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Carburants : la baisse éclair effacée, les Français exaspérés

Après une chute spectaculaire du prix du baril en fin de semaine dernière liée à la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran, les marchés pétroliers ont brutalement inversé la tendance. Les déclarations de Donald Trump sur un possible blocus du détroit d’Ormuz ont ravivé les tensions sur les prix à la pompe en France.

Carburants : la baisse éclair du baril déjà effacée par les tensions entre Trump et l’Iran
JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Vendredi, les marchés pétroliers ont brièvement respiré. L’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre l’Iran et les États-Unis, accompagné d’une réouverture progressive du détroit d’Ormuz, a provoqué une chute brutale des cours du brut avec notamment un baril de brent qui est tombé sous les 100 dollars.

« La baisse interviendra dans les 48 heures » … ou pas

Une accalmie qui a immédiatement nourri l’espoir d’un répit pour les automobilistes français. « Si le baril reste stable, sous les 100 dollars, la baisse interviendra dans les 48 heures », expliquait alors Blandine Ruty, secrétaire générale de l’Ufip Énergies. Une diminution de 5 à 10 centimes était envisagée, avec un retour possible de l’essence sous les deux euros le litre.

Mais cette baisse restait conditionnée à un facteur clé : la stabilité des marchés. « C’est le temps que les stations-service vident leur cuve et commandent à nouveau du carburant », précisait-elle, soulignant le décalage entre les cours mondiaux et les prix affichés à la pompe.

« On est toujours à 2,30€ le litre »

En France, la baisse des prix ne dépend pas uniquement du cours du pétrole brut. Les carburants sont cotés à Rotterdam, et leur acheminement repose sur des chaînes logistiques parfois fragiles. Après le week-end de Pâques, près d’une station-service sur cinq a connu des ruptures temporaires.

Le gouvernement évoque des « problématiques logistiques, de transport », mais sur le terrain, les automobilistes constatent surtout les prix élevés et les stocks incertains. « On est toujours à 2,30€ là… je pense que ça va augmenter », témoigne, pour Sud Radio, un usager dans une station parisienne. Des tensions qui alimentent la crainte d’une pénurie à court terme. « On n’est pas à l’abri d’une pénurie dans quelques jours », confie un autre conducteur, inquiet face à la volatilité du marché.

Le retour brutal des tensions et la remontée des prix

Car l’espoir d’un apaisement aura été de courte durée. Dès dimanche, l’échec des négociations entre Washington et Téhéran a relancé les inquiétudes. Donald Trump a annoncé un processus de blocus naval du détroit d’Ormuz, ravivant immédiatement les tensions sur les marchés. En effet, le président américain a annoncé que l'armée américaine allait bloquer tous les « navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens », à compter de ce lundi, 14h.

La conséquence ne s’est pas fait attendre : le baril est repassé au-dessus des 100 dollars. « Nous entamons une nouvelle semaine sur fond d’escalade du conflit », analyse Kathleen Brooks, évoquant des « dégâts économiques » potentiels. Pour les experts, la tendance pourrait s’inscrire dans la durée. « Le prix du brut devrait rester soutenu tant que le détroit demeurera un point de tension », estime Charu Chanana, soulignant que l’échec des négociations « annule une partie des bénéfices de la récente trêve ».

Bientôt un péage iranien au détroit d’Ormuz ?

Si la trêve avait permis d’envisager une normalisation progressive, la situation dans le détroit d’Ormuz reste donc extrêmement fragile. Alors que près de 20 % du pétrole mondial transite par ce passage, seulement une vingtaine de bateaux ont franchi le détroit depuis le cessez-le-feu, le 8 avril.

Sa réouverture complète dépend non seulement de la situation militaire, mais aussi d’enjeux logistiques et sécuritaires majeurs. À cela s’ajoute une incertitude supplémentaire : l’Iran envisage d’instaurer un péage pour les navires, dont le montant reste inconnu. À noter qu’un navire panaméen aurait été aperçu empruntant ce péage, souligne BFMTV.

Des vacances de Pâques impactées

Cette volatilité du marché se répercute directement sur les stations-service françaises. Si une baisse était espérée en fin de semaine dernière, elle devrait être rapidement effacée... alors que se profile les vacances de Pâques de la zone C, après les A et B toujours en cours. Dans certaines stations, les prix restent au-dessus des 2 euros, malgré les annonces et les espérances du gouvernement.

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