’aller jusqu’au bout. Cela donne le sentiment d’un pouvoir qui recule au lieu de décider. Ce n’est pas une bonne image de la politique.”
Qu’est-ce qui vous agace le plus dans cette séquence ?
“C’est qu’on continue d’empêcher des gens de travailler alors qu’ils le souhaitent. Pour moi, la liberté, c’est aussi celle de pouvoir exercer son activité quand on en a envie, dans un cadre clair. On reporte encore une décision qui aurait pu être prise maintenant. Et ce sont toujours les mêmes qui subissent cette incohérence.”
Vous considérez donc que la loi actuelle n’est plus adaptée ?
“Oui, parce qu’elle crée des différences de traitement incompréhensibles entre les secteurs. Certains doivent fermer, pendant que d’autres restent ouverts sans difficulté. Des artisans, des commerçants et des salariés ne s’y retrouvent plus. Cette situation est devenue absurde.”
Travail le 1er mai : "J’encourage Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet à convoquer une commission mixte paritaire"
Selon vous, le Premier ministre aurait dû résister ?
“Oui, surtout qu’il y avait une majorité. On a bien vu que le centre, la droite et le Rassemblement national avaient permis à ce texte de prospérer. Il fallait aller au vote, laisser le Parlement faire son travail et laisser faire la démocratie. C’était la bonne méthode.”
Vous pensez donc qu’il n’y avait pas de risque politique majeur à aller jusqu’au bout ?
“Je n’imagine pas une seconde qu’il y aurait eu une vraie censure sur ce texte. Il y avait une majorité pour le soutenir. Et il reste encore des solutions institutionnelles pour avancer. J’encourage Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet à convoquer une commission mixte paritaire.”
🔴Travail le 1er-Mai
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Cette mesure sur le travail le 1er mai était-elle populaire selon vous ?
“Oui, elle était populaire et attendue. Une large majorité de Français est favorable à cette liberté de travailler le 1er mai s’ils le souhaitent. Il n’y avait pas de sujet majeur de manifestation, sauf pour quelques syndicats. C’est aussi pour cela que ce renoncement m’agace.”
Aide sur le carburant : "Avec quel argent ? Il n’y en a plus !"
Sur le carburant, beaucoup réclament des aides ou un geste fiscal. Pourquoi êtes-vous réticent ?
“Parce qu’il faut regarder la réalité en face. Le contexte géopolitique reste instable, les marchés sont chahutés et le prix du pétrole peut encore monter. Mais surtout, la France n’a plus de marges de manœuvre budgétaires. Si nous avions mieux tenu nos comptes, nous pourrions aider ponctuellement.”
Vous mettez donc en cause l’état des finances publiques ?
“Bien sûr. Nous avons plus de 3.000 milliards d’euros de dette et un déficit qui continue à filer. Dans cette situation, promettre de nouvelles aides sans dire comment on les finance n’est pas sérieux. À la fin, ce sont toujours les Français qui travaillent qui paient.”
Quand certains promettent des chèques ou des aides, que répondez-vous ?
“Je réponds : avec quel argent ? Il n’y en a plus. Il n’existe pas d’argent gratuit. Quand des responsables politiques promettent des aides, ce sont toujours les contribuables qui les financent.”
Le débat sur les carburants renvoie donc, selon vous, à celui sur la dépense publique ?
“Exactement. On ne peut pas distribuer sans fin des chèques et des aides quand les finances publiques sont déjà dans le rouge. Ce cercle vicieux alimente la dette et le déficit. Et au bout du compte, tout le monde paie la facture. C’est cela qu’il faut arrêter.”
Dans le projet de loi de simplification, vous soutenez pourtant le texte malgré la polémique sur les ZFE. Pourquoi ?
“Parce que je suis pour tout ce qui va dans le sens de la simplification. Ce texte contient des mesures utiles pour alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises et les particuliers. Le sujet des zones à faibles émissions a été ajouté hors sujet. Il sera probablement censuré comme cavalier législatif.”
Et sur le fond, quelle est votre position sur les ZFE ?
“Ma position, c’est de laisser les communes et les intercommunalités libres de choisir. Si elles veulent mettre en place ces règles, elles en ont la légitimité. Quand on défend la liberté, on doit aussi défendre la liberté des collectivités locales. Je n’en fais pas un cheval de bataille national.”
Présidentielle : "La tambouille politique se fera plus tard"
Vous lancez le Parti de la Liberté. Quel est son objectif ?
“Défendre la liberté à tous les étages. La liberté de travailler, d’entreprendre, de circuler, de commercer, mais aussi la liberté de penser, de s’exprimer et de vivre comme on l’entend. Je veux remettre cette question au centre du débat public. C’est le sens de mon engagement.”
Vous considérez qu’il manque aujourd’hui une offre politique clairement libérale ?
“Oui, clairement. Depuis des décennies, on entend surtout des propositions interventionnistes, dirigistes et socialistes. Moi, je veux défendre une ligne plus nette autour de la liberté. Je pense qu’il y a un espace pour ce débat.”
Emmanuel Macron ne portait-il pas, au départ, cette promesse de liberté ?
“Bien sûr que si. C’était même l’ambition initiale, et beaucoup de choses ont été faites au début du premier quinquennat. Ensuite, il y a eu les Gilets jaunes, la guerre en Ukraine, l’inflation et d’autres aléas politiques. Cela doit nous enseigner qu’il faut être prêt à agir vite avec un vrai choc de liberté.”
Pourquoi rester rattaché à Ensemble pour la République tout en lançant un parti indépendant ?
“Parce que le Parti de la Liberté est une initiative indépendante. Il permet à ses adhérents de conserver leurs autres engagements politiques s’ils le souhaitent. Je ne demande à personne de renoncer à tout pour me rejoindre. Je veux rassembler autour d’idées de liberté, pas autour d’une logique d’exclusion.”
En vue de 2027, pourriez-vous rejoindre d’autres figures libérales comme David Lisnard ?
“Je ne dis jamais de mal de celles et ceux qui défendent la liberté. Plus nous serons nombreux à porter des propositions libérales, mieux le débat public se portera. Mais la tambouille politique se fera plus tard. D’abord les idées, ensuite les rapprochements éventuels.”
Même logique lorsque l’on vous interroge sur Sarah Knafo ou d’autres responsables politiques qui revendiquent le libéralisme ?
“Je ne suis pas là pour distribuer des bons et des mauvais points. Je viens défendre des propositions concrètes. Le Parti de la Liberté assume une ligne libérale sur les sujets économiques, mais aussi sur les sujets de société. C’est cette cohérence que je veux mettre dans le débat.”
Et pour 2027, soutiendrez-vous Gabriel Attal ou une autre personnalité ?
“La question des personnalités ne m’intéresse pas à ce stade. On parle trop de casting et pas assez du fond. Moi, je veux faire des propositions fortes et peser dans le débat public. C’est cela, mon objectif aujourd’hui.”
"Je suis pour la liberté à tous les étages"
Cette liberté que vous défendez, comment se traduit-elle sur les retraites ?
“Aujourd’hui, les dépenses sociales dérivent complètement. Sur 1.000 euros prélevés, 560 partent à la protection sociale et 250 aux retraites. Le système actuel nous emmène dans le mur parce qu’il repose sur de moins en moins d’actifs pour financer de plus en plus de retraités. Les jeunes le voient très bien.”
Vous dites que ce système menace les jeunes générations ?
“Oui. Beaucoup de jeunes savent déjà qu’ils n’auront pas la même retraite que leurs aînés. C’est pour cela qu’ils commencent à mettre de côté très tôt. Le système par répartition doit être regardé avec lucidité. On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était.”
Quelles sont vos propositions concrètes ?
“Je voudrais interdire les déficits sociaux dans la Constitution. Je propose aussi d’arrêter l’indexation de certaines retraites sur l’inflation. Si on veut vraiment que le travail paie, on ne peut pas continuer à faire porter toujours plus de charges sur les actifs. Il faut sortir de ce cycle.”
Vous allez jusqu’à proposer un seuil ?
“Oui. À partir de 1.400 euros, je propose d’arrêter l’indexation. L’idée, c’est d’éviter de surcharger les actifs qui financent déjà énormément le système. On ne peut pas demander toujours plus à ceux qui travaillent. Il faut avoir ce courage politique.”
Votre Parti de la Liberté veut donc porter une ligne cohérente sur l’économie comme sur les sujets de société ?
“Oui, absolument. Je défends la liberté économique, mais aussi les libertés individuelles et démocratiques. Je fais confiance à l’individu dans tous les domaines. Et je refuse les réponses interventionnistes et dirigistes, quel que soit le sujet.”
Quand vous voyez Marine Le Pen rencontrer des grands patrons et Jordan Bardella déjeuner avec le Medef, cela vous inquiète ?
“Je suis plutôt favorable à ce que les responsables politiques parlent avec le monde économique. Cela évite souvent de dire beaucoup de bêtises ensuite. En revanche, sur le fond, je continuerai à combattre toutes les lignes antilibérales, étatistes et dirigistes. C’est là, pour moi, le vrai clivage.”
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