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Michelin annonce un plan de départs volontaires en France, "jusqu'à 1.500 postes" supprimés

Le groupe français Michelin, leader mondial des pneus, a annoncé jeudi un dispositif de départs volontaires en France portant sur "jusqu'à 1.500 postes sur trois ans" mais les syndicats assurent qu'ils seront vigilants face à d'éventuelles "pressions" pour partir ou des surcharges de travail.

Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Le groupe français Michelin, leader mondial des pneus, a annoncé jeudi un dispositif de départs volontaires en France portant sur "jusqu'à 1.500 postes sur trois ans" mais les syndicats assurent qu'ils seront vigilants face à d'éventuelles "pressions" pour partir ou des surcharges de travail.

"Jusqu'à 1.500 postes pourraient être supprimés" en France, dont "les deux tiers dans les fonctions tertiaires et un tiers dans l'industrie", a précisé à l'AFP le directeur du personnel France et Europe du Sud, Olivier Faure-Vauris.

Aucun site industriel spécifique ne sera visé. Les emplois tertiaires du groupe se trouvent à Paris, Clermont-Ferrand --le berceau du groupe fondé en 1889-- et Lille.

Le plan sera "basé sur le volontariat et aucun départ ne sera contraint", a assuré M. Faure-Vauris.

"Ce sont des mensonges, bien sûr qu'il y aura des départs contraints", s'est indigné auprès de l'AFP Romain Baciak, délégué CGT au siège Michelin à Clermont-Ferrand.

"On condamne évidemment cette décision de suppression de postes, c'est récurrent dans cette entreprise où on fait des plans de départs volontaires successifs", avertit de son côté Nicolas Robert, délégué central Michelin France pour SUD.

"Nous resteront vigilants pour que l'entreprise ne mette pas de pression sur certains salariés pour qu'ils partent". Et "pour ceux qui restent, que le but déguisé ne soit pas de diminuer les effectifs en maintenant la charge de travail", ajoute-t-il auprès de l'AFP.

"C'est un peu inquiétant. Mais ce qui nous rassure, c'est que c'est du volontariat, il faut juste s'assurer qu'il n'y aura pas de fermeture de sites", renchérit Pierre Papon, délégué CFDT à Michelin France.

- "Problème de gestion des effectifs" -

Le groupe avait déjà supprimé 1.246 emplois en France en 2024 dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), en fermant deux sites industriels dans l'ouest du pays, à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan).

Les syndicats dénoncent surtout une mauvaise gestion des ressources humaines. "Il y a un vrai problème de gestion d'effectifs (...) derrière une volonté de réduire les coûts", déplore Nicolas Robert.

"Pour les emplois industriels, l'impact est plus mesuré. Mais pour le tertiaire, on a un problème de pilotage des effectifs", accuse Pierre Papon. "On estime aujourd'hui entre 300 et 400 les personnes en recherche de postes, car les leurs ont été supprimés, et ils font des missions internes au quotidien", tandis que "l'entreprise qui continue d'embaucher de nouvelles compétences", dit-il.

Michelin emploie actuellement 17.000 personnes en France, où il compte encore 13 sites industriels.

Il y a un an, devant une commission de l'Assemblée nationale, le patron du groupe, Florent Ménégaux, avait déclaré que les activités industrielles en France étaient "déficitaires".

Près de 3,5 milliards d’euros ont été investis en France au cours des dix dernières années, a rappelé Michelin.

Le contexte français est marqué par "les niveaux élevés des coûts de production, liés notamment au coût du travail et de l’énergie, ainsi qu’à une pression fiscale parmi les plus fortes des pays industrialisés", fait valoir le groupe dans un communiqué, qui précise vouloir réduire ses coûts.

Michelin a enregistré au premier trimestre des ventes en baisse de 5,4%, à 6,2 milliards d'euros. Ce recul a été imputé aux effets de change. L'activité pneus, de très loin la principale de l'entreprise, a baissé de 1,4% en volume sur un an.

AFP / Lyon (AFP) / © 2026 AFP

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